‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 67 sur 115 · PLANS LATINS ET · texte numérisé non relu

PLANS LATINS ET

sbrmon^i^jËÎllÎs^^^^^^^^^^B

^^^^^V Sfvmon autographe {p. 34).

Entretien sur la fermeté (p. tl). ^^^H

Quis anjïelus ? Non sane Christl,

de l'Ange du Seigneur, qui dit ^^^H

si commodi genitivum Taciamus,

a Saint Joseph : Prens l'enTant, ^^^|

sed Chrisli si possessive; non

et ce qui s'ensuit... Il faut pre- ^^^H

enim indiguit custode An^elo,

mieremcnt sgavoir que quand on ^^^H

sed mioistro: ergoGabrielfuit...

dil l'Ange du Seigneur, il ne ^^^H

faut pas enlendre que ce soit ^^^^|

cojnme l'on dit de nous autres, ^^^H

l'ange d'un tel ou d'une telle; ^^H

car cela veut dire noslre ange ^^^H

gardien, qui a soin de nous de la ^^^|

part de Dieu; mais Nostre Sei- ^^^|

gncur, qui est le roi et le guide ^^H

des angps mesmes, n'a pas be- ^^|

soin ou n'avoit pas besoin durant 11

tout le cours de sa vie mortelle J

d'un ange gardien. Quand donc ^^^H

on dit ['Ange du Seigneur, cela ^^H

se doit entendre ainsi, à sçavoir, ^^^H

l'ange destiné a la conduite de la ^^^H

maison et famille de Nostre ^^^H

Sei(^neur et plus specialcreient ^^^H

dédié pour son service et de la ^^^H

Très Sainte Vierge. ^^^^|

Les expressions génitif (Tintérêl, génitif de possession ^^^|

du texte original ne pouvaient g:uère demeurer telles ^^^|

quelles dans le sermon développé, sous peine de n'être pas ^^^|

comprises. Saint François di

i Sales a dû les rendre popu- ^^^|

laires. Mais quels efTorls les rédactrices de cet entretien ^^^|

spirituel on faits pour expliq

uer cette chose si simple: que ^^^|

cet ange n'était pas un ang-e

gardien, mais un ange servi- ^^^|

teur et ministre, et quelle

surabondance d'expressions .^^^|

faibles pour marquer celte différence ! Cela ne sent-il pas ^^^|

un peu le bavardage de quelqu'un qui ne sait pas bien ce ^^^|

qu'il veut dire ?

Sermon autographe (p. 46).

Entretien sur la fermeté {p. bS]. ^^^^M

In ^'Egipto fuit circa sex aonos,

. . .Certes il Faut tinir, et par ^^^^|

plus minusve. Nihll eorum dixit

ce moven vous laisser en Egypte ^^^^|

Evangelista quae ibi gessil Chris-

avec Nosti-e Seigneur lequel, ^^^|

PLANS LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

Sermon autographe (p. 46|.

tus- Fabrum coatemplamiDi et egfo quidem esistimo quemadmodum Joseph parvulus som- □iabat qui tant e^regius po.stea fuitsornniorum iaterpresel David pascebat greg'em qui tam belle pavit Israelem, ila Christus faciebat cruces, uade poslea tam egregius fuit crucifiïiis et cruci-

Enlretien tur ta fermeté (p. 53|.

comme je crois, comme aussi d'autres tiennent, commençoil dès lors a faire des petites croix, quand il avoit du temps de re.s1e, après avoir avdé en quelque petite chose a Saint Joseph, tesmoignant des lors le désir qu'il avoii de nostre rédemption.

