‹ Saint François d'Assise [microform]Chapitre 3 sur 31 · CHAPITRE PREMIER l'enfant prodigue · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER l'enfant prodigue

Le jour de l'année 1182 (i) où lui naquit ce fils, Pierre, le drapier d'Assise, était en voyage d'affaires, mais, sans attendre qu'il revînt, dame Pica, son épouse, donna au nouveau-né le nom de Jean (2) et le fit baptiser sur les fonts de la cathédrale Saint-Rufin.

Pierre, fils de Bernard, avait sa maison à quelques pas en descendant de la grand'place. Quelques autres pas, à droite, menaient à l'église Saint-Georges, dont les prêtres tenaient une petite école. Ce furent les maîtres de l'enfant (3).

Qu'apprit-il auprès d'eux? Peu de chose, soit que l'enseignement fût médiocre ou rudimentaire, soit que la faculté d'intuition de l'élève lui rendît difficile l'as-

(i) Cette date est la plus probable. Dès le treizième siècle on la relève chez Albert de Stade, qui entra dans l'Ordre des Mineurs en 1240 {Annales Stadenses, dans Monumenta Germant is Historiça, Scriptores, t. XVI, p. 350) et dans la Chronica minor qu'un franciscain d'Erfurt écrivit en 1261 {Monttm. Germ. Historiça, Scriptores, t. XXIV, p. 193). On trouvera à l'appendice III les renseignements que l'on possède sur la famille de saint François, et, à l'appendice IV, les légendes dont on a entouré le berceau de l'enfant.

(2) // Cclano, 3.

(3) Celano, Legenda ad usum chori, 13.

sujettissement à la marche méthodique et lente des leçons en forme. Il parvint à comprendre à peu près le latin de l'évangile, pas assez cependant pour n'avoir point besoin d'explications (i). Quant à sa calligraphie, elle demeura toujours d'une extrême gaucherie; encore préférait-il dicter et signer ses lettres d'un tau, c'està-dire d'une croix dont la traverse faisait le sommet (2). Au cours de sa dernière année, il se déclarera im ignorant (3), et son biographe n'hésite pas à dire : « Ce bienheureux n'avait aucunement été nourri dans l'étude de la science (4), » et à l'appeler wa. « homme sans lettres (5) ». Dès qu'il fut en âge d'aider son père, celui-ci l'initia aux affaires. Son commerce était florissant (6), car le luxe des vêtements se répandait dans toutes les classes de la société. A Milan, en 1213, le légat Gérard de Sessa devra défendre aux prêtres l'usage des vêtements précieux, tels qu'on interdisait aux femmes d'en porter (7), et dans la règle de 1223, chapitre 11, François exhortera les Frères mineurs « à ne point mépriser ni juger les hommes qu'ils voient parés de vêtements fins et éclatants ». Les laines itahennes étant de mauvaise qualité et ne pouvant servir qu'à la confection d'étoffes grossières, les marchands venaient en France et en Flandre, où l'industrie produisait des tissus brillamment colorés. Le plus souvent, on se bornait à aller jusqu'à MontpeUier, im des entrepôts les plus importants du commerce de l'Orient avec l'Occident. En 1166, le voyageur Benjamin de Tudela le décrit comme « un lieu très favorable au commerce, où viennent trafiquer en foule chrétiens et Sarrasins, où affluent des Arabes du Garb, des marchands de la Lombardie, du royaume de la grande Rome, de toutes les parties de rEg5^te, de la terre d'Israël, de la Grèce, de la Gaule, de l'Espagne, de l'Angleterre, de Gênes, de Pise, et qui y parlent toutes les langues (8) ».

(i) I Cet., 12.

(2) Cel., Tractattis de miraculis, 3.

(3) II Cel., 103.

(4) II Cel., 102.

(5) / Cel., 120.

(6) PrcBdives erat, dit de François frère Thomas (/ Cel., 2).

(7) N. SoRMANi, la Gloria dei Santi Milanesi; Milan, 1761, p. 215.

(8) Cité par G. Piton, les Lombards en France et à Paris; Paris, 1892, t. I, p. 29.

