‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 64 sur 144 · Ajuda · texte numérisé non relu

Ajuda

LE RNA —, fol. 6r,

Au manuscrit de Ayuda se trouve (fol. 44) une autre Lembrança (copie de l'original) ainsi intütulée : « Avis, au sujet des rentes, donnés au P. M° Belchior allant à Baçaïm, 28 février 1552. » Il n’y a guère rien de notable, qui ne se trouve dans la pièce du 3 avril. Le Saint dit, en commençant :

Quant aux rentes de Baçaim, desquelles soit le Roi, soit les

Gouverneurs ont fait merced à la maison, et dont la maison

jouissait, du temps que Belchior Gonzalez en avait la charge , SC)

VOUS saurez par Belchior Gonzalez lui-même quelle partie 1l a

recouvrée et ce qui n’est pas encore payé. Vous m'écrirez sur tout cela, avec bien des détails, et me direz aussi combien d’argent vous à remis Belchior Gonzalez. |

Le P. Gonçalo Roiz ou Rodriguez, arrivé de Portugal en 1591, était allé, au mois de décembre, prendre, à Ormuz, la place du P. Gaspard Barzée. Succéder à un tel homme n’était pas chose facile : Gonçalo n’y réussit pas, d’abord, au gré de tous, et François, qui ne l’avait pas connu, dut l’exhorter et l’encourager à mieux faire ; 1c1 encore, c’est le cœur autant que la tête qui dicte au Saint ses instruc-

tions :

Dieu Notre-Seigneur sait combien j'aimerais mieux faire votre connaissance que de vous écrire; car 1l est beaucoup de choses qui, en tête-à-tête et de vive voix, se traitent mieux

que par lettres.

J’ai été heureux d’avoir nouvelles de vous par ceux avec qui vous vintes en Portugal; et toutefois, 1l m’eût été beaucoup

plus agréable de recevoir une lettre, dans laquelle vous-même

me rendriez compte du fruit que vous faites, ou plutôt que.

Dieu fait par vous, et aussi du bien que Dieu laisse de faire et pour lequel il ne compte pas sur vous (deixa... de confiar de vos), parce que vous avez le tort d’y mettre des empêchements. | Que Dieu, à cause de ces empêchements, laisse de se manifester par vous ; que vous ne lui soyiez pas instrument tel que

vous le devez être, et que Dieu, à cause de cela, soit moms glorifié et les âmes moins enrichies de biens célestes qu’elles ne le seraient; voilà, pour vous, matière d’accusation conti-

nuelle contre vous-même; car, ne l’oubliez pas, vous aurez à rendre à Dieu raison du bien qui, par votre faute, ne se fit point.

Ce que je vous commande, en vertu de l’obéissance, c’est que vous soyiez très obéissant au Père Vicaire; avec sa permission et par sa volonté, vous prêcherez, confesserez et direz la messe. Remarquez-le bien, c’est en vertu de lobéissance que je vous ordonne de ne vous pas brouiller (guebrar), pour quoi que ce soit, avec le Père Vicaire. Tout ce qui se pourra bonnement faire pour être d'accord avec lui, vous le ferez, — et j'ai telle confiance en sa vertu et charité que, s’il vous voit humble et obéissant, il sera plus empressé à vous accorder ce que vous désireriez que vous ne le serez à le lui demander. ;

À l’égard des autres Pères (prêtres séculiers), soyez très respectueux; gardez-vous d'en mépriser aucun. Aimez-les

tous, et qu'ils apprennent de vos exemples quelle parfaite obéissance ils doivent au Père Vicaire. C’est aussi sur vous que tout le peuple doit se former, pour rendre au Père Vicaire

l'entière obéissance qu’il lui doit. Le fruit principal que vous.

avez à faire procédera moins, songez-y bien, de vos sermons

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or

que des exemples d’humilité et de soumission que vous donnerez à tous,

Gardez-vous d’être singulier, et de rechercher par à la faveur du monde; ayez plutôt horreur de toute vaine renommée : cette présomption de vouloir être singulier a nui à plu-

sieurs dans notre Compagnie. J’en ai chassé plusieurs, depuis

mon retour de Japon, pour les avoir trouvés dans les liens de ce vice et d’autres ; tâchez que je n’aie pas à vous renvoyer, vous aussi, de la Compagnie du Nom de Jésus; veillez à ne rien faire qui exige cette expulsion. Pour vous maintenir humble dans la Compagnie, souvenez-vous que vous avez beaucoup plus besoin d’elle qu’elle n’a besoin de vous. Surveillezvous donc, et ne vous négligez pas : aussi bien, qui s’oublie soi-même, quel souvenir aura-t-1l des autres?

Ces lignes, je vous les écris, parce que je vous aime et vous veux du bien; et aussi, parce qu’il est venu, de là-bas, dans cette ville, bruit de certaines choses peu édifiantes et qui ne sont traits, ni de grande humilité, n1 de grande obéissance. :

J'ai ordonné à Maïtre Gaspard de vous écrire. Comme il a l'expérience du pays, je le charge de vous donner ses avis et de vous dire en quoi vous pourrez mieux servir Dieu Notre- Seigneur. Tenez ses lettres pour miennes, et exécutez en conséquence ce qui vous y sera recommandé.

Quand Maître Gaspard alla à Ormuz, je lui traçai certaines règles de conduite; je crois qu'il vous en est demeuré copie; vous les lirez, une fois chaque semaine, afin qu’elles se fixent mieux dans votre mémoire et que vous vous en aidiez en tout

ce qui regarde le service de Dieu.

Comme il importe grandement au service de Dieu que vous

soyiez très humble et très obéissant, à endroit du Père Vicaire, je vous commande, par la présente lettre, en vertu de l’'obéissance, de lui demander, les genoux en terre, très humblement pardon de toutes vos désobéissances et fautes passées. : Vous lui direz que vous faites cela pour obéir, et vous lui baiserez la main. Puis, vous receyrez ses ordres et les exécuterez; et afin de demeurer plus semblable à vous-même dans l'humilité, vous 1rez, une fois la semaine, lui baiser ainsi la main et accomplir, en même temps, acte d’obéissance et d’humilité. Ne manquez pas de le faire, quand vous y sentiriez de. la répugnance : tout cela est nécessaire pour confondre le démon, ami des discordes et de la désobéissance.

Veillez à ne scandaliser personne dans vos prédications ; laissez de côté les vaines spéculations et subtilités de l’École; ne traitez que des questions de morale, et cela, avec piété et simplicité (modestie). Parlez vivement contre les péchés les plus répandus dans le peuple, sans cependant réprimander les pécheurs publics et notoires, autrement qu’en secret et fraternellement. Sachez que j'aurai plus de joie d'apprendre que, sans scandale aucun, vous avez fait un bien de la longueur , qu'avec plusieurs scandales

de cette ligne ou même un seul, un bien long comme cette ligne entière;

et comme je sais à quel point il importe, pour la plus grande gloire de Dieu et le bien des âmes, de faire ainsi les choses avec amour et charité et sans scandale, je vous recommande d'observer fidèlement ces avis.

Vous m'écrirez, bien par le menu, ce que Dieu fera par vous dans la ville; — vous me parlerez de vos rapports amis avec le Père Vicaire, les autres Pères et tout le peuple. De ce collège de Goa, on m’enverra vos lettres en Chine, où je me

rends, et je serai heureux de les lire. Je partirai de Goa, d'ici à vingt jours.

Les choses de Japon sont en grande prospérité : là se trouvent le Père Cosme de Torres et Jean Fernandez, avec beaucoup de chrétiens déjà faits et ceux qui se font chaque jour. Eux savent bien la langue, et de là vient qu’ils font un très grand fruit. Des Frères vont, cette année, les aider à porter le faix de leurs travaux, — bien plus lourd que je ne saurais dire, et, sans comparaison, plus que le vôtre ou celui des

- Frères de ces régions-ci; et cependant, vous avec beaucoup à

faire et à souffrir. Ceci soit dit pour que, dans vos saints Sacrifices ou oraisons, vous recommandiez sans cesse les Frères du Japon à Dieu Notre-Seigneur.

Quand vous écrirez au collège, vous écrirez, en même temps,

au seigneur Évêque une lettre fort courte, où il voie votre

obéissance et soit informé de ce que vous faites là-bas. Vous le devez, puisqu'il est notre Prélat, qu'il nous aime tant, et nous favorise de tout son pouvoir.

Ma présente lettre, je vous l’écris comme à un homme qui a déjà la vertu, la perfection voulues pour bien entendre et goûter les choses ; et non pas comme à un homme encore

fable, sur qui je compterais peu. Rendez donc grâces à Dieu,

qui vous à fait tel et vous a donné ce qu'il faut de vertu et de perfection, pour mieux aimer être admonesté et repris, que ménagé et, en quelque façon, trompé par les condescendances dont on use avec les faibles et leurs humaines faiblesses. Vous êtes des, forts au service de Dieu, — et c’est Lui qui m’a incliné à vous écrire, non comme à un imparfait, mais comme à un parfait.

Je n’en dis pas plus long, puisque, par la miséricorde de

2922 FRANCOIS A Go (AVRIL 1552),

Dieu, nous nous verrons bientôt dans la gloire du paradis.

J'ajoute seulement : souvenez-vous du grand amour qui me dicte cette lettre; recevez-la donc avec la saine intention, l'amour et la bonne volonté qui me la font écrire. De ce collège de Santa-Fé de Goa, 22 mars 1952. Vous montrerez la présente lettre au Père Vicaire. Votre frère en Jésus-Christ, François ”.

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