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CHAPITRE XIX

ou FRANÇOIS DE XAVIER RACONTE CE QUI LUI ADVINT, DEPUIS SON DÉPART DE GOA , JUSQu'a SON DÉPART DE MALACA POUR LE JAPON.

(i4 avril-24 juiu 1549.)

En sortant de Goa, François avait annoncé la mort prochaine du g'ouverneur Garcia de Saa, successeur de Juan de Castro : le Gouverneur mourut , le 6 juillet. 11 eut pour successeur Jorg-e Cabrai.

Dès que, à Malaca, François eut pu déterminer le jour de son embarquement pour le Japon, il se mit à écrire des lettres : la première, datée du 20 juin, fut adressée aux Pères de Goa, Paul Camerino, Antonio Gomez et Baltazar Gajço * :

La çràce et la paix de Nolre-SeiçiHMir Jésus-Christ soient toujours en nos âmes. Amen.

Je vous écris ce peu de lignes, parce que rien ne peut vous

I. Arrivé de Portugal, en i548, Baltazar Gage, qui vécut lonv:(einps au Japon, mourut si Goa, en i583.

44t) FRANÇOIS A MALACA (jllN 15 lU).

faire plus de plaisir (pie des nouvelles de notre vovai^e el df notre arrivée à Malaca.

Nous partîmes deOocliin, le 20 avril. Les Frayles (de Saint- François) nous y avaient donné Thospitalité avec une sfrandf charité et un très sincère amour : de quoi nous leur daroos demeurer très obligés.

Nous avons employé à la traversée jusqu*à Malaca, quarante et tant de jours {4o et tantos dias) : et moi, et Cosmf de Torres et les autres avons toujours eu bonne santé ;païi un n'a été malade. Nous avons eu un très beau temps : pas d'orage qui nous ait fatigués; pas d'Achems, qui aient essayé d'arrêter notre marche. Dieu Notre-Seigneur soit à jamais loué.

Nous arrivâmes à cette ville de Malaca, le dernier jour de mai. Et le Capitan, et toute la ville, grands et petits, me reçu^ rent avec grande joie et contentement. Je parlai bientôt an (4apitan, du secours (jue nous attendions de lui pour aller au Japon. Il s'offrit aussittU à nous aider et se mit à l'œuvreaveo une diligence et une affection singulières, qui nous obligen I tous à une grande reconnaissance : tel est son amour pour nous et pour tous ceux de la Compagnie, qu'il voulait mettre* un équipage de Portugais sur le vaisseau qui nous mènerait au Japon ; mais il ne se trouva pas de vaisseau qui pût aller cti ce pays. Il fit donc appareiller la jonque d'un Chinois, appelt^ Ladrâo (larron, pirate), païen marié à Malaca, qui s'obligea à nous conduire au Jai)on. Le Capitan exigea de lui un acte de cautionnement, où il était dit que si Ladrâo ne nous menîûl pas au Japon, il perdrait sa femme el tous les biens qu'il avait k Malaca.

Le Capitan nous pourvut abondamment de tout le nécessaire et nous donna, pour être offerts en présent au Roi du Japon, divers objets, d'une valeur totale de 200 cnizados. Ladrâo doit nous mener au Japon directement, sans passer

FHANœiS A MALACA (JUIN 1549). 447

eu Chine. Plaise à Dieu Notre-Seig^iieur nous donner bon voyage, et nous faire atteindre les terres du Japon, afin que ces peuples connaissent et glorifient son saint Nom.

Afonso a dit messe chantée fort solennellement, avec diacre et sous-diacre, le jour de la Trinité. On vint le chercher, en procession, à la Miséricorde et on l'y ramena de même : il eut pour parrains le Père Vicaire et le Père François Pen*z. Le Père Cosme Torres fit l'office de diacre et moi je prêchai, ce même jour. Le peuple a été fort content de toute la fête : on n'avait encore jamais vu, à Malaca, solennité de première Messe.

