PREMIER SOIN DE SAINT FRANÇOIS DE SALES DANS U DIRECTION DES AME
Un si saint directeur ne pouvait manquer de zèle pour porter les âmes à la sainteté ; mais il savait que l'édifice de la perfection ne s’élève que peu à peu, et qu’il faut d’abord songer à en poser le fondement par la pratique d'humbles et solides vertus. Tel était donc son premier soin. 11 n’oubliait rien pour inspirer à ceux dont il prenait la conduite une grande horreur du péché et de l’infidélité volontaire, une haute estime des vertus les moins éclatantes mais les plus nécessaires, une vigilance constante sur leurs affections, leurs vues et leurs mouvements intérieurs.
« Le sommaire de toutes les vertus, disait-il, c’est d’être fondé en une profonde crainte de Dieu, tellement que le seul nom de péché nous fasse trembler. Celui qui se verra facile à commettre quelque péché, si petit qu’il soit, qu’il se tienne pour misérable et aveugle , encore qu’il eût toutes les apparences de sainteté qu’il y a au monde. »
U ne pouvait souffrir la moindre faute volontaire. Lorsqu’il était sur son lit de mort, plongé dans une léthargie profonde, une sœur converse, cherchant à le réveiller par une surprise agréable, lui dit que l’évêque de Chalcédoine, son frère, venait d’arriver; mais il ne se ranima que pour la reprendre de sa faute : « Ma sœur, lui dit-il, il ne faut jamais mentir f . »
. 4 Charl. Àug., liv. X.