‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 113 sur 144 · Monum. Xaver., I, p · texte numérisé non relu

Monum. Xaver., I, p

SAINTETÉ DE FRANCOIS (1542-1552). 447 Les gens du pays nous aiment beaucoup ; ce qui nous aide grandement à leur faire du bien spirituel. Nous y travaillons, en suivant les conseils de notre grand Père Maître François: Ces conseils se résumaient en deux mots : « Condescendre à Pinfirmité de ces pauvres gens, se proportionner à leur capacité : omnibus omnia Jieri, ut omnes lucrifaciamus. » Lui, parce qu'il avait le véritable esprit de la Compagnie de Jésus, il accomplit en perfection cette parole de lApôtre, et il nous exhortait à procéder ainsi, il nous commandait de le faire ; et tous ceux qui, dans ces parages, ont voulu, — mus d’un zèle qui semblait bon, mais qui n’était pas secundum scientiam, — agir autrement, tous ceux-là et ceux qui les suivaient ont péri, non sans scandale ‘. |

À Malaca, les disciples de François, en semant l’amour, comme lui, récoltaient, comme lui, l'amour. Le P. Baltazar Diaz le disait ainsi aux Pères de Portugal, au mois de novembre 1556 :

Dans ce pays, le Père Maître François, par sa si grande bénignité et charité, s’était affectionné à tel point les Portuwais, les Mores et les païens, que tous ne le nommaient pas autrement que le saint Père (o Padre santo), et continuellement les enfants allaient au-devant de lui, chantant, bénissant Dieu, baisant la main au Père pour avoir sa bénédiction.

Les enfants d'alors ont tellement transmis leur coutume aux

enfants d’aujourd’hui, que tous, ceux du pays en particulier, chrétiens, païens ou mores, quand ils viennent demander le P.-Baltazar Diaz, demandent le Padre santo, et quand Je vais par l’église ou par les rues, les enfants accourent, demandant la bénédiction et baisant la man.

1, Ajuda, reg. I, lettres des Indes.

Cette même bénignité et charité rent lié près de François mourant le jeune Chinois Antonio. Si d’autres l’abandonnérent, ce fut pour l’avoir moins connu, et il fallait que François achetât à ce prix l’ouverture des portes de la Chine. Lui-même, du ciel, parut les ouvrir. De Macao, en effet, le 21 novembre 1555, le P. Melchior Nunez écrivait aux Pères de Goa :

Notre-Seigneur m'a fait la grâce, à Sanchoan, de dire la. messe sur une fosse où, dit-on, notre bienheureux Père Maître François fut enterré.

Je fis des démarches pour savoir si quelqu'un voudrait me porter à Canton : la chose est maintenant facile. Tous les Portugais de ces parages attribuent aux prières du Père Maitre François un si grand changement. Bientôt après sa mort, les® Chinois autorisèrent les Portugais à descendre à Canton et sur d’autres points de la Chine pour y faire leur commerce. | Avec tant de labeur et de si ardents désirs, le bienheureux Père ne put avoir ce que, sans aucune difficulté, par son inter-° cession, nous avons maintenant.

1. Ajuda, reg. T, lettres des Indes. Le P. Melchior Nunez alla, peu après, à Canton. Le P. Louis Frois, par une lettre écrite à Malaca et datée du 7 Janvier 1556, expose le fait aux Pères de Goa. |

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