(-e rapprochement des deux textes nous démontre encore (jue les rédactrices des Entretiens spirituels ont aFTaiblî, en essayant de le reproduire, le texte de saint François de Sales. L'imagination de saint François de Saies, amie des comparaisons et des symboles, a vu un rapport entre Joseph, de song-eur devenu interprète des songes, el David, de pasteur de troupeaux devenu pasteur d'hommes, d'une part, et, de l'autre, Jésus, rédempteur par la croix, se préparant, dès l'enfance, au mystfere de la croix qui est le fond même du christianisme. Il avait préparé cette comparaison; il n'est pas probable qu'il l'ail omise dans le développement. Qu'en reste-l-il dans la phrase des religieuses? Un pille et faible résumé. Surtout nous n'y trouvons pas celle étrange el belle alliance de mots : cracijixus, cracijlœor, où le mot croiœ est pris au sens propre, comme instrument de supplice, el, au sens figuré, comme épreuve el moyen de purifier l'amour par la souffrance. Peul-Clre ces choses étaient-elles trop délicates et trop baules pour être bien comprises et fidèlement reproduites par les pieuses rédactrices.

l'n sermon, dont nous avons le plan ainsi intitulé: lôiiS. In ingilia /Vatioilalis ailSurores Visilationis ', a été recueilli

S2 PLANS LAHNS BT SERMONS REGUBILLIS

par les religieuses de la Visitalion '. Bien qu'il y aîlj dans le ilt'vcloppemenl, des parties étrangères au plan, Tenseinble des deux sermons se prêle à une comparaisoD instructive, assez détaillée.

Sermon autographe (p. ia4)- Ecctesia omnia movet ut magaitudiiiem festi faturi praedicet, ut coDstat ex officio adventus.

Sed in ter alia, in missaeintroitu, ulitur verbts paululum iuflexis quibus Morses auntlavit mannac pluviam Israelitis : Ex., i6.

«Nodie, inquit, scîelis quia veniet Dominas, el mane videbilis gloriarn ejus ». Die bistoriam usque ad verba Moysi (et uota obiter murmur Sliorum Israël, qui libenter egressi sunt de j^^iplo, ut plerique relîg'iosi ex mundo, sed ubi tantispersuDt Id deserto, id est, dcseruatur, murmurant et recordanlur carnîum mundi] : Vespere scielis quia Dominiis edaxii nos de terra jSgipii, el mane videbitis gloriarn Domini. Quibus verbis Ecclesia signilicat Christum similom esse mannae ; et ita est ; ["quoad generationem, a° quoad saporem. Unde duo dicam :

esplicabo braviter misterium Jncarnalioais; secundo quomodo l^ustare debeamus omnes hoc misterium, maxime autcm vos sorores. . .

Sermon recueilli (p. i).

Hodie scietis quia Dominas veDjei et mane videbitis gloriarn ejus. Vous sçaures aujourd'buy que le Seigneur viendra, et aa matin vous verrez sa gloire.

Vide Exod., XVI, 6, 7.

La 1res sainte Eglise a accoutumé de nous préparer dès la veille des grandes soleunités, à fin que nous venions a estre plus capable de reconnoistre les grands bénéfices que nous avons receiis de Dieu en icelles. . . La très sainte Eglise nous voulant donques faire préparer en la vigile du saint jour de NoSi et comme une mère très aymable, no nous voulant laisser surprendre d'un si prand myslere, nous dit ces paroles : Vous sç.aurez aujourd'huy que Nostre Seigneur viendra demain . . Ces paroles sont tirées de celles que Moyse addressa aux enfants d'Israël lorsqu'il sceut le jour que Dieu avait destiné pour leur donner la manne dans le désert. Les ayant fait assembler, il leur parla donques ainsy: Vous scauree aa soir que le Seigneur ooas a retirés de la terre d'Eggple, et au malin vous verrez la gloire du Seigneur. . . Il parle ainsy

Jl

PLANS LATINS ET SERMONS BECUEILLIS

Sermon recueilli |p. 1).

comme si le Seigneur devoit venir en sa propre g'Ioîre, bien que nous sçachions tous que Dieu ne va et ne vient pas comme s'il avoït un corps...; néanmoins Moyse use de ces termes pour monstrer que le bénéfice de la manne estoit si grand qu'il sombloil que Dieu deust venir luy mesme pour la porter et distribuer aux enfants d'Israd. C'est pourquoy il prit soin de Faire que les Israfililesse préparassent pour la considération du grand bénéfice, pour se rendre plus digne de le recevoir. De mcsme l'Eglise nous disant : n Vous sçaiires aujourd'hui qae le Seigneur viendra » demain, ne prétend autre chose sinon de Faire que nous enFoncions nos entendemens en ta considération de la grandeur du mystère de la très sainte nativité de Nosire Seigneur.