Pierre ne reculait pas devant ces tournées d'achat de

éanni franceschi, comme on appelait alors en Italie

toutes les étoffes d'outre-monts, et, pour mieux initier

.son fils au négoce, il l'enmiena, sans doute plus d'une

fois, avec lui.

Le jeune homme garda de ces voyages une vive impression. La France lui apparut comme le pays dévot entre tous au sacrement de l'autel, et plus tard il exprimera le désir d'y retourner finir ses jours « à cause du respect qu'on y avait pour les choses saintes (i) ».

De ses voyages chez nous, il rapporta de plus une connaissance au moins superficielle de la langue et de la poésie provençales. Sa vive intelligence et son exquise sensibilité lui firent goûter avec délices les chantres de l'amour courtois. La courtoisie, fleur du jardin de France, c'est l'amour exclusif et respectueux de la Dame élue pour suzeraine, à qui le chevalier se dévoue jusqu'à la mort. C'est ainsi que François envisagera plus tard la pauvreté. Au témoignage de saint Bonaventure, il la nommait tantôt sa mère, tantôt son épouse, tantôt sa dame (2), et c'est bien lui que nous fait entendre Thomas de Celano :

« Vivant dans une vallée de larmes, écrit-il, ce bienheureux Père méprisait les vulgaires et indigentes richesses des hommes, et parce qu'il avait l'ambition d'atteindre une cime plus élevée, il aspirait de tout son cœur à la pauvreté. Dès qu'il se rendit compte que le Fils de Dieu en avait fait sa compagne familière et qu'elle était, depuis lors, proscrite dans tout l'univers, il désirait s'unir à elle dans une perpétuelle tendresse. Il devint amoureux de sa beauté et, pour être deux dans un seul esprit et s'unir plus étroitement à son épouse, il ne se contenta pas de quitter son père et sa mère, mais foula aux pieds tous les biens. Il la tint alors chastement embrassée, ne voulant pas, même pour une heure, cesser d'être son époux (3). »

On le voit, pour exprimer l'ardeur de son âme, François empruntait aux lyriques courtois leurs allégories.

(i) // Cel., 201.

(2) Le g. maior, VIT, 6,

(3) // ca., 55,

Il lui fallait, dès lors, leur emprunter jusqu'à la langue. A cette époque, la poésie italienne en était encore à ses premiers balbutiements, et « ce n'était pas dans des patois encore dépourvus de souplesse et d'élégance, que l'on pourrait songer à traduire l'idéal tout nouveau de l'amour chevaleresque, avec sa psychologie subtile et raffinée (i) ». Comme ses compatriotes, Rambertino Buvalelli, Alberto Malaspina, Bonifacio Calvo, Lanfranco Cigala, Bartolommeo Zorzi, Sordello, François emploiera donc le provençal pour rendre les émotions qui l'agitent. « Toujours en effet, nous dit Thomas de Celano, quand il était rempli du feu de l'Esprit Saint, il proférait des paroles ardentes en langue française (2). » Et le vieil historien nous fait assister à ces scènes dans une page que je dois transcrire :

« Souvent, voici ce qui arrivait : la très suave mélodie qui chantait en son coeur se traduisait au dehors par des accents français, et le divin murmure que son oreille percevait en lui-même devenait sur ses lèvres un chant d'allégresse en langage du pays de France. Parfois, nous l'avons vu de nos yeux, il ramassait à terre un morceau de bois, le plaçait sur son bras gauche, puis, prenant dans sa main droite une baguette qu'un j&l maintenait courbée, il la promenait sur le bois comme sur une viole. Par ces gestes, il semblait s'accompagner lui-même, pendant qu'il chantait, en français, les louanges de Dieu. Cette exaltation finissait souvent dans les larmes, et cette joie se terminait dans la contemplation de la passion du Christ. Alors le saint poussait de continuels soupirs, ses gémissements redoublaient, et, oubliant les objets qu'il avait en main, tout son être se tendait vers le Ciel (3). »

En 1206, à l'heure solennelle où il vient de renoncer à son père, nous le voyons déjà « chanter en français les louanges de Dieu (4) ». Mais c'est sans doute plus tôt encore, aux lendemains des voyages d'affairés en Provence, que Jean, fils du marchand Pierre, épris de courtoisie, mais ne connaissant pas encore la Dame à laquelle

(i) Henri Hauvette, Littérature italienne; Paris, 1905, p. 24.