Donnez-moi longuement des nouvelles de vous et de tout ce que vous faites à Goa; — bien des nouvelles, en particulier, du collège, et de tous les Pères et Frères qui s'y trouvent, et dii fruit qui s'y fait, car j'aurai grande joie à les lire; parlez-moi aussi des Frères qui viendront de Portugal ; dites-moi combien ils sont, tant de prêtres, tant de laïques ; s'il y a quelques prédicateurs et qui ils sont; le tout fort longuement, en deux ou trois feuilles de papier. Et tous les Pères et Frères eux aussi, m'écriront, chacun pour soi, longuement, de leur santé, de leurs offices, de leurs joies, de leurs Ames. Dites-leur de le faire : ma présente est pour chacun d'eux.

Faites aussi <pie Diego de Mozambique, au nom de tous les écoliers du pays, m'écrive 1res lon;>:uement ; s'ils sont sages (quietos) et contents; cimunent ils serv<*nt Dieu Notre-Seigneur.

Toutes ces lettres, les vôtres, celles des Frèrt»s, vous h's enverrez à Malaca, adressées au Père François Perez, connue je vous l'ai déjà dit, et lui me les fera passer au Japon.

Je me recommande beaucoup à vos prièn»s <»t à celles des Pères et Frères : dites-leur bien de prier pour moi. (^)ue l'on prie aussi pour le Capitan de Malaca, à (pii nous avims tous grande obligation, et nc^us ne pouvons reconnaître l'amour

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qu'il nous témoigne et la peine qu'il prend, si ce iresl par un retour d'amour et en le recommandant à Dieu Noire- Seigneur.

Les lettres qui viendront pour moi de Portugal, soil du collège de Coïmbre, soit du Père Maître Simon, soit des Pères de Rome, soit d'autres Frères de la Compagnie, toutes, tous les enverrez à Malaca, et les lettres du Roi aussi, avec les autres, par le vaisseau qui va de Goa à Banda, en passant par "" Malaca; et si, au temps de ce départ, les lettres venant de Portugal n'étaient pas encore arrivées, vous les enverrez, aiL mois d'avril, par le vaisseau qui va à Maluco.

V^ous écrirez aux Frères de Maluco toutes les nouvelles» bien longuement, — et, de la même façon, vous m'écrirez^ en particulier, de tous ceux qui sont au cap de Comorin, à Coulao, à San-Thomé, à Ornmz, à Baçaïm, à Goa; et ainsi, grâce à vos lettres, je saurai tout ce qui se passe et le fruit qui se fait, comme si je le voyais de mes yeux. Ecrivez-moi donc très longuement ; et notez bien que c'est en vertu de Ih sainte obéissance, que je vous commande de faire ainsi; savoir, que tous les Portugais qui sont dans ce saint collège de Saintf- Foi m'écrivent, chacun pour soi.

Les lettres du Roi, qui viendraient par la première voie à^ Portugal, vous les ouvrirez et ne 'me les enverrez qu'apr^^ les avoirs lues. Il y sera peut-être question de la reine Doi^^ Isabel, mère du roi de Maluco , qui se fit chrétienne, au temp^ où j'étais à Maluco, et au sujet de laquelle j'écrivis à Son A'^ tesse. Si le Roi m'adressait quelque dépèche pour être remiî^ à Dofia Isabel, faites-là parvenir, d'une manière sûre, aii>^' Frères qui sont à Maluco, par le vaisseau qui se rend là, au jnois d'avril. Que si, dans ces lettres du Roi, il n'y a rien pour Dona Isabel, vous verrez le seigneur Gouverneur et le prierez de vous faire la grâce de bien regarder si, parmi les dépèches à lui venues, il ne se trouverait pas une lettre ou

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provision, à l'adresse de Dofia Isabel, par laquelle le Koi lui ferait merced de certains domaines, pour son entretien. — Celle affaire, je la recommande très particulièrement, et à vous, et à Antonio (iomez.

II y a, à Maluco, un homme, appelé Baltazar Velozo, beaufrère du roi de Maluco, de qui il a épousé une sœur. Il est très ami de la Compagnie, et donne çrand secours à ceux de nos Pères qui sont là occupés à faire des chrétiens. J'ai fait demander pour lui au Roi certaines merceries : si, dans les lettres du Roi, à moi adressées, se tnmvait une dépèche pour lui, faites-la lui parvenir avec les lettres que vous expédierez aux Frères de Maluco. Si la dépêche ne se trouve pas dans mes lettres, voyez le seig'neur Gouverneur, et priez-le de vous faire la çrâce de reg'arder si, entre les dépêches que le Roi mande à Sa Seigneurie, il n'y aurait pas quelque lettre adressée à un homme de Maluco, nommé Baltazar Velozo; et si la merced royale est en eflFet venue, recevez-la du seigneur Gouverneur et envoyez-la à Maluco, avec les lettres que vous adresserez aux Frères, — et joignez-y une lettre, par laquelle vous remercierez beaucoup Ballazar Velozo d'être si ami de la Compagnie. Ceci, faites-le très diligemment.

