‹ Saint François de SalesChapitre 44 sur 49 · Lettre du 7 mars · texte numérisé non relu

Lettre du 7 mars

épreuve, comme croix à joindre à la croix du Sauveur. C'est là-dessus qu'il insiste finalement et principalement. « Que nous doit-il chaloir, si c'est par les déserts ou les champs que nous allons, pourvu que Dieu soit avec nous? — Après que vous aurez prié le Père qu'il vous console, s'il ne lui plaît pas de le faire, n'y pensez plus, et roidissez votre courage à faire l'œuvre de votre salut sur la croix, comme si jamais vous n'en deviez descendre. — Imaginez-vous que vous ne dussiez jamais être délivrée de vos angoisses; qu'est-ce que vous feriez? Vous diriez à Dieu : je suis vôtre; si mes misères vous sont agréables, accroissez-en le nombre et la durée 1 . » Ainsi parle-t-il dès la première année de la direction. Ainsi parle-t-il sept ans plus tard. « Haussons notre cœur, ma très chère mère ; voyons celui de Dieu tout bon, tout aimable pour nous; adorons et bénissons toutes ses volontés; qu'elles tranchent, qu'elles taillent sur nous et partout où il lui plaira*. » Ainsi parle-t-il quelques mois avant sa mort : « O que bienheureuses sont les âmes qui vivent de la seule volonté de Dieu! quelle bénédiction de rendre toutes nos affections humblement sujettes à celle du plus pur amour! Or, la gloire de ce saint amour consiste à brûler et consumer ce qui n'est pas lui-même pour réduire et convertir tout en lui. Il s'exalte sur notre anéantissement, et règne sur le trône de notre servitude 3 . »

Pour une âme qui s'achemine vers de telles hauteurs,

i. Lettre du i3 février i6o5.

». Lettre du 12 août 161 3.

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