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2,000 Pesos qui, tous droits prélevés, furent réduits à la valeur de 17,243 réaux, de 36 maravédis le réal.
Et maintenant, ledit seigneur Don Antonio de Idiaquez, considérant que les seigneurs de Xavier ont déjà pourvu et qu'ils pourvoiront, à l’avenir, à la célébration solennelle de toutes les fêtes de saint François de Xavier, et que la pieuse volonté de Don Leandro pourrait tourner bien plus utilement au profit du pueblo de Xavier et des pèlerins qui y viennent honorer la mémoire du Saint, si le fonds qu'il a donné s’employait à fonder une chapellenie, afin qu'il pût y avoir à Xavier, résidant continuellement, un second prêtre, qui aiderait le vicaire à entendre les confessions, et aurait, de plus, soin de Padorno y culto de la Santa Casa y capilla donde nacio el Santo, il recourut à lillustrissime seigneur Don Francisco de Anoa y Busto, alors évêque de Pampelune et maintenant archevêque de Saragosse, afin qu'il lui plût de commuer en Pautre l’œuvre voulue par ledit Don Leandro; ce que ledit seigneur évêque fit, par acte du 10 juillet 1740.
Suivent les articles de la fondation de la: chapellenie : Le chapelain résidera, toute l’année, à Xavier, pour être au service des pèlerins. Durant la neuvaine du Saint, l’octave de sa fête, etc., chant du S'alve Regina, tous les soirs, avec les gozos du Saint, etc.; le tout, dans la Santa Capilla. I célébrera, pour le fondateur, autant de messes que le permettra Îla rente du capital donné, et toutes les messes seront célébrées dans la Capilla donde nacio el Santo.
De plus, ledit seigneur Comte Antonio de Idiaquez a dit que, désirant pourvoir ledit lieu de Xavier d’un prêtre vraiment instruit, vertueux et doué de toutes les qualités que re-
quièrent ladite Santa Casa et ladite Chapellenie, chez celui qui en aura la charge, il veut augmenter les fonds de ladite chapellenie et, à cet effet, y adjomdre la somme de 4oo pesos,
que les señores Don Joseph de Azlor et Doña Ignacia Xaviera
de Echévers, marquis de San Miguel de Aguaio, ses beau-père et belle-mère, laissèrent pour fonder quelque œuvre pie, en cette S'anta Casa et chapelle de Xavier; auxquels 400 pesos ledit señor Antonio ajoute le don personnel de roo autres
pesos.
Enfin, Antonio applique à la même chapellenie 3,000 pesos laissés par D. Juan de Idiaquez à des créanciers, que l’on n’a pu retrouver. S’il se présente un créancier certain, on le paiera de ce fonds de la chapellenie. me
1703, 28 mars : — Benoît XIV déclare privilégié, en faveur du seigneur de Xavier et de ses parents et alliés, l’autel de la chapelle de saint François de Xavier.
1708, 19 avril : — À Pampelune, Don Ignacio Idiaquez-Aznarez-de Garro-Xavier-Navarra-Garnica- Cordova-lraeta-Eguia-Oûaz y Loyola, Duc de Granada de Ega, Comte de Xavier, Marquis de Cortes, maréchal perpétuel de Navarre, maréchal de camp des armées de Sa Majesté, son gentilhomme de camara en exercice, grand d'Espagne, dit :
Dans son testament, fait à Estella, le 22 mai 1754, mon nor père, Don A io de Idi: d ue P« cé señor père, Don Antônio de Idiaquez, ordonna que lon exécutât, comme disposition testamentaire, toutes ses volontés qui se trouveraient exprimées ailleurs et signées de lui; or,
en un de ces papiers, il déclare vouloir que lon applique 3,000 pesos à la fondation d’une chapellenie, en la Capilla de San Francisco de Xavier, sita en su palacio, aux charges qui seraient déterminées par Don Francisco de Lubian, Prieur de Péglise cathédrale de Pampelune, le patronage demeurant aux seigneurs successifs de Xavier.
Suivent les conditions : Résidence du chapelain ; deux messes par mois, spécialement en la Santa Capilla donde nacio San Francisco Xavier.
17066 : — On réunit à la précédente chapellenie,
moyennant obligation de vingt-quatre messes par an, la fondation d’Isabel de Salaberria.
Les pélerins venant en foule à Xavier, les deux chapelains ne peuvent suffire à la célébration des messes demandées. On appellera d’autres prêtres, à qui serà remis intégralement tout ce que les pèlerins auront offert pour la célébration des messes.
1707, 9 août : — Les obreros de l’église Saint- Sernin disent qu’il résulte de l’expulsion des Pères de la Compagnie, que la Diputacion ne peut célébrer dans leur église la fête de saint François de Xavier; et un des señores députés, Don Joseph Xavier de Gainza, les informe que la Diputacion serait bien aise de célébrer la fête dans l’église de Saint-Sernin.
17968, 1* mars : — Les obreros de Saint-Sernin, animés de dévotion pour le glorieux saint François de Xavier, ont résolu de célébrer sa neuvaine avec messe basse et gozos le matin, et complies, etc.,
chantées le soir; mais 1ls désireraient, pour mieux
honorer le Saint, exposer sa statue, qui apparent à.
la Diputacion et se trouve déposée dans leur obreria. Is demandent permission à la Diputacion. — Accordé, le 2 mars.
17 mars : -- Le comte de Aranda écrit au Conseil royal de Navarre :
Le zèle imdiscret de Don José Ignacio de Echavarri, vicaire de la paroisse de Saint-Laurent, a fait se transférer dans son église une grande partie des funciones, qui se célébraient chez les réguliers expulsés de la Compagnie, telles que celles de l’£cole de Marie et du Cœur de Jésus... et il excite encore leurs partisans, en célébrant, avec sermon quotidien, la neuvaine de saint François de Xavier, excluant de son choix, pour ces prédications, les prêtres séculiers ou réguliers, qui n'étaient pas de la faction, en les appelant Jansénistes, etc.
D’Aranda veut qu’il soit fait enquête secrète sur ce qui s’est fait et dit, dans l’église Saint-Laurent et ailleurs.
L’enquêteur nommé est Don Leopoldo de Pavia. Il entend, dans sa chambre, trente-deux témoins. On y trouve signalés, par les témoins, les prêtres, séculiers ou réguliers, qui soutenaient alors, à Pampelune les doctrines du Jansénisme. Ils parlent, tous,
de la neuvaine de saint François de Xavier, à la-
quelle 1ls assistaient : ils disent : & Il y avait grand concours de gens de toute condition : Don Antonio Rodriguez de Soria préchait, le Saint Sacrement exposé; puis, le señor parroco lisait la neuvaine dans
un livre. Je n’ai Jamais vu exclure personne de l’église, ni entendu qu’on qualifiât personne de Janséniste !. »
1779, 4 décembre : — La Piputacion donnera, chaque année, 2 pesos au campanero de Saint-Sernin pour sonner les cloches, les jours de funciones qui se faisaient chez les Jésuites. Le campanero avait écrit à la Drputacion : « Les Jésuites ayant manqué (por haver faltado los Jesuitas), toutes ces funciones ont été transférées à Saint-Sernin?. »
1771, 9 octobre : — La Jiputacion désire obtenir une indulgence plénière pour la neuvaine de saint François de Xavier. Un personnage leur écrit de Madrid : « Il faut faire agir l’Evêque. La supplique de celui-ci sera envoyée au Ministre d’Ktat, qui la fera parvenir à l’Agente de Rome, et la réponse de Rome, adressée au Ministre d'Etat, sera envoyée à PEvêque... »
En attendant, l’'Évêque, le 28 janvier 1782, ot quarante jours d'indulgence pour chaque assistance à un exercice de la neuvaine.
Le Bref d’indulgence plénière fut concédé, à Rome, le 28 janvier 1783.
1780 : — La Diputacion, par une circulaire adressée aux pueblos de Navarre, étrangers au diocèse de
. Audiencia, archiv. secrètes.
>. Archiv. du roy., Pampel., aux liasses du Patronato de saint Firmin
et de saint François de Xavier; et, de même, les suivantes jusqu’à l’an-
née 18806.
Pampelune, s’informe de la manière dont on célèbre
la fête de saint François de Xavier. Les réponses prouvent que la plupart se contentaient de l’assistance à la messe, vu que Benoît XIV avait écrit au Roi de modérer les fêtes qui interdisaient le travail. Parmi les localités où la fête se célébrait pleinement, on remarque Corella, Cascante, Cintruenigo, Ablhlas, elc.
La Diputacion règle, d'accord avec les obreros de Saint-Sernin, la dépense des anciennes funciones des Jésuites. On note que, pour la dépense, « la fête de saint François de Xavier est, de tout point, égale à celle de l’Immaculée-Conceptüon. »
1786, 20 avril : — La Diputacion écrit à l’archevêque de Saragosse, aux évêques de Calahorra et Tarazona, pour les supplier de faire célébrer les fêtes de saint Firmin et de saint François de Xa-
vier, avec toute la solennité requise : elle leur no-
tifie la concession d’une indulgence plénière pour la fête des deux Saints.
1801, 16 juillet : — La Piputacion demande au Pape Pie VIT Ia permission d’avoir un oratoire dans la salle même de ses assemblées, — avec concession
d’indulgences, — quand, durant la tenue des Cortès, les offices eee y seront célébrés.
L’oratoire fut concédé par Bref du 22 septembre 1801. | Outre les actes, antérieurs et postérieurs, de la
CULTE EN NAVARRE (1581-1886). 495 dévotion des Navarrais, mentionnés au premier volume de Documents nouveaux, il serait aisé d’en ajouter, ici, beaucoup d’autres, dont les archives de la Diputacion, celles du Chapitre cathédral, celles des églises paroissiales de Pampelune, celles du Conseil de ville, etc. fourniraient les documents. Nous ne signalerons, en terminant, que la belle manifestation de 1886.
1806, o mars : — Grand pèlerinage de Pampelune à Xavier. |
Nous avons sous les yeux une très intéressante relation de ce pèlerinage, écrite par l’ancien directeur du séminaire épiscopal, depuis capellan des Sœurs de Saint-Dominique, Don Bartolomé Isturiz. On publiera ce remarquable travail, dont voici une sorte de sommaire chronologique :
Au printemps de 1885, le choléra se déclare sur plusieurs points de-l’Espagne.
La Diputacion de Navarre décrète que, par une solennelle function, fixée au 23 juillet dans lPéglise Sant-Sernin, Elle et le peuple invoqueront la proteclion de saint François de Xavier. Le prédicateur, Don Modesto Perez Ao1iz, curé de Saint-Augusün, propose à l'immense assistance un pélerinage d’action de grâces à Xavier, quand tout péril aura cessé. Pampelune, sans doute, eut quelques morts; mais pas plus qu’il n’en fallait, pour mieux faire entendre qu'un puissant protecteur avait détourné le fléau.
Le 23 février 1886, la Piputacion nomme deux
des siens pour la représenter au pélerinage, et donne 5oo pesetas aux Commissaires organisateurs. |
Le 4 mars, départ des pèlerins : un nombre assez considérable de jeunes hommes voulurent faire, à pied, ce trajet de 5o kilomètres. Le soir, la ville de Sanguessa, les Messieurs de l’ayuntamiento les premiers, allèrent au-devant des pèlerins, et chaque maison s’ouvrit à eux comme une maison de famille.
Le 5, pluie battante : ce fut sous cette pluié, et par des sentiers à peine praticables aux meilleurs jours, que douze mille pèlerins parcoururent, les pieds dans une boue toujours plus profonde, les 8 ou 10 kilomètres qui séparent Sanguessa de Xavier.
À Xavier, beau soleil, dès qu’on se prépare à chanter une messe en plein air; puis, le reste du jour, un vent violent qui sècha la boue du matin, et fit du : relour à Sanguessa une Joyeuse promenade.
La parole de Dieu avait remué les cœurs, à Pampelune, pendant un {riduum préparatoire; elle les remua encore à Xavier.
Les pèlerins rentrèrent charmés à Pampelune : ici, les maisons s’élaient pavoisées, au départ; elles se pavoisérent, au retour; et l’on admira que, parmi tant de personnes de tout âge, qui, en très grand nombre, appartenaient à des familles où les soins mêmes dont on est entouré exposent à de graves périls, dès que ces soins font défaut, pas une ne se ressentit des fatigues du pèlerinage.
C’est en souvenir du bel acte des 4 et 5 mars 1886, qu'une rue voisine de l’église Saint-Augustin a recu
le nom de rue de Saint-François-de-Xavier, et que, à l’entrée de cette rue, sur une plaque de marbre, a été gravée l’inscripuon suivante :
1 PEREGRINACION
PAMmMPLONESA-NAVARRA AL CASTILLO DE JAVIER,