Antonio Gomez, je vous recommande fort la charité, Tamiiié, Pamour avec tous les bienheureux Frères de l'Ordre de Saint-François et de Saint-Dominique (lieniaventurados Frades)] à tous vous serez très dévot {mnito devoto). Gardez-vous d'avoir avec eux rien qui malédilie. J'espère cpie vous accomplirez toujours ce devoir et garderez, pour cela, en vos âmes beaucoup d'humilité [hahitando em vosoutros muita hunuldade). Ue temps en temps, vous les visiterez, afin qu'ils n*connaissent en vous que v(ms les aimez, et que le peuple, si ami (amodor) des discordes, voie la charité (pic», chez vous, il y a à l'égard de tous.

Je vous recommande, par dessus toutes choses, de vous

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faire aimer de tous : à quoi servira que Ton obsene que chacun de vous est très humble, et qu'il rèçne entre vous une grande charité. Cela, je vous le recommande, de toutes mes forces.

Que celui qui a charité des autres, dans la maison, travaille plus à se faire aimer des Frères, qu'à s'en faire obéir.

Tous, tenez-vous [)rêts, car si je vois qu'il se peut faire, au Japon, plus de bien que dans l'Inde, je vous l'écrirai vite à tous ; et à beaucoup d'entre vous j'écrirai (et ce ser.i ma première lettre) qu'ils viennent là où je serai.

Du seiçneur Lvéque vous serez toujours très grands amis (muito grandes amiffos), et en tout ce que vous pourrez vous le soulagerez, prenant part à ses travaux ; et vous aurez toujours pour lui souverain respect et révérence, puiqu'il est le prélat de toute cette Église de l'Inde, à qui tous nous devons obéir, dans la pleine mesure de nos forces {em quanlo nossas forças abrangerem.)

Si quelques prédicateurs et Frères de la Compagnie arrivent, cette année, vous tâcherez d'envover un des prédicateurs à Cochin; et s'il en venait plus d'un, envoyez-en uni Baçaïm, dût la maison de Goa n'avoir pas d'autre prédicateur que Antonio Goniez; et ainsi vous ferez, Antonio Gomez; je vous le commande au nom de la sainte obéisance; car c'est cela même que j'écris au seigneur Evéque.

Les obligations du Roi à l'égard de ses sujets, la grande obligation que nous avons au Koi et aux Portugais de l'Inde, pour le grand amour qu'ils nous portent, tout cel:i nous presse fortement de veiller au salut de leurs âmes, bien que la charité suffise* à nous cmi faire un devoir, et nous excite à le remplir.

Dieu Notre-Seigneur, par son intinie miséricorde, nous donne de sentir dans l'intime de nos âmes sa très sainte volonté, et aussi la force de l'accomplir parfaitement, comme, à

FRANÇOIS A MALACA (JLLN L)49). 151

- Weure de notre mort, nous nous réjouirons de Tavoir acconi-

De Maiaca, jour du Corpus Christ i, 20 juin de l'an i549.

De Cochin, je vous écrivis de la «grande nécessité d'avoir,

à Coulao, une maison pour les Frères de notre compajçnie

Cjui vont au cap de Comorin, et pour l'instruction des fils de

chétiens de ce même cap. Aiçissez fortement, vous, Antonio

Gomez auprès du seig-neur Gouverneur, et, d'abord, avec le

Vedor de Facenda, pour (jue celui-ci aide le Père Nicolas

à bâtir cette maison de Coulao, puisqu*il est nécessaire que

nos' frères du cap de Comorin aient où se retirer ({uand ils

seront malades.

BaUazar Ga^o, vous aurez, vous, soin spécial de m'écrire des nouvelles des Frères du collèyre de Coïmbre, des Pères de Rome, des Frères qui viendront, l'année prochaine ; nouvelles encore du Patriarche, s'il arrive pour se rendre auprès du Prêtre Jean, ou s