VI. — Gardez-vous de jamais recevoir des personnes de
peu d’habileté, jugement ou raison; des personnes de peu de.
vigueur et de ressources (/racas e para pouco), ou celles que vous amènerait le besoin plutôt que la vocation.
VII. — A ceux que vous recevrez, vous donnerez, ou le Père Moraes, — et non pas un autre, — les Exercices, et vous veillerez grandement sur eux. Les Exercices achevés, vous les emploierez à des offices humbles et bas, au service soit de la Maison, soit de l’hôpital. Tandis qu'ils feront les Exercices, vous leur demanderez compte étroit de la diligence qu'ils mettent à faire ces méditations. S'ils s’y montrent négligents, vous pourrez les renvoyer ; ou bien cessez, pour quelques jours, de leur donner les Exercices, pour qu’ils sentent mieux leur tort, — et puis, le temps qui restera, 1ls Pemploieront à achever les Exercices.
VIIT. — Au sujet des vœux à faire (em o faser dos votos), vous procéderez ainsi : — Ne permettez pas qu'aucun vœu soit fait, que l’on ne vous en ait d’abord prévenu : ainsi donc, avant d'introduire (les postulants) aux Exercices, vous leur direz qu’ils se gardent de faire aucun vœu sans vous le com- N muniquer d’abord. |
Les vœux de la Compagnie se feront (seront) de cette manière : — ceux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté n’obligeront que le temps qu’on sera dans la Compagnie; et si, pour ses péchés, quelqu'un était renvoyé par le Recteur ou celui
RATES y ions
sous Pautorité duquel il vit, ces vœux ne l’obligeront plus.
: Quand quelqu'un fera des vœux, que ce soit en votre présence : vous lui donnerez par écrit l’ordre à observer et la manière de les faire. Il recevra le saint Sacrement, et ce sera avant de communier, qu'il fera les vœux de la manière ci-dessus dite.
Comme, dans ces régions de l’Inde, il n°’ÿ a pas tant de mo-
nastères, que l’on y puisse admettre tous ceux qui seraient
congédiés de la Compagnie, pour cela j'ai dit que, congédiés ainsi par le Recteur, 1ls ne demeurent pas liés par les vœux
qu’ils avaient faits.
IX. — Partout où se trouvent des Frères de la Compagnie, écrivez que personne ne reçoive de sujets, sans vous en avoir d’abord prévenu, et vous avoir écrit les qualités qu’ils ont pour être de la Compagnie. Selon votre réponse et avis, on pourra leur donner espérance d’être admis, ou les envoyer en ce
collège, si vous les y appelez, ou, si vous l’aimez mieux, leur faire donner ailleurs les Exercices ; le mieux cependant, s’il
y à possibilité, serait qu’ils vinssent les faire (les prendre) au collège. Vous agirez comme il vous semblera plus à propos pour le service de Dieu.
X. — Partout où vivent des Frères de la Compagnie, en ayant d'autres sous leur autorité, ou simples ouvriers apostoliques (ou qui sont faisant fruit), écrivez-leur que, tous les ans, 1ls aient soin spécial d'écrire à notre bienheureux Père
Ignace, bien par le menu, le fruit que Dieu fait par eux, R où
ils-sont; qu’ils se gardent de jamais écrire des choses, dont se pourraient malédifier ceux qui verraient les lettres, et qu'ils ne parlent pas d'autre chose que du fruit qui se fait. De plus, chacun de ceux qui vivent dispersés, mais ayant plusieurs
ouvriers sous son autorité, écrira une lettre générale pour tous
les Pères et Frères qui sont en Europe, les instruisant du fruit qui se fait dans la région où lui et ses compagnons travaillent. Que ces lettres soient d’une écriture nette (bem notadas); qu'il n’y ait rien qui puisse scandaliser ; qu’on n’y dise de mal de personne. L'adresse des lettres sera ainsi conçue : Pour
les Pères et Frères de Coimbre, et tous les autres Pères de
la Compagnie de Jésus, qui sont à Rome et en Europe.