‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 63 sur 144 · Ajuda, æ fol · texte numérisé non relu

Ajuda, æ fol

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barcation qui viendra de chez vous ici, François Lopez ; d’aucune façon, qu'il ne demeure là.

Les item que je vous recommande, lisez-les fréquemment, Si vous êtes humble et prudent, l'expérience vous apprendra bien des choses; en attendant, gouvernez-vous par les avis que vous avez pris d'ici.

François Enriquez va pour être sous votre obéissance, et ne manquez pas de lui ordonner, en vertu de l’obéissance, qu'il se garde de scandaliser personne, et qu’il soit très endurant et patient. Informez-vous bien si les gens se scandalisent,

soit de lui, soit des autres, afin de recourir vite aux remèdes.

Veillez grandement sur vous-même, et puis sur les autres ; et ceux que vous trouveriez tombés en des péchés publics, ou scandalisant grandement le peuple, chassez-les vite de la Compagnie. Ceux que vous chasserez, je les tiendrai pour chassés, parce que je me fie à votre prudence, et m'assure que vous les chasserez pour juste cause et raison.

Quant aux rentes du Collège, faites qu elles. se dépensent

plus à des temples spirituels qu’à des temples matériels. Les

temples matériels dont on ne peut se passer, qui sont absolument nécessaires, ceux-là seulement faites-les ; tout le reste, temples spirituels. C’est pour cela que je vous commandai de réunir des enfants du pays, pour les instruire ainsi, dès leur bas-âge, afin que, devenus grands, ils fassent du fruit.

Ces jours passés, j'envoyai là Paul Guzarate, qui a été

élevé, plusieurs années, dans ce Collège ; 1l a bonne langue, et

pour enseigner les enfants, et pour les sermonner, selon que le Père lui dira (et pour leur prêcher tout ce que le Père lux dira).

Quant aux rentes de la Maison, il sera bon, ce me semble, de les dépenser conformément aux intentions du Rotï, comme vous me l’avez écrit, et aussi pour que le peuple ne se scandalise pas. Si cependant vous le pouvez bonnement faire, en-

voyez ici quelques pièces de toile, pour en habiller ceux qui y

vivent; mais si ce devait être au détriment de vos gens, que tout, pour le service de Dieu, s'emploie chez vous.

Travaillez fort à vous exercer à la prédication et à la con.

fession ; visitez l'hôpital, les prisonniers, la Miséricorde; et.

tout cela, faites-le avec humilité et charité. Dieu saura vous

accréditer auprès du peuple, et n’eussiez-vous pas don d’élo-.

quence, vous ferez beaucoup de fruit. LPC AIES

Je vous recommande, et souvenez-vous-en, d’être très amt du Vicaire, de tous les Pères (prêtres séculiers), du Capitan, des officiers du Roi et de tout le peuple; car savoir gagner la volonté des hommes, en vous faisant aimer d'eux, c’est déjà, par cela seul, vous assurer du fruit de vos prédications.

Vous m'écrirez à Malaca, au mois de septembre, et me direz, bien par le menu, le fruit que vous faites ; bien entendu que vous adresserez au Collège de Goa de fréquentes lettres.

Notre-Seigneur nous réunisse dans la gloire du Parade:

Amen.

Fait à Goa, aujourd’hui, 3 avril 1552.

Votre frère, en Jésus-Christ, François ‘

Les Z{em ne sont pas autre chose, croyons-nous, que la pièce suivante, datée de Goa, nee jour, 3 avril : | | |

Par-dessus tout, je vous recommande, pour l'amour et service de Dieu Notre-Seigneur, de vous garder de scandaliser le peuple. Pour cela, que l’on voie en vous une grande humilité.

Dans les commencements, vous. devez vous appliquer acti-

vement (trabalhar muito) aux œuvres humbles et. basses,

1, Ajuda, 2, fol. 6: et 99,

dal Sr 44 -

parce que le peuple, à cause de cela, sera bien avec vous ; les volontés y seront, d'avance, affectionnées à tout ce que vous ferez ; on ira, interprétant toutes choses en bonne part, et d'autant plus, qu’on vous verra persévérer à mieux faire, de

jour en jour. Veillez bien à ne pas vous négliger, car qui

n'avance pas recule.

J'aimerais bien que, dans l’organisation de cette chrétienté nouvelle, vous prissiez pour patrons (valedores) le Père Vicaire et les Frères de la Miséricorde, et qu’à eux fût attribué le service qui s’y ferait à Dieu Notre-Seigneur. de dis cela, afin qu’en vos persécutions, vous eussiez de nombreux protecteurs, et que le peuple ne maugréât pas (praquejasse) tant contre vous, voyant que le Père Vicaire et les Frères de la Miséricorde mettent la main à tout.

Dans les lettres que vous écrirez au Roi, faites, si vous le jugez à propos, mention bien spéciale du Père Vicaire et des Frères de la Miséricorde, et dites à Son Altesse combien ils

favorisent la chrétienté, et montrez-leur ces lettres. Comme

aussi, dans ces lettres où vous rendrez compte au Roi des choses de Baçaim, suppliez (priez en grâce) Son Altesse d'adresser des remerciements aux Frères et au Père Vicaire, puisqu'elle voit de quel grand secours 1ls sont à la chrétienté.

N’omettez rien pour vous concilier la bienveillance du Père Vicaire et des Frères de la Miséricorde ; procurez à la chrétienté beaucoup de patrons, et grand bien vous ferez, si vous gagnez, avec celle des autres, la faveur du Capitan. Je m’en remets, pour tout cela, à votre prudence, et Je compte sur les abondantes lumières qui vous viendront de Dieu Notre-Séigneur (sur le beaucoup que Dieu Notre-S'eigneur vous donnera de sentir).

Quand vous écrirez au Roi, que ce soit de choses de grande édification, et si vous avez à écrire de choses contraires,

exposez-les au P, Maître Simon, et non pas au Roi, et cela,

qu'il s'agisse d’affaires temporelles où d’affaires spirituelles.

Évitez, le plus possible, de faire des dépenses en bâtiments matériels ; modérez celles de votre entretien et de celui des enfants. Je n’entends sans doute pas que vous et les autres

ménagiez ces rentes, jusqu'à vous priver des choses nécessai-

res; mais que l’on évite toute dépense qui se peut éviter. Ayez

toujours devant les yeux les grandes souffrances de ceux du cap de Comorin, et que beaucoup d’enfants meurent sans

baptême, faute de qui les baptise, les Pères n'ayant pas, là,

de quoi vivre.

En

Le recouvrement des rentes ne se fera nr par vous, ni par aucun de la Compagnie; j’entends, pour peu qu'il y eût péril de scandale. Vous trouverez, pour cela, un ou plusieurs pieux

laïques, nos amis : ce seront comme les syndics de la Maison. -

Il sera bon de choisir pour collecteurs des personnes qui se confessent et communient souvent; procurez même qu'elles fassent les Exercices de la première Semaine, et rien ne restera à désirer si, de plus, ce sont personnes riches et d’un bon cœur. De telles gens, en effet, procédant à la levée des rentes, ne vexeront pas les contribuables pauvres, comme d’autres le pourraient faire. Un collecteur, pauvre lui-même, ne donnerait peut-être pas de délais ; 1} emprisonnerait ou méêlerait d’autres vexations à la levée des rentes. | Vous m'écrirez, en septembre, à Malaca, et me direz, avec bien du détail, le fruit que vous faites. GRs Ave Dieu Notre-Seigneur nous réunisse en la gloire du paradis. Amen. |

Fait à Goa, aujourd’hui, 3 avril 1552.

Votre frère en Jésus-Christ,

François !.

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