SON PRENIER SOIN DANS LA DIRECTION
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Toute affection désordonnée lui inspirait de l’horreur; il ne faisait grâce à aucune, (c On ne saurait parvenir à la perfection, disait-il, tandis qu’on est affectionné à quelque imperfection, pour petite qu’elle soit. Une faute commise avec affection est plus contraire à la perfection que cent autres faites par surprise et sans attache *. »
Quoiqu’il fût doué des vertus les plus éminentes, il cultivait avec un zèle tout particulier les plus petites, c’està-dire celles qui paraissent telles aux yeux des hommes, car devant Dieu il n y en a aucune qui ne soit grande.
« Chacun, disait-il, veut avoir des vertus éclatantes et de montre, attachées au haut de la croix, afin qu’on les voie de loin et qu’on les admire. Très-peu s’empressent à cueillir celles qui, comme le serpolet et le thym, croissent au pied et à l'ombre de cet arbre de vie. Ce sont pourtant les plus odoriférantes et les plus arrosées du sang du Sauveur, de celui qui a dit pour première leçon à ses disciples : « Apprenez de moi que je suis doux et a humble de cœur*. »
« À petit mercier petit panier, écrivait-il à une personne qui.se laissait emporter indiscrètement à sa ferveur. Pratiquons les petites vertus, en rapport avec notre petitesse, la patience, le support du prochain, l’humilité, la douceur de courage, l’affabilité, la tolérance de notre imperfection; enfin toutes celles qui s'exercent plus en descendant qu’en montant. Je ne dis pas qu’il ne faille monter par l’oraison, mais doucement et pas à pas 3 . »
Il se plaisait à faire l’éloge de ces petites vertus et à les recommander en toute occasion. <r Celui-là est presque parfait, disait-il, qui sait exercer la douceur parmi les douleurs, la générosité parmi les mauvais traitements, et
1 Entret. vm. — * Esprit, p. III. c. x. — 5 Lett. dt.i.xxviii.