Aa premier coup d'œil, l'exorde du sermon recueilli parait ùlre d'une éloquence abondante, mais Faible. A examiner parallèlement ces deux débuts, il semble bien que les religieuses de la Visilalîon n'aient pas bien compris le sujet même du sermon. L'orateur comparait la naissance de Jésus à ta chute de la manne dans le désert. L'Eglise a pris les paroles par lesquelles Moïse prédit aux Hébreux la chute de la manne et les a détournées de leur sens propre, pour en faire l'inlroït de la messe de la veille de NoSl (verbis paalulum injîexis). Immédiatement, saint Krançoîs de Sales voit un rapport entre la chute de la manne et la venue de Jésus. Autorisée par l'Église elle-même, son imagination s'empare sans scrupule de ce symbole poétique et gracieux : « i'ar ces paroles, écrit-il, l'Église

PLANS LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

signiKe que le Glirîsl est semblable à la manne. » Voilà la grande idée, poélitjiie et relîg;ieuse, du sermon. L'orateur a dû expliquer au début, de vive voix, comme il l'a fait par écrit dans son plan, pourquoi il choisissait ce symbole. La sœur Claude-Agnès de la Koclie, qui a recueilli et rédigé ce sermon, ne l'a pas remarqué. Elle n'a vu qu'une chose, que l'Ég-lise nous prépare à la fête de Noël, comme Moïse a préparé les Hébreux à la chute de la manne (de raesme rplglise nous disant : vous scaiires aujourd'huy que le Seiijnear viendra demain, ne prétend autre chose sinon de faire que nous enfoncions nos entendemens en la considération de la grandeur du mystère de la très sainte Nativité de Nostre Seigneur). « Ces paroles sont tirées de celles que Moyse addressa aux enfans d'Israël », nous dit la pieuse rédactrice ; maïs elle ne nous dit pas pourquoi elles en ont été tirées, ni, en tout cas, quel rapport symbolique saint François de Sales a vu entre ces paroles et l'emploi que l'Eglise en a fait. Or c'était là la chose essentielle, d'où dépendait tont le sermon, qui permettait de le diviser très nettement {qiioad generattonem. , qaoad saporem), qui donnait à toutes les parties un lien sensible.

Après i'exorde du sermon recueilli que nous avons cité, commence un développement confus de plus d'une page sur la grandeur de ce mystère de Dieu fait homme, de l'homme fall Dieu, dont les hommes, dont les païens avaient eu quelque idée et que seuls les chrétiens ont vu réalisé. Puis, sans transition, sans le moindre indice d'un développement nouveau : « Dieu faisoit pleuvoir de nuit la manne dans le désert... b ' ; et ainsi commence la première partie annoncée par ces mots du plan : o Unde duo dicam ; explicabo breviter misterium Incarnationis... > Le sermon autographe unit étroitement, avec raison, le symbole de la manne avec l'explication dogmatique, explique le dogme par son symbole, et en rend ainsi l'intelligence plus Facile ;

^^^^^ PIANS LATINS ET SERMONS RKCL'BILUS ^^^^^^^^H

H le sermon recueilli sépare les deux choses. C'est l'erreur ou ^^^H

H l'ùi ad ver lance ou l'In in tel licence Inlliaie qui se conlinue. ^^^H

^M Sermon autographe |p. i25).

Sermon recueilli (p. /j). ^^^^|

^M Quoad primom, tria taolum

Dieu t'aisoit pleuvoir de ouil la ^^^^|

^M observo. 1° Num. 11, manna

manne dans le désert pour les ^^^|

H invisibiiiter, nocle, descendebaL

enfants d'lsra<0, et afin que les ^^^|

^1 de caelo. Sic Christus hodie oas-

Israélites eussent plus de sujet de ^^^H

^Ê celur Docte, invisibiiiter, modo

\uy en sçavoir gré, il voulut ^^^H

^1 liumanis meatibus incotnpreheD-

dresser lu; mesme le festin et la ^^H

^M sibili ; tolus e caelo, etîam corpus.

table, car vous avez entendu que ^^^|

^M Dam etsl materia ex Vir^ine

Moyse dit : Vous sçauree que le ^^^^M

^B sumpta est, tanien virlute attis-

Seigneur vous a retirés de ^^^^M

ai simiobombrauteetSpiriluSancto

l'EgypIe, et au matin vous ^^^^|

^M supervcniente, formala esl, et

verrex sa gloire. Il faisoit don- ^^H

^M modo caelesti nascitur, eo modo

ques deseeudre premièrement du ^^^H

^M quo lu\ de caelo, quo etiam Vci'-

ciel une douce rosée qui servoit ^^^H

^M bum a Pâtre. Isludque mistcrium

de nappe dans le désert, puis ^^^H

^M ut manna lumÎDi solis liqucRl,

soudain la manne lomboil comme ^^^H

^1 i^nis obduratur; qui lumine

petits grains de coriandre. Et ^^^|

^1 caelesti vult peoetrare, liquidas

puis pour monstrer qu'il les ser- ^^^^|

^B est, qui ualurali curiosîtate obdu-

voit honnorablement comme on ^^^^|

H rescil.

sert maintenant les princes a ^^^H

plais couverts, il faisoit pleuvoir ^^^|

une petite rosée qui conservoit la ^^^H

manne jusqu'au matin que les ^^^H

Israëlites la veiio^enl prompte- ^^^H

ment cueillir avant que le soleil ^^H

fusl levé. Dieu voulant de mesme ^^^|

faire un bénéfice signalêelincom- ^^^H

parablement aymable au\ hom- ^^^H

mes qui vivent sur la ten-e ^^^|

comme en un désert, où ils ne ^^^|

font que souspirer et aspirer pour ^^^^|

la jouissance de la terre promise ^^^H

qui esl notre patrie céleste, vient ^^^|

luy mesme en personne nous ^^^|

l'apporter, et ce au plus fort de ^^^H

la nuit. Ce bénéfice n'est autre ^^^H

que la ^race... C'est donques en ^^^H

l'obscurité de la nuit quo Nostre ^^^H

Seigneur naquit et se Kl voir a ^^^H

PLANS LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

Sermon recueiUi |p. 4).

nous comme un petit en/ani couché dans ane crèche, aiasy que nous le verrons demain.

Mais coDsideroos un peu, je vous pfic, comme cela se fit. La 1res Sainle Vierge produisit son Fils virginalement, ainsj que les estoilles produisent leur lumière. Or, Nostre Dame porte en son nom la signification d'estoille de la mer ou de l'estoille matiniere.

L'esloiile de mer c'est l'estoille du polc ver.i laquelle tend tousjours t'aiguille marine ; c'est par elle que les nochers sont conduits sur mer... Chacun sçait que les anciens Pères de l'Eglise, les Patriarches et les Prophètes ont , tous regardé ceste esloille polaire et dressé leur navigation a sa faveur. C'a lousjours esté le nord de tous les nochers qui ont navigé sur les ondes de la mer de ce misérable monde.., La très sacrée Vierge est aussi celte esloille matioierc qui nous apporte gracieuses nouvelles de la vei du vraj" soleil. Tous les prophètes j ontsceuquela V/'erje concevroil et eofanteroit un enfant qui ' seroit Dieu et homme tout ensemble... Luy qui estait la pureté mesrae eusl-il peu diminuer ou entacher la pureté de sa très , Sainte mère? Nostre Seigneur est engendré et produit virginalement de toute éternité du seia i de son Perc céleste... La très Sainte Vierge produit son FiU 1 Nosire Seigneur virginalement 1 en lerre comme il fut produit d

I>LA?<S LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

Sermon recueilli (p. 4). son Père Ëlernellement au ciel...

Cecy De doit pas estre esplucbé ni considéré curieusement... C'est donc a Juste rayson que la très Sainte Vierge a un nom qui signifie estoille, car tout ainsy que les estoilles produisent leur lumière virginalement et sans en recevoir aucun détriment eu elles mesmes... de mesme Nostre Dame...

On a pu remarquer dans le sermoo recueilli la description minutieuse de la chute de la manne que l'oraleur compare à la manière de servir les princes « à plais couverts ». La rédactrice de ce sermon en a bien saisi tous les détails et s'y est même complue. Cette description est pourtant bien étrangère à l'indication du plan ; manna invisibiliter, nocte, descendebat de caelo. Un seul mot, placé à la fin du développement et au bout d'une pLrase, nous en fait souvenir : et ce au plus fort de la nuit. Mais, ce qui est plus grave, elle est élrang-ère au sujet propre du sermon ; elle semble un hors-d'œuvre, intéressant par luimême, qui appelle sur lui l'attention, mais qui la détourne du sujet. On peut croire que l'orateur a rattaché cette description à son sujet; la pieuse rédactrice n'a pas vu par quel lien, et tout son développement est une faute contre les lois d'une saine composition.

L'idée : lotus e caelo..., si importante pour expliquer le dogme de l'Incarnation et que la comparaison de Jésus avec la manne amenait tout naturellement, disparaît dans la confusion du développement.

Celte autre idée toute voisine : et modo caelestî nascitar eo modo quo lux de caelo, était une comparaison entée sur une autre comparaison. Il naît comme tombe la manne. 11 naît comme jaillit du ciel la lumière. La pieuse rédactrice a traité cette comparaison à part, comme si elle eût été

PLANS LATINS ET SERMONS RECUEILLIS

indépendanle de la première. Et, sans doute, la faute n'en est-elle pas à elle, tout entière. Saint François de Sales a dû s'écarter lui-même de son sujet, de manière à être suivi difficilement. Le Christ naît, comme la lumière jaillit des étoiles. Mais la sainte Vierg;e n'esl-elle pas une étoile? N'est-elle pas appelée étoile de la mer, étoile matinière 1 Voilà deux thèmes pleins de poésie. Pourquoi ne pas s'y arrêter? L'orateur ne manque pas l'occasion. C'est un gracieux hors-d'œuvre encore, et un nouvel exemple des digressions auxquelles il se livrait sans doute très souveni dans ces sermons qui ressemblent à des causeries,

Immédiatement après : eo modo quo Iu.t; de caelo, dans le plan autographe, vient : quo eliam verbam a Pâtre. Celte nouvelle idée suit, sans transition, dans le sermon recueilli, la comparaison de la Vierge avec les étoiles: puis l'orateur revient, sans transition encore, à celte première comparaison : « C'est donc a juste titre que la très sainte Vierge a un nom qui signifie esloille... » Voilà certes une explication qui devait logiquement venir au commencement, et elle vient à la fin.

Le développement est donc, dans cette partie, assez différent du texte original et la composition semble, de temps en temps, marcher tout à fait au hasard.

as ■

Après cela, dans le sermon autographe comme dans le sermon recueilli, saint François de Sales va comparer la nature divine et la nature humaine de Jésus enfant, avec les substances dont se composait la manne, pain, huile, miel. Dans le sermon recueilli, comme nous venons de le voir, l'orateur comparait, et longuement, la Vierge Marie avec les étoiles; depuis longtemps, il n'était plus question de la manne. Or, voici une partie nouvelle qui commence ainsi : « Je remarque en second lieu que la manne avoit

PLANS LATTNS ET SERMONS RERUBILLIS

Irois sortes de g'oiil^'...» H y a là un défaul décomposition

évident, et ce défaut semble trop grossier pour Cire attribué

à saint François de Sales. Dans cette partie nouvelle,

l'orateur suit d'un peu plus près les brèves indications du

texte original. Il y a là surtout des comparaisons que la

sœur Claude-Agnès de la Roche a très bien comprises et

reproduites, parce qu'elles étaient à sa portée. En voici

une qui nous parait bien être de la manière gracieuse et

rafRnée de saint Frani;ois de Sales :

Sermon autographe (p. i25). Sermon recueilli (p. 7),

a" Manna duplicem substan- En ce très béni Poupon se

tiam habere videbalur... mellis, trouve la nature divine, la nalure

quod e caelo. . . de l'ame et celle du corps. En la

manae esloit le goasl du miel,

qui est une liqueur céleste; car

si bien les abeilles cueillent le

miel de sur les fleurs, elles ne

tirent pourtant pas le suc des

fleurs, ains cueillent et ramassent

avec leur petite booclietle le miel

qui descend du ciel avec la rosèo,

et seulement en un certain temps

de l'année. De mesme, la nature

divine de Nostre Seigneur vint

et descendil du Ciel à l'heure

mesme de son Incarnation sur

cette bénite fleur de la 1res sainte

Vierge Nostre Dnme, où la nature

humaine l'ayant recueillie l'a

conservée dans la ruche des

entrailles de la glorieuse Vierge

l'espace de neuf moys, apre-s

lesquels il a esté transporté dans

la crèche où nous le verrons

demain.

Dans celte nouvelle partie encore, il y a eu quelque changement. Le texte original porte ; « Manna duplicem

PlJkHS LATINS BT SERHON9 RBCUCHLLIS

siibstantiam habere videbatur, panis okali, qui e terra c mellis, quod e caelo '». Le sermon recueilli change cet] ordre et traite successivement : du g"OÙt du miel « qui est! une liqueur céleste'» et représente la nature divine, du'F g:oût de l'huile qui « nous représente la nature de la très-] sainte àme de Notre Seigneur », du goût de la fleur de ' farine qui représente son corps adorable ^. Grâce à cet ordre, le sermon recueilli a pu unir à ce développement l'idée de l'Eucharlslie qui en était disting-uée dans le plan : 3° « Manna venit in cibum homînum... ^ ». Et ce petit i détail nous montre encore que saint François de Sales ne! s'astreignait pas, en chaire, à suivre rigoureusement le | plan qu'il avait préparé avant d'y monter.

11 s'écarte bien plus encore de son plan dans le second j point, ainsi annoncé: n Explicabo... quoniodo gustare debeamus omnes hoc misterium, maxime autem vos, Sorores ^ » 11 disait, dans cette partie du plan, que l'Enfant Jésus doit être surtout aimé et goûté des religieux, et il s'ingéniait à comparer, point par point, l'état de cet i enfant avec l'état relig^îeux. De toute cette préparation très ' précise et très nettement divisée, il n'est resté, dans le i sermon recueilli, que quelques détails.

Sermon autographe (p. 137), 3° De obedieDlia. En ipse habet usum ralioDis et sapientiam inânitam ; tamen permiltit se fasciis obstringi, circumligai'i, pooique ubicumque vult maler paterve.

Sermon recueilli (p. 11).

£t toutainsyqueaousIevojoQS ] emmailloUë et serré dans 1 bandelettes el maillots par sa très bénite mère, il entend de ; noua inciter a bander et serrer | toutes nos passions, affections, inclinations, el entin toutes nos puissances tant intérieures qu'eji

T. u, Ibld.

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