‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 92 sur 115 · T. viiL, p · texte numérisé non relu

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Nous avons ainsi rappelé toutes les citations importantes des sermons latins, et nous croyons avoir inonlré qu'elles peuvent toutes ou presque toutes non seulement s'excuser, mais se justifier. Leurs vem sont utiles, diaait-il ; lui, en tout cas, les a choisis avec un g'oùt et un sens littéraire presque irréprochables; il a joint l'exemple au précepte. C'est là une forme de son art que nous ne pouvions pas nég'liger. Si l'on juge de Pierre de Besse, de Valladier, de Gaspar Séguiran, du P. Coton, même du cardinal du Perron, par le portrait qu'en ont tracé P. Jacquinet et l'abbé Lezat, même en tenant compte d'un goût exagéré de saint François de Sales pour les histoires profanes et naturelles, prises de l'antiquité, saint François de Sales l'emporte, à cet égard, d'après les sermons latins qui nous restent de lui, sur les plus illustres de ses contemporains,—

Faisons la part des défauts de ces sermons, le désordre de la composition, la subtilité, le raffinement, la bizarrerie dans les images et les symboles empruntés à la nature ou à la Bible. N'oublions pas non plus que comme saint François de Sales n'écrit en latin que pour lui-mâme, la langue dont il se sert est souvent négligée, même incorrecte. Il n'en reste pas moins queues sermons latins ont une assez grande valeur lilt(^raire et artistique. Ils nous donnent une idée de l'action que saint François de Sales exerça par la parolCj de son talent d'observateur, de peintre, de poète, de ce qui animait, colorait, échauffait son discours et qu'il eut jusqu'à l'excès, de sa manière familière et pittoresque, dans laquelle la littérature classique aura beaucoup à éboargeonner et à effeuiller, pour employer une de ses images ', mais dont peut-être elle aurait pu retenir plus qu'elle n'a retenu. « La précieuse, l'inépuisabla^

, Traité de l'a;

r de Dieu, préface, t. rv, p, 8.

l'art dans les sermons latins 137

information que la sienne^ dit M. Strowski^ et que les moralistes y trouveraient à glaner I Ce serait une merveilleuse anthologie que Ton tirerait de ces sermons. Un choix discret en saurait faire une œuvre unique, aussi vivante que celle de La Bruyère et moins artificielle^ aussi pénétrante que celle de La Rochefoucauld, mais moins systématique^ un vrai chef-d'œuvre » ^ Gé jugement s'appliquait, sans distinction^ à toute l'œuvre oratoire, alors connue ; restreignons-le aux sermons authentiques, et, dans les sermons authentiques^ aux sermons latins ; les sermons latins ne le démentent pas^ ils le confirment au contraire pour leur part.

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