I. AJiifin, nis. ", foll
i:^S FRANÇOIS A (iOA (avrii, ir)49).
dit que sa formule était : liereddnt vetera, nova sinl omnio'. à tel point, qu'au jutcement de tous, il allait aux extrêmes. Ses [)rocédés à l'égard des écoliers indiens ne furent pas meilleurs; il se mit à leur fixer des heures d'oraison, de contemplation, d'examen ; et moi, qui les pratiquais depuis plusieurs années, et qui les savais incapables de marcher dans ces voie*^ je disais au P. Gomez : \on est ponendum rinnm novum ijrë titres veteres; il faut, avec ces gens-là, aller pas à pas; qu'il *^ soient chrétiens, c'est déjà beaucoup. Mais- il ne voulait pas^ m'écouter.
Sur ce, par ordre de Maître François, j'allai à Cochin. .-^ peine j'étais parti, que les écoliers indiens sautèrent par-dessii ^^ les murailles et s'enfuirent.
Peu de jours après (novembre i548). Maître François ai
riva à Goa, et voyant que le P. Gomez n'était pas apte à jSfoim — verner, il lui retira l'autorité et donna charge des écoliers ^^ un autre. Il eût voulu envoyer le P. Gomez à Orrauz, chez le* "^ Perses ; il en fut empêché par Cosme Anes, agent du Roï ^ qui intercéda pour lui. Cosme, avec qui le P. Gomez y\i e^^ relations assez intimes, espérait se concilier la faveur du Roi grâce aux rapports bienveillants que le Père enverrait sur so^^*^ compte à Lisbonne, et Maître François, qui ménasfe ce- — ^ homme, accorda à ses instances que le P. (îomez serait encore ^ Recteur du collège, mais à condition que tous les Pères hor " ^ de Goa auraient pour Supérieur le P. Paul Camerino, et H: " nous fit savoir que nous devions reconnaître le P. Paul à c ' ^*' titre, jusqu'à ce que Votre Révérence eût envoyé un profè-'î!^^'^ pour nous régir, ou qu'il en eût lui-même autrement ordoniu^^ -"^'
Mais une difficulté a surgi. Vous avez décidé que Maîti '^
François serait ici votre Vicaire et que, en son absenre, ^Wf Recteur de Goa aurait ses droits. Maître François étant part i nous laissant le P. Paul pour Supérieur, on a demandé si, o-wj/ ou non, le P. Gomez, en vertu de votre disposition, adroit
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meilleur que n'a le P. Paul, en vertu de la disposition de Maître François. Il semble que, selon In lettre, le droit du P. (iomez est meilleur, et lui le soutient ; mais les autres di- .sent que votre penst'e n'est point d'annuler les dc^cisions de Maftre François.
Croyez que les Pères ne veulent pas aller contre l'obéissance, mais pourvoir au bien de la Compaç^nie. Pour Tamour dé Dieu, donnez-nous la solution. Le I^. Gomez est bon homme et assez bon prédicateur ; mais, de l'avis unanime des Pères, il n'est pas du tout fait pour gouverner.
Ces misères et d'autres, François les avait appréhendées, à rheure du départ ; de là, entr'autres précautions destinées à en diminuer la g^ravité et les fâcheux résultats, le Mémorial qu'il laissa à Paul Camerino :
Premièrement, par-dessus toutes choses, je vous recommande, pour Tamour de Dieu Notre-Seigneur et pour l'amour que vous portez au P. Ignace et à tous ceux de la Compagnie de Jésus, de vous conduire avec beaucoup d'humilité, de prudence, de sagesse, et de vivre en amour et charité avec Antonio Gomez et tous les autres qui sont épars sur divers points de l'Inde.
J'ai tant de confiance en tous ceux de la C-ompagnie de Jésus, à cause même de ce que je leur dois ipor o que défies tenho recehido)j qu'ils n'ont pas, ce me semble, besoin de supérieur; mais, pour (|ue le mérite soit plus a:rand et la vie mieux ordonnée, il est bon que chacun ait son supérieur à qui il obéisse. — Ainsi donc, me fiant à votre humilité, pnidence et sagesse, je trouve à propos (tenho por bem) que vous soyez et demeuriez supérieiir de tous les Frères, jusqu'à ce que le contraire vous soit signifié : à vous obéiront tous ceux même qui vivent hors de Goa.
