‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 97 sur 260 · Chronique des vingt-quatre généraux · texte numérisé non relu

Chronique des vingt-quatre généraux

exhortations qu'il adressait à ses filles spirituelles, il ne nous reste qu’une lettre, aussi expressive que laconique, que nous enchâssons avec plaisir dans notre récit: « Moi, votre tout petit frère François, je veux suivre la vie et la pauvreté de notre très haut Seigneur Jésus et de sa très sainte Mère, et y persévérer jusqu’à la fin. Je vous prie aussi, vous toutes que je considère comme mes Dames, et je vous conjure instamment de vous conformer toujours à cette vie et à cette glorieuse pauvreté. Gardezvous bien de vous en écarter jamais et d’écouter là-dessus des maximes opposées (1). »

La vierge séraphique était digne d'entendre un si noble langage. « Venez, disait-elle gracieusement à ses filles après la lecture de cette lettre, venez comme des colombes vous abriter dans le petit nid de la sainte pauvreté. » Elle ne se montra pas moins jalouse que le saint Patriarche d'observer ce vœu, qui confond la sagesse humaine, de renoncer à perpétuité pour elle et pour son Ordre à toute propriété; et l’on sait avec quelle invincible fermeté elle résista, plutôt que d'y contrevenir, aux pressantes sollicitations des souverains pontifes eux-mêmes. Grégoire IX alla un jour jusqu'à la presser d’accepter quelques possessions pour son Ordre à cause du malheur des temps. « Sice sont vos vœux qui vous arrêtent, ajouta-t-il, je vous en délierai. — Non, Saint-Père, répliqua Claire.

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