XI. — Vous écrirez, vous, au Recteur de Coïmbre, avec
bien du détail, le fruit que Dieu fait par ceux de cette maison, Que la lettre soit très édifiante : voyez bien comment vous
l’écrirez, car elle sera lue et jugée par bien du monde. Ainsi encore doit être de grande édification la lettre que vous écrirez
à Notre Père Ignace.
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XII, — Vous lui direz, à notre bienheureux Père Ignace, combien il se ferait de service à Dieu Notre-Seigneur et de fruit dans les âmes, si l’on obtenait, pour la Compagnie, en ces régions de l’Inde, quelques grâces spirituelles, comme des indulgences plénières, que pourraient gagner tous ceux qui se confesseraient ; et cela, en divers temps de la même année, parce que, faute de confesseurs, je ne sais si, en une seule et même époque, tous se pourraient confesser; que: ces induls gences devraient venir par Bulles authentiques, avec leurs sceaux pendants, vu qu'en ces pays-ci, 1l ne manque pas de gens qui mettent en doute les indulgences quand ils n’en voient pas les Bulles avec sceaux pendants ; — de plus, que ces grâces nous viennent pour tous les chrétiens qui sont dans ces régions, à partir du cap de Bonne-Espérance. |
Vous ferez beaucoup valoir (encarecereis), dans votre lettre, le fruit qui se fit avec le Jubilé que Notre Père Ignace envoya,
— et vous ajouterez qu'il s’en ferait bien plus, si l’on envoyait ces indulgences pour un laps de plusieurs années (muitos annos). Au sujet de ces indulgences, insistez beaucoup auprès de Notre Père Ignace, dans votre lettre. De mon côté, je le ferai aussi, puisque de ces faveurs spirituelles résultent des fruits si évidents.
XIII. — Les mêmes'choses, au sujet de ces indulgences, vous les écrirez au Père Maître Simon ou au Recteur du collège de Coïmbre, afin qu'ils parlent au Roi du grand fruit qui se fera dans les âmes de ces peuples, et que le Roï écrive à Notre Père Ignace, relativement à l'expédition de ces mdulgences, afin que la Bulle vienne adressée au collège de Goa : ainsi dirigées, en effet, elles seront une grande recommandation pour les Pères de la Compagnie, en ces régions : voyant les grâces spirituelles qu'il reçoit par leur moyen, le peuple les aimera davantage (leur aura plus de dévotion).
XIV. — Gardez-vous de jamais recevoir, pour être de la Compagnie, des sujets de peu d’années (de pouca idade), ni autres que le Père Ignace défend d'admettre, comme sont ceux qui viennent de lignage de juifs ; et veillez à ne pas recevoir des personnes qui n’auraient pas beaucoup de qualités et vraie aptitude pour les fins de la Compagnie (Aabilidade para nostra Companhia); et cela, surtout quand les sujets n’ont pas étudié (quando carecem de lettras). Je vous commande d'agir ainsi. N’en recevez que peu, et seulement le nécessaire pour les offices du collège, et quelques autres, très bien doués (de muy boas partes) pour remplacer ceux qui tomberaient malades, ou pour les ‘envoyer en de nouveaux endroits du cap de Comorin. Par-dessus tout, Je vous recommandeé d’en recevoir peu, et que ce peu soient bons et imtelligents (habiles). |