Antonio Gomez aura charge de tous les écoliers, soit d^^;:: pays, soit Portugais; — il recouvrera les rentes de la Maisor^^^ pourvoira aux dépenses et en tiendra les comptes : pour cec y vous n'aurez rien à voir avec lui (en isto nao tendreis qi^^^ entender corn elle); et de même pour les expulsions d*écc^ liers, Portugais ou du pays : en tout cela, je veux (deixo) qu'il fasse ce qui lui semblera meilleur. Ainsi donc, vous ne vous occuperez, avec lui, d'aucune de ces choses; vous ne lui commanderez rien, à titre de supérieur (por obediencia) : si vous demandez, ce sera pour l'amour de Dieu. J'en dis et conseille autant, pour ce qui touche aux pénitences qu'il îinpos<^ rait aux Portugais et à ceux du pays ; aux règlements de \ie des internes; à la distribution des charges et offices : vous le laisserez faire à son gré, sans le contredire en rien; et, une fois de plus, je vous en prie, je vous le commande, autant que je le puis, en vertu de l'obéissance que vous avez promise (dada) au P. Ignace, qu'il n'y ait, entre vous et Antonio (iomez, ni discordes, ni brouilleries (desaoenças)^ mais, au contraire, beaucoup d'amour et de charité, sans doimer, ni à ceux de la maison, ni à ceux du dehors, aucune occasion de murmure.
Quand les Frères, qui vont par le cap de Comorin, vous écriront d'affaires intéressant les chrétiens, qui nécessitent l'appui du seigneur Gouverneur ou du seigneur Evèque; el aussi, quand des lettres pareilles vous viendront du' Père Nicolas, qui est à Coulao, du P. Cyprien qui est à San-Thomé, (lu P. Belchior Gonçalez qui est à Baçaïm, du Père François Perez qui est à Malaca, du P. Jean de Beira et des autres qui sont à Maluco et ailleurs; — toutes ces affaires des Frères du dehors, ayant importance grave, pour lesquelles ils écriront à Goa, qu'elles soient temporelles ou spirituelles, les temporelles toutefois se ramenant à un intérêt spirituel, — ayez grand soin qu'elles soient expédiées, et donnez à Antx>hio (iomez charge de le faire très diligemment.
Quand vous écrirez aux Frères qui vont souffrant dehors bien des tribulations, dites-leur des choses pleines d'amour et de charité; is^ardez-vous de leur écrire des choses peu affectueuses ( causas de desamor)^ des clioses d'où puisse leur venir tentation.
Pourvoyez-les des objets nécessaires qu'ils feront demander : songez qu'ils ont tant à souffrir, au service de Dieu, principalement ceux qui sont à Maluco et au cap de Comorin : ceux-là vraiment portent la Croix : aidez-les donc, au spirituel, et aussi au temporel ramené au spirituel. Cela, je vous le recommande beaucoup, de la part de Dieu; je vous commande, au nom du P. Is^nace, d'avoir s^rand soin d'aider ceux qui sont dehors.
Mon frère, je vous prie instamment de croître toujours en vertu; donnez bon exemple, comme toujours vous avez fait. Vous m'écrirez beaucoup de nouvelles, et de vous, et de torule la maison, et de Taniour et charité d'entre vous et Antoine Gomez, et de tous ceux qui sont au cap de Comorin, et de Cyprien, qui est à San-Thomé, et des Pères qui viendront, cette année, du royaume; — s'ils sont prédicateurs, s'ils sont prêtres ou laïques, et vous m'enverrez toutes ces nouvelles, bien complètes (mai cnmpridnniente) par le vaisseau qui, au mois de septembre, ira à Malaca et de Iî\ à Banda. Vous enverrez les lettres au P. François Perez, parce c|ue lui me les enverra de Malaca au Japon; et chaque fois que de Goa il partira des vaisseaux pour Malaca, vous m'écrirez beaucoup de nouvelles, et de tous les Frères de la Conipahnie, et de ce collège.
