‹ Saint François d'Assise [microform]Chapitre 2 sur 31 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On a, de fout temps, beaucoup écrit sur saint François^ mais jamais peut-être on ne l'a tant fait que dé nos jours Depuis une trentaine d'années, livres d'érudition, de vulgarisation, d'édification se succèdent sans relâche. Connaissons-nous mieux aujourd'hui celui qui fut, avec saint Dominique, le grand artisan de la contre-réforme catholique au treizième siècle? Il est au moins permis de se le demander.

C'est qu'en effet il ne suffit pas d'accumuler des textes, même inédits, autour d'une figure historique pour que celle-ci s'éclaire davantage à nos yeux. Sauf en ce qui concerne les origines de l'Ordre de la Pénitence, les textes relatifs à saint François que les recherches des érudits nous ont restitués nous révèlent beaucoup) plus l'idée que les hommes d'une génération déterminée se faisaient du Patriarche d* Assise, que ce qu'était véritablement celui-ci. Spéculum Perfectionis, Légende des trois Compagnons, Actus, Legenda Antiqua sont précieux à qui veut se rendre compte du développement des traditions qui aboutirent un peu plus tard au De Conformitate de Barthélémy de Pise; ils ne peuvent qu'induire l'hagiographe en erreur. A celui-ci serviront seuls les Opuscules du saint, les Légendes de Thomas de Celano, et, dans une moindre mesure, la

II SAINT FRANÇOIS d'assise

Légende de saint Bonaventure et quelques pages isolées que nous a laissées le treizième siècle (i).

Ayant traité longuement de la question des sources de la vie de saint François dans un des appendices au présent ouvrage, je me home à y renvoyer les lecteurs curieux de voir comment se justifient ces vues, que certains trouveront sans doute hypercritiques, encore qu'elles aient été soutenues avant moi par des savants aussi autorisés que le hollandiste Van Ortroy et M. Henry Thode; quant aux lecteurs ordinaires, j'espère qu'ils me sauront gré de m' être refusé à suppléer au silence des textes par des hypothèses sans fondement, de m' être inquiété toujours de la solidité du terrain oîi je les invite à poser le pied, de les avoir mis en face des témoignages mêmes au lieu de me substituer à ceux-ci.

(i) Nous avons d'exœllentes traductions des Opuscules de saint François d'Assise, par le P. Ubald d'Axençon, O. M. Cap, (Paris, de Gigord, 1905), et des deux premières Légendes de Thomas de Celano, par l'alabé M.-J. Fagot {Thomas de Celano, Vie de saint François d'Assise; Paris, librairie Saint-François, 1922). J'ai largement utilisé ces deux ouvrages, mais les références que je doime se rapportait toujours à l'original latin.

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