‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 90 sur 260 · BONAV., C. vi · texte numérisé non relu

BONAV., C. vi

de la pauvreté (1). » Il voulait qu'elle fût à jamais le signe distinctif des Frères Mineurs, leur plus précieux joyau, la plus belle parure de leurs couvents. « Gardez-vous bien, disait-il à ses disciples, de l'abandonner pour courir après les richesses de la terre. Celles-ci ne sont que des fiefs amovibles, tandis qu'elle est un héritage stable et assuré, l'arrhe et le gage du ciel. Vous êtes les prémices de l'Ordre, les aïnés de la famille des pauvres volontaires. C'est un devoir pour vous, ce doit être aussi un bonheur, de penser à vos frères de l'avenir et de leur léguer des exemples qui puissent leur servir de règle et de soutien (2). » —« Allez donc demander l’aumône, vous souvenant que Dieu a donné les Frères Mineurs au monde dans ces derniers temps, afin que les élus aient l’occasion de multiplier ces œuvres de charité qui seront la cause de leur glorification, losrque le souverain Juge leur dira : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c'est à moi-même que vous l’avez fait (3). »

Les envoyait-il en mission, il les exhortait à s’abandonner sans réserve à l’inépuisable bonté de cette Providence qui revêt les lis des champs et nourrit les oiseaux du ciel. «< Mettez votre confiance en Dieu, leur disait-il, et lui-même prendra soin de vous. »

La pauvreté libre et joyeuse, sans souci du

1. TH. DE CELANO, Vita secunda, p. Ill, c. 1. 2. Ibid., p. II, c. xvirt et xx.

Page 1