‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 78 sur 260 · WADDING, t. I, p · texte numérisé non relu

WADDING, t. I, p

2. Elyas de Assisio (Chronique des vingt-quatre généraux). — D'après SALIMBÉNÉ (Chron. Parm., p. 402), Elie, avant d'entrer dans l'Ordre, aurait exercé les fonctions de pédagogue à Assise, patrie de sa mère.

Quand arriva le Carême, il confia au Frère Sylvestre le gouvernement de la nouvelle fondation, partit le mercredi des Cendres dès le point du jour, avec deux petits pains pour toute provision, descendit à Passignano, et de là se fit transporter dans une île du lac de Pérouse (ou lac Trasimène), en recommandant au batelier de ne révéler à personne le lieu de sa retraite, et de ne revenir le chercher que le mercredi de la Semaine Sainte. Resté seul dans ces lieux inhabités, il s'achemina vers un buisson, où des ronces entrelacées et des branches d'arbres formant berceau lui servirent de cellule, et près duquel la Providence avait placé comme exprès une fontaine limpide, qui lui fournit son breuvage. L'eau de cette fontaine guérit dans la suite une foule de malades. Les Frères Mineurs ne tardèrent pas à bâtir, à côté du buisson témoin des pénitences du Saint, un couvent autour duquel se groupèrent peu à peu de gracieuses habitations de pêcheurs.

C'est dans cette île que le fils de Pierre Bernardone passa tout le Carême de 1211; il y garda un jeûne si rigoureux qu'il ne mangea que la moitié d’un pain. Le Mercredi Saint, le batelier vint le reprendre. Une tempête s'étant élevée pendant la traversée, François l'apaisa d’un signe de croix, comme autrefois Jésus avait calmé celle du lac de Génésareth. Ce qui le ramenait à l'ermitage des Cellé, c'était le désir de passer au milieu de ses Frères les grands jours de la Semaine Sainte, et de faire la sainte com-

munion, dont il était privé depuis quarante-deux jours. Le jeudi Saint, 11 vint le premier, avec la ferveur d’un séraphin, recevoir le Pain des anges, puis tous ses disciples après lui (1).

Le zèle ne laisse point de repos à œux qu'il possède. Après les fêtes de Pâques, François se dirigea sur Ârezzo, toujours en compagnie du Frère Sylvestre. En entrant dans cette ville, il la trouva divisée en deux factions prêtes à en venir aux mains, et aperçut une armée de démons qui volaient de rang en rang pour exciter les citoyens à s’entr'égorger. Aussitôt, il se tourne vers son compagnon, et dui commande d'aller sur les remparts pour chasser les démons. Sylvestre obéit, et plein de cette foi qui transporte les montagnes, il crie de toutes ses forces : « Tout ce que vous êtes ici d'esprits immondes, fuyeg au loin; je vous l’ordenne au nom du Dieu tout-puissant et de François son serviteur.» Au même moment les anges de ténèbres s'enfuient ; les haïnes s’apaisent dans les cœurs, et les deux partis se réumissent autour de François; l'ardent apôtre leur parie de paix et d'anrour, avec ‘une éloquence qui fait tember tes armes des maïns des combattants, et æu nom de l'Evangile, il réconcilie des passions trop souvent irréconciliables (2).

D'Arezzo, l’homme de Dieu se rendit à Filorence. Cette grande cité, si renommée dès lors

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