‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 42 sur 260 · Tres socii, c. vi · texte numérisé non relu

Tres socii, c. vi

même temps un de leurs plus beaux titres d'honneur : n'est-elle pas un héritage sacré, l’héritage du Calvaire? Cette nouvelle gloirene manquera pas au fils des Moriconi, et elle lui viendra d’abord de sa propre famille.

Pierre Bernardone, apprenant la conduite, les aumônes et surtout le brusque changement de vie de son fils aîné, fut outré d’indignation et courut sur-le-champ à Saint-Damien avec quelques-uns de ses amis. Au bruit de leurs pas et de leurs voix menaçantes, François, encore peu aguerri dans ce genre de combats, eut peur : il s'enfuit et se cacha dans une caverne (1).

L’antre obscur qui le dérobait aux recherches de sa famille n'était connu de personne, excepté d'un des serviteurs de la maison, qui lui portait chaque jour en secret les aliments nécessaires; en vertu de quels ordres? Les biographes ne le disent pas. Mais comment s’y méprendre et ne pas saluer, derrière le visage du serviteur dévoué, la suave et fortifiante image de celle qui l'envoie, l'œil vigilant d’une mère, le cœur ‘tendre et compatissant de Pica: À part cette visite furtive, une solitude absolue enveloppait de son ombre les journées du jeune fugitif, qui, pendant un mois, n’osa sortir de sa prison volontaire.

La solitude est une puissante éducatrice; elle rapproche de Dieu, épure le cœur, trempe le

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