Ibid., p. III, c. xvui
lendemain, en voyage comme au couvent, toujours et partout! Sans formalisme cependant, et jamais aux dépens des autres obligations. Car, ainsi qu'il le faisait observer, « la première règle à suivre, la plus excellente, c'est l'Evangile (1) » ; et dans l'Evangile une loi domine tout, la loi de la charité fraternelle. C’est le précepte du Maître ; c'est le ciment des congrégations religieuses. « Donc, avant tout, concluait le Législateur ombrien, que l'union la plus cordiale règne dans toutes nos maisons (2)! » Il comparait les semeurs de discordes au tigre acharné sur sa proie. La moindre détraction trouvait en lui un justicier inexorable. Pour une faute de ce genre, il prescrivit une enquête ; et sachant par expérience que l'impunité est une prime assurée au mal, il condamna le coupable à être dépouillé du saint habit (3) : peine disciplinaire qui n’a d’équivalent parmi nous que la dégradation militaire.
En revanche, toutes les joies innocentes étaient permises ; toutes les qualités de l’esprit et du cœur pouvaient s'épanouir à leur aise. Le Saint profitait de tout, même des récréations, pour remettre sous les yeux des novices l'idéal de leur vocation. I le faisait avec à-propos, sans affectation. C’est ainsi qu'il leur disait agréablement : « À la foi ardente de Frère Bernard de
1. « Cæteris institutis sanctum Evangelium anteponens. » (TH. DE CELANO, Vita secunda, p. LI, c. cxxxrx.)