‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 66 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. xvI · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. xvI

manche matin dans l’église cathédrale d'Assise, monta dès la veille au palais épiscopal, et se retira le soir sous un appentis dans le jardin des chanoines, pour y vaquer à l’oraison; caril avait la pieuse habitude de passer la nuit en prières. Or, vers minuit, un char de feu sur lequel était un globe de lumière aussi resplendissant que le soleil, pénétra dans le réduit des Frères à Rivo- Torto, et en fit trois fois le tour. On ne saurait dépeindre leur étonnement à la vue de ce char de feu; leur admiration s’accrut encore, quand ils se virent éclairés au-dedans comme au dehors, et que chacun put lire dans la conscience de ses compagnons comme dans un livre ouvert. Il était impossible de s’y méprendre, ce char de feu, ce globe de lumière, cet Elie du Nouveau Testament, c'était le guide de leur âme, c'était leur bienheureux Père. Du reste, s’il leur fût resté quelque doute sur la réalité du sens de cette apparition, il eût été vite dissipé par la conduite et le langage du Saint; car, dès son retour à l’ermitage et comme pour compléter la vision précédente, il leur découvrit les replis les plus cachés de leur conscience et leur prédit les glorieuses destinées de l'Ordre. Ils constatèrent ainsi par leur propre expérience que l'Esprit de Dieu reposait sur leur humble fondateur. C'était assez pour les autoriser à conclure qu'ils pouvaient suivre sans crainte sa doctrine et ses exemples (1).

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