(2) II CeL, 13.

(3) II Cet., 127.

(4) I Cel., 16.

" V LA JOTNÉSSE^DE SÀINt^^^F^ 5

il jurera fidélité, a jeté aux échos d'Assise ses premiers accents français. De ce jour il est devenu « le Français », Francesco (i).

François s'était adonné volontiers aux affaires, et il s'y montrait très avisé (2). Il possédait d'ailleurs des qualités qui devaient attirer les clients à son comptoir, comme elles feront plus tard accourir à sa voix la foule innombrable des hommes et la création tout entière. Il était poli et affable, et s'abstenait toujours de ce qui aurait pu paraître injurieux pour quelqu'un, au point qu'il semblait à tous ne pas être le fils de ceux qu'on lui donnait pour parents. Aussi Pica disait-elle volontiers aux amis qui lui en faisaient compliment : « Vous verrez que, par ses mérites, il deviendra fils de Dieu (3). » Ce futur, employé par l'excellente femme, ne laisse pas d'être un peu inquiétant.

C'est qu'en effet, comme il le dira lui-même au début de son Testament, François vivait dans le péché. Thomas de Celano traite des fautes du jeune honune avec une robuste franchise :

« Chez ceux qui portent le nom de chrétiens, écrit-il, s'est enracinée une funeste coutume et s'est implantée une pernicieuse doctrine à laquelle tous obéissent comme à une loi. Elle veut que les parents élèvent leurs fils, dès le berceau, dans la mollesse et la volupté. Ils ne parlent pas encore, ils conimencent à peine à balbutier que, par la parole et le geste, on apprend à ces enfants à

(i) Si je ne craignais de trop solliciter les textes, j'attirerais l'attention sur "cette phrase de Thomas de Celano (// Cel., 3) : » Le nom de Jean répond bien au genre de ministère qu'il entreprit, et celui de François servit à l'extension de sa renommée {ad dilatationem famés sua), » ce qui impliquerait qu'il ne l'a- pas reçu dès son enfance. J'ajoute que c'est seulement au début du quatorzième siècle qu'on' voit naître ime tradition différente avec la Légende apocrjTphe des Trois Compagnons : «. Il fut d'abord nommé Jean par sa mère, y est-il écrit, mais son père, en revenant de France et parce que l'enfant était né durant son voyage, le surnomma François. »

(2) I Cel., 2.

(3) I Cel., 2 ; II Cel., 3.

peine, nés des choses honteuses et abominables. Et quand ils sont sevrés, on les contraint à prononcer des paroles et à commettre des actions luxurieuses. Sous l'empire de la crainte, nul d'entre eux n'ose vivre honnêtement, car alors il serait en butte aux mauvais traitements. Aussi le poète profane a-t-il raison de dire : « Parce que nous a avons grandi au miheu des habitudes de vie de nos « parents, tous les maux nous poursuivent dès notre « enfance. » Ce témoignage est exact, et les désirs des parents sont d'autant plus funestes à leurs fils, que ceux-ci les exaucent plus complètement. Puis, quand ils ont pris un peu d'âge, c'est de leur propre élan qu'ils courent à des actions toujours pires. De racines corrompues ne saurait sortir un arbre sain, et ce qui a été profondément vicié ne peut que difficilement redevenir bon.

« Et quand ils commencent à franchir les portes de l'adolescence, que pensez- vous qu'ils vont devenir? Emportés par le tourbillon des plaisirs de toutes sortes et libres de faire ce qui leur plaît, ils se livrent avec ardeur à tous les vices. Ils se font, par une volontaire servitude, les esclaves du péché et tous leurs membres deviennent des armes au service de l'iniquité. Ne conservant rien de la religion chrétienne, ni dans leur vie ni dans leurs mœurs, ils ne gardent de chrétien que le nom. Ces malheureux bien souvent sont des fanfarons de crimes, tant ils craignent de se voir méprisés, dans la mesure où ils paraîtraient innocents.

« Tel fut le misérable apprentissage que fit de la vie, dès son enfance, cet homme que nous vénérons aujourd'hui comime un saint, parce qu'il l'est en réahté. Il gaspilla ainsi lamentablement sa vie jusqu'à sa vingtcinquième année. Et même il dépassait en coupable vanité les jeunes gens de son âge, les excitant au mal et rivalisant avec eux de fohe (i). »

Cette page est tellement claire qu'il parait superflu de la commenter. Aussi bien, ceux qui nient que François ait jamais été véritablement im pécheur en sont-ils réduits à dire que Thomas de Celano exagère. L'abbé Fagot, qui a traduit celui-ci dans notre langue, avertit ses lecteurs que « le tableau est poussé au noir »; et,

(i) / Cel., I et 2.

pour prouver son dire, il ajoute : « Il en faudrait tempérer les traits pair les premières pages de la Viia secunda, et surtout par les témoignages des Trois Compagnons (i). » Cette thèse ne résiste pas à l'examen. Dans sa seconde légende, Thomas de Celano ne rétracte rien de ce qu'il a avancé dans la première ; il se borne à n'y rien ajouter Quant aux « témoignages » des soi-disant Trois compagnons, il serait d'abord prudent de s'assurer s'ils sont recevables.

Le délicat poète Johannes Joergensen, que chagrinent, lui aussi, les désordres de François, s'est efforcé de les minimiser en s'appuypnt sur Thomas de Celano même. Celui-ci, après avoir écrit ce qu'on a lu plus haut, poursuit en effet :

a Tout le monde l'admirait et il s'efforçait d'être au premier rang par la pompe de la vaine gloire. Il aimait les jeux, les plaisanteries, les bouffonneries, r les vêtements efféminés et flottants ; très riche, pas avare mais prodigue, loin de thésauriser il dissipait sa fortune ; très avisé quand il traitait les affaires, il jetait ensuite l'argent à pleines mains. C'était un homme très distingué d'ailleurs, très adroit et très affable, ce qui nourrissait sa vanité, en lui permettant d'entraîner à sa suite nombre de jeunes gens adonnés au mal et fauteurs de crimes (2). »

Joergensen rapproche avec raison ce texte d'im passage de la seconde légende, où l'on voit le naïf et vaniteux François choisi par ses compagnons pour roi de, leur troupe et faisant honneur à son titre en régalant de plantureux festins ses flatteurs (3). Puis, traitant ces détails comme une énumération des péchés imputés à son héros, le poète évoque le souvenir de joyeuses agapes dont il fut témoin un jour à Subiaco. Dans une auberge de campagne, où il prenait son repas, « un groupe de jeunes gens, dit-il, étaient venus déjeuner en commun. Sous la véranda découverte, dont la vue dominait la magnifique vallée, ils s'étaient fait dresser une longue table. Je voyais la nappe merveilleusement blanche, les

(i) Thomas de Celano, Vie de saint François d'Assise, traduite du latin avec une introduction et des notes par Vabhé M.-J. Fagot; Paris, 1922, p. 19, en note.

^(2) / Cel., 2.

(3) n Ceh, 7.

imposBnts fiaschi, les verres remplis de vin rouge, et l'agitation des garçons de Vosteria, courant çà et là avec d'énormes plats de macaroni. Et les rires et les chants ne s'arrêtaient point, mais sans jamais se transformer en des cris déréglés ; et puis, l'un après l'autre, des jeunes gens se levaient, prononçaient un discours; et, entre chaque discours, ime sonnerie de cors... C'est tout à fait aiasi, ajoute aussitôt Joergensen, que je me représente, joyeux et cependant gracieux et polis, ces banquets où le fils de Pierre de Bemardone tenait le sceptre de la royauté,... ces festins où la joie était légère et limpide coHune ce vin jaune qui mûrit sur les penchants des monts ombriens (i) ». Le tableau est charmant, mais il n'a rien de commim avec la réahté de l'histoire.

Thomas de Celano n'a pas le moins du monde entrepris d'énumérer les péchés de François. Il a voulu montrer, comment celui-ci, en groupant autour de lui les jeunes viveurs d'alentour, n'avait fait qu'alourdir le poids de ses propres fautes. Les banquets qu'il leur o&ait n'avaient d'ailleurs rien de la retenue que leur prête Joergensen; c'étaient de ces repas où régnent toujours la lascivité et la bouffonnerie, nous dit Thomas de Celano [in quibus lascivicB semper et scurrilitati servitur); et les convives, repus, jusqu'au vomissement {repleti ad vomitum), souillaient ensuite de leurs chansons avinées {ebriis cantilenis) les places de la cité (2). Aussi le vénérable auteur, au moment de clore l'exposé des égarements de l'enfant prodigue, ajoute-t-il que si la droite du Très-Haut le transforma, ce fut « pour que son exemple donnât aux pécheurs confiance dans la grâce du pardon et qu'il devînt pour tous le modèle du retour à Dieu (3) ».

Voilà l'idée que se firent de la mission du patriarche d'Assise les premières générations de ses fils. Il est pour eux le guide du pécheur repentant. C'est ainsi qu'entre 1232 et 1235, Julien de Spire, remaniant la première légende de Thomas de Celauo, voit dans l'exposé .des fautes de François avant sa conversion ime invitation

(i) Johannes Joergensen, Saint François d^ Assise; trad. fr, ; Paris, 1909, p. 19.

(2) // Cel., 7.

(3) / CeL, a.

'-^ LA JEUNESSE DE- "SAINT FRANÇOIS " g

pour les lecteurs à admirer et à louer la profondeur incommensurable de la sagesse divine, qui ^permet que certains pécheurs repentants soient élevés, par l'excellence plus grande de leurs mérites, au-dessus de la plupart des justes, pour que ces derniers ne méprisent point ceux qui sont plongés au plus profond du vice et que les impies, réduits au désespoir par leurs crimes, ne redoutent pas de s'approcher de la fontaine de miséricorde et d'implorer leur pardon. C'est pourquoi, ayant à raconter brièvement la vie de François, JuHen place d'abord le récit de ses fautes, afin que, dit-il, « grâce au rapprochement de celles-ci avec ses actions plus récentes qu'on ne peut, pleinement ni dignement louer, l'Auteur de sa conversion soit loué et magnifié par tous, que la pieuse humilité des justes s'accroisse, et que les pécheurs sentent s'affermir en eux l'espoir du pardon (i) ».

(i) Légende de Julien de Spire, éd. Van Ortroy {Analecta Bollandiana, 1902, p. 161). Ajoutons que, quelques lignes plus loin, Julien décrit ainsi les désordres de François : « Il poursuivait, hélas ! de toutes ses forces le bonheur et la gloire du siècle et s'efforçait de dépasser ses compagnons en cette recherche, montrant par ses jeux et ses divertissements, son maintien et son habillement, ses paroles et ses chants sans pudeur, le libertinage d'un cœur inquiet. » Hic seculi tniserrime felicitati et gîoria penittts intendebai ceterosque in hits prêtre conaius cordis inquieti lasdviam iocis et lusibus, gestu et habitu, verbis impudicis et cantibus ostendebat. A la génération suivante, saiat Bonaventure, posant en principe la conformité de François au Christ en toute chose (notamment dans Leg. maior, cap. XIV, 4 : Voluit recta per omnia Chrisfo crucifixo esse conformis... vivens Christo viventi et moriens morienti), sera amené à minimiser les fautes du saint en sa jeunesse : Superno sibi assistente prœaidio, nec inter lascivos iuvenes, quamvis effttsus ad gaudia, post carnis petulantiam abiit, nec intér cupidos mercatores, quamvis intentus ad Ittcra (cap. I, i).

Page 1