‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 52 sur 115 · Lettre italienne au P. Antoniotti : t. viii, p. x · texte numérisé non relu

Lettre italienne au P. Antoniotti : t. viii, p. x

OICàTION AtTTHBNTIQUE ET LE LATIN

vingrt-huit années une bonne pari des anni'es iSfjS, iSgg^^ 1600, où une longue maladie, une lente convalescence, les préparalîfs d'un \oyagc à Rome, un séjour de trois mois qu'il y Rtj les multiples dfimardies auxquelles l'oblig'ea la ri^org'anisaliou des paroisses du Chablais, la pari qu'il prit à l'orgiariisation du diocèse de Genève depuis qu'il fut nommé coadjuteur de Mgr de Granier, l'empêchèrent de s'exercer autant qu'il aurait voulu à la prédication. « On ne prèclicra jamais assez », disait-il à son ami Camus'. Il prenait à la lettre pour lui le conseil qu'il donnait aux livèques ses confrères ; « J'oubliais de vous dire, écrirait-il à Antoine de Revol, évéque nommé de Dol, que vous deves en toute façon prendre resolution de prescher rostre peuple. Le très saint concile de Trente... a déterminé que le premier et principal office de l'Evesque est di prescher''' ».

Nous avonsj çà et là, dans les sermons latins eux-mêmes, quelques témoignages intéressants de ce goùl pour h prédication, de l'amour qu'il porte à son auditoire. Dans le plan d'un sermon prêché à LyoOj il écrit : « Eia, audîîe me, Lugdunenses, dicenlem alacriter^. » Avec allégresse, ce mot semble bien caractériser sa manière. 11 s'adresse à ses auditeurs avec une tendresse passionnée : « Ile, di lissimi auditores, ile populus meus ad Christom Prêchant à son peuple d'Annecy pour la fêle de saint Jean- Baplîste, le 24 juin 1618, il appelle ses auditeurs ; ckarissimimei, et comme c'est le vingt-cinquième anniversaire de son premier sermon, il évoque en ces termes le souvenîri de ces vingt-cinq années de prédication : « Ecce enim jam' anniversarium diem ago priniae meae ad vos conciontSj nec pauciores sont 26 annis explelis; et quidem mihi ipsi

. L'esprit du bienheureux Fravçois de Sales, 3' partie, Heotion 9 . T. XII, il, 193.

La prédication authentique bt le latin 69

jjralulor qui semper exinde vos expertus sum benevolos audilores,qui nimirumutmullos [ pracdicatores] periliores, at nunquain habilurî eslis amaoliorem ' », Dans un sermon de Pentecôle à son peuple d'Annecy, après un voyage à Milan, il se compare aux oiseaux qui ont un nid et des pelilSj et quij au lieu de voler d'arbre en arbre, de s'arrêter et de ciianter n'importe où, ne quiltenl guère l'arbre où ils ont leur couvée : t< Il faut dire vray, ajoule-t-il, dans une langue mêlée de français et de latin, niirus est amor filioruin, et quidem spirituallum major quam carnalium. Un père qui a des enfans, va, vient, court, mais son cœur ne bouge, il est tousjours avec son trésor ; gaudium meum, corona mea vos estis... Or sus, je ne veux point vous expliquer davantage mon sentiment ni ma coosolalion de me revoir auprès de vous, mon cher peuple '^ ».

Une fois débarrassé des soucis de la mission du Chablais, saint François de Sales prêcha très souvent, el peut-être chaque année, la station de l'Avenl et celle du Carême. Nous avons conservé quelques sermons ou plans de sermons de ses avents, entre autres des avenis d'Annecy en 1609 et lôiS, de l'avent de Grenoble en 1G16, de l'avent de F'aris en 1618, et des carêmes d'Annecy en lÔoij de Paris en i6oa, de Dijon en iGo/j, de Chambéry en i6o6j d'Annecy en 1609, de Chambéry en 1612, de Grenoble en 1616 et 1617, Ces stations d'avents ou de carêmes étaient 1res chargées. Le prédicateur montait en chaire presque tous les jours. En tèle du sermon pour le deuxième dimanche de l'avent de Grenoble en 1616, nous lisons ce tÏLre de la main de saint François de Sales : Sermo 7. Dominica secanda advenius ". Il a donc prêché six fois dans la première semaine, c'est-à-dire tous les jours, le samedi excepté. Voici les tilres des sermons de

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