‹ Saint François de Sales, modèle et guide du prêtre et du pasteurChapitre 10 sur 82 · SON AMOUR POUR LE SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

SON AMOUR POUR LE SAINT-SACREMENT

fête semi-double, on était tenu, dans le diocèse de Genève, à faire l’office du Saint-Sacrement, hors les jours de Vigile, d’ A vent et de Carême l .

Mais c’était surtout lorsqu’il s’approchait de ce divin Sacrement, ou qu’il le prenait entre les mains, que sa piété s’enflammait, et quelle paraissait avec éclat.

Un de ses premiers soins, quand il vint à Thonon pour travailler à la conversion des hérétiques, fut de se mettre en mesure de porter décemment la sainte communion aux catholiques malades. « Il fit donc faire par un orfèvre, dit Charles Auguste, une boîte d’argent avec des chaînettes de même métal; puis, ayant assemblé ses enfants, il leur dit : « Voyez-vous, c’est ici que nous mettrons le corps de « notre doux Maître et Sauveur, quand nous vous le porle- « rons dans vos maladies. » Or quand il portait ainsi ce pain de vie, son cœur tressaillait d’amour; et à peine pouvait-il retenir ses larmes. « O Seigneur, disait-il, dominez maintenant, et régnez au milieu de vos ennemis. »

Il ne voulait pas que rien l’empêchât alors de jouir de son bonheur et d’honorer son Dieu. Un jour, le procureur fiscal, Claude Marin l’ayant rencontré, et ne s’apercevant pas de ce qui l’occupait, l’aborda pour lui parler de choses importantes. « Je porte le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, lui dit François d’une voix basse et d’un air profondément religieux ; nous parlerons d’affaire une autre fois: Retirez-vous en ce moment, je vous prie, et ne restez pas près de moi comme pour me tenir compagnie 2 . »

Telle et plus vive encore était son émotion lorsqu’il portait le divin Sacrement en procession par la ville au jour de la Fête-Dieu. « 11 était alors, dit sainte Chantal,

1 Déposition. — a Vie de Charl. Aug., liv. II.

Page 1