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LES SOURCES DE LA VIE DE SAINT FRANÇOIS

Les sources de la vie de saint François peuvent se ranger sous cinq chefs :

1° Les écrits du saint;

2° Les biographies qui lui ont été consacrées ;

30 Les documents diplomatiques;

40 Les chroniques de l'Ordre des Mineurs ;

50 Les documents divers.

Examinons successivement ces diverses catégories de textes.

§ I. Les écrits de saint François.

Les écrits de saint François ont fait l'objet, au dix-septième siècle, d'une importante publication de Wadding, le grand annaliste de l'Ordre des Mineurs : Opuscula B. P. Francisci (Anvers, 1623, in-40). Cet ouvrage est divisé en trois parties : dans la première se placent dix-sept lettres, puis les prières et le testament du saint ; les Règles occupent la seconde ; la troisième comprend vingt-huit conférences, un Office de la Passion, des cantiques, suivis d'apophtegmes, colloques, prophéties, paraboles, exempta, bénédictions et sentences. Souvent rééditée, l'édition de Wadding ne répondait plus, depuis longtemps, aux exigences de la critique, quand deux nouvelles éditions, basées l'une et l'autre sur les manuscrits les plus dignes de foi, ont vu le jour en 1904, la première publiée par H. Bœhmer (i), la seconde par les Franciscains

(i) Analekten zur GescMchte des Franciscus von Assisi. S. Francisci opuscula; Tubingue et Leipzig, 1904, in-8°, LXXii-146 pp.

de Quaracchi, près de Florence (i). C'est sur cette dernière qu'a été établie la traduction française du P. Ubald d'Alençon, capucin, qui jouit d'une légitime réputation (2).

L'édition de Quaracchi ne comprend que les écrits latins, ce qui en exclut le Cantique du soleil, dont l'authenticité n'est pourtant pas douteuse. Par ailleurs, la concordance entre les deux éditions atteste la sûreté de la méthode, avec laquelle elles ont été établies. Un peu plus de rigueur encore, et elles eussent été parfaites. Non seulement, en effet, il faut rejeter entièrement, comme l'ont fait les Franciscains de Quaracchi, la lettre à saint Antoine de Padoue, que Bœhmer admet à titre d'écrit douteux, mais on doit abandonner et l'oraison A bsorbeat, dont l'attribution à saint François ne repose que sur le dire d'Ubertin de Casale (3) et de saint Bernardin de Sienne (4), et la lettre Ad populorum redores, dont on ne possède pas davantage de manuscrits (5).

Si l'on veut bien reconnaître fondées ces remarques, le ca-talogue des écrits de saint François qui nous sont parvenus s'établit comme suit :

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