‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 66 sur 115 · T. tx, p · texte numérisé non relu

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PLANS LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

de l'éloquence de saint François de Sales d'après celle des sermons recueillis? Esl-ce que c'est bien là l'îmag-e exacte et comme le son de l'éloquencej de la voix toute vive de saint François de Sales? Est-ce que l'on peut retrouver, dans ces rédactions, ces « divines prétlicalions » dont parle Bossuet, ces« traits de flamme qui sortaient de sa bouche ", pour aller « pénélrer dans ie fond des cœurs * «. Le problème vaut la peine d'âlre posé. Essayons de le résoudre, pour une faible part, en tirant parti de quelques données que nous avons. Une comparaison attentive et minutieuse est ici indispensable ; nous allons la tenter en mettant le plus souvent en parallèle les deux textes, ou du moins ce qui est, dans l'un et l'autre, particulièrement sig^niiicatif.

Quelques idées d'un sermon autographe ainsi intitulé; Af/ Dominicam / Jantiarii, c/nae eral oclava Innocent ium 160Q, Necii*, ont été reprises neuf ans plus tard dans un des Entretiens spirituels, prononcé aussi le jour de l'oclave des Saints Innocents, et qui a pour sujet la fermeté^.

Sermon autographe {\i. 33).

^ucmadmodum in labulis et pirturis in quibus sunt niutlae pcrsonae en petit volume, semper aliqiiid supercst videndum et notandum, umbrse, pourfilz, raccourcissemens, enlorses ; sic in EvungeliQ [uDocentîuin , in ijuibus Kuut loi pcrsonae parvae, et prneserlim parvulus ilie Puer

Enireiiei

r ta fermeté (p. Sa)

. . .Cet évangile est plein d'une

quantité de belles conceptions. . . Je ne doute point que vous n'en ayez descQUverl plusieurs sur la

fait au Jour de la fesie des Innoceas ; mais la niullilude qui s'y rencontre me fait croire que voua en pourrez bien avoir laissé plu-

l. Panégyrique dm bie pp. 32b ei 3.'6.

1; François deSaleg, éd. Lobarq, I

PUN9 LATINS BT SERMONS RECUEILLIS

Sermon autographe (p. 33).

qui quacritur et non invenitur.

Quareîdemretraclareanimusest, addito lamen reditu ex .^^ipto. ..

Entretien sur la fermeté (p. 33):, sieurs qui seront bonnes k dire...

Et lout ainsi qu'en un tableau, ou UD homme Fait ou bien un géant est représenté combattant ou faysant quelque autre action, il est bien plus ajsé de remarquer les traits de la peinture, que non pas en un autre ou est représenta quelque petit corps, ou plusieurs petits ensemble qui sont eu action {car il faut plus de temps pour observer tous les petits tours, entorses, plis et replis, linéaments et semblables observances qu'il faut faire en la peinture, que non pas au premier; car a ceux-ci l'on descouvre autant do fois que l'on les regarde quelque chose de nouveau, ou au contraire il est facile de descouvrir du premier coup ce qui est au plus grand tableau) ; de mesme aux autres mystères qui nous sont représentés ou se trouvent Nostre Seigneur, Nostre Dame, Saint Joseph, les Pasteurs, les Roys Mag'cs qui viennent adorer Nostre Seigneur, il est facile, ce semble, de descouvrir du premier coup les mystères qui sont cachés sous cette peinture ; mais il n'est pas si aysé de le faire en ce petit tableaa raccourci qui noas représente une peuplade si grande de petits enfants qui estans tous assemblés semblent estre une petite formilliere. Pour beaucoup de temps donc que nous mettons a considérer ce qui nous est représenté en ce mystère, tousjours neantmoins il nous reste quelque

PLANS LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

Enirelien lur la fermeté (p. V.).

chose a descouvrir de nom autant de Fois que nous le reg:erdons. . .

Voilà, de part et d'autre, une partie de l'exorde. Les relig^ieuses de la Visitation qui ont recueilli Ventreiien sur la fermeté ont très bien saisi, dans l'ensemble, cette manière agréable d'annoncer qu'on va traiter une seconde fois un même sujet. H faut les louer de leur mémoire; on retrouve dans leur développement jusqu'à des mots du texte, comme entorses. Mais on remarque, à première vue, que le plan esl bien plus précis que le développement. Il y a, dans le développement, une grande abondance de mois, et, qui pis est, de mots faibles, de redites, de négligences. Des phrases font double emploi. (Il est bien plus aysé de remarquer les traits de la peinture que non pas, etc... Car a ceux-ci l'on descouvre autant de fois que l'on les regarde quelque chose de nouveau ou au contraire il est facile de descouvrir du premier coup, etc.. De mesme aux autres mystères... il est facile, ce semble, de descouvrir du premier coup les mystères). Il ne semble pas qu'il y ait proportion entre le nombre de mots et la chose, agréable peut-être, mais très simple à exprimer. Cela est d'un orateur disert, non d'un orateur éloquent. Les termes propres et tecbniques pour décrire une miniature: umbrae, ptiUrjUz, raccourcissernens, entorses, deviennent, dans le développement, « petits tours, entorses, plis et replis, linéaments » ; sauf le mot « entorses » conservé, le reste esl banal et quelconque. De nouveau, de vraiment intéressant, il n'y a que très peu de chose, deux expressions : peuplade de petits enfants eX fourmilière qui sont une très heureuse et pittoresque manière de rendre cette expression générale el incolore : tôt personne paroae.

Sermon auloyraphe (p. 34). Entretien sur la fermeté {p. ^i). Ecce Angélus Domt'ni appa- Je passe a la seconde coDside-

ruil in somnis Josep/i dicens . ration que je fais sur cestc parole

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