Il part, deux fois l'an, un vaisseau pour Malaca; une fois en avril, et l'autre en septembre : les deux sont vaisseaux du Roi. Celui qui part en avril va à Maluco et passe }\ Malaca. (-elui qui part en septembre va à Banda et passe à Malaca. Par ces deux voies, vous m'écrirez, tous les ans, à Malaca, et
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les lettres iront à François Perez, qui me les enverra an Japon.
Je vous en prie beaucoup, ce mien mémori.il [lembrança^ lisez-le, chaque semaine une fois, afin que vous ayez loujo^^ souvenir de moi et de me recommander à Dieu, vous, et aussi tous nos dévots et dévotes; et vous aurez soin (Jhrei$)(\w ceux de la maison me recommandent à Dieu.
A Antoine Gomez, j'ai dit que s'il venait des prédicateurs, il en envoie quelques-uns dehors, comme à Gochin, puisqu'il y a si içrande nécessité de prédicateurs ; et de même du côttde Cambaye, comme à Diu : si donc, cette année, il \ieui quelques prédicateurs, ayez soin de lui rappeler cet avis, afin que, A vous deux, vous en envoyiez là où ils seront nécessaires.
Vous charjçerez Dominique, ou un autre Portugais de la maison de m'écrire des nouvelles de tout le collès^e, et des Frères éparpillés par toute l'Inde, et du Père Maître Gaspard, qui est à Ormuz , et de tout le fruit (pii se fait en ces régions. Vous sijo^nerez la lettre, et si vous avez quelque chose de secret à me dire, écrivez-le de votre main.
Comme vous n'avez pas l'expérience de ce qui se fait hors de cette ville, comme au cap de Comorin, à Coulao, à Maluco, à Malaca, à Ormuz, vous n'écrirez à aucun de ceux qui vont là d'en revenir, parce <|ue vous ne savez pas le fruit qu'ils y font, et combien on aurait à souffrir de leur absence, s'ils venaient : j'écris donc à ceux (pii ont autorité au cap de Comorin, comme est le Père Antoine, de ne laisser venir dans l'Inde aucun de ceux qu'on y appellerait, à moins que lui-même. Père Antoine, ne juft^eAt (pu^ le sujet n'est pas nécessaire, et ([u'onjn'a pas besoin de lui; — et j'écris au Père Antoine et h tous les autres de nVnvoyer ici aucun des sujets (jui sont avec eux, si là ils leur sont nécessaires pour le plus q-raud service de Dieu et l'accroissement de notre sainte Foi. N'adressez
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donc à aucun de ces Pères maiidemeiit d'obéissance pour le faire venir au collèsr<*.
Que si quelqu'un d'eux arrivaii à ce collège, uiaiulé pour être secouru, aidé spirituellement, aidez-le, afin qu'il ne pi'^ risse pas, si vous discernez en lui quelque amendement ou correction.
Je vous prie beaucoup, Micer Paid, mon frère, de travailler à bien observer ce mémorial.
Tout votre, François*.
François s'embarqua, peu après, pour Gochin, où il s'arrêta jusqu'au 20 avril, et, de là, il prit la voie de Malaca, où il arriva, le 3i mai. Les Pères de Goa annoncèrent ainsi ce dépari aux Pères de Coïmbre e! de Rome :
Nous n'avons pu longtemps jouir de la présence du P. Maître François ; il ne s'accorde, en effet, aucun repos, et n'a jamais le rœur plus alièçre que lorsqu'il a plus de labeur à endurer pour Jésus-Christ.
Il est parti, la semaine des Rameaux ( i^-ih avril) <le lô^ch pour le Japon, où il pensait arriver au mois d'août. Avant d<» partir, il visita les Frères dispersés le lons^ des cotes. Ouand enfin l'heure fut venue, nous eussions tous voulu le suivn»: mais la chose étant impossible, il nous promit de nous appeler, si Jésus-Christ lui ouvrait chemin i)our amener ce pays î\ la connaissance de Dieu. Il nous exhorta vivement a nourrir de Éfrandes pensées et à nous relever par resj)érance du ciel ; car « si de içrands espaces, disait-il, nous séparent aujounrhui, rien ne pourra, demain, dans la céleste Jérusalem, nous disjoindre des emhrassements de nos frères. » Tenez-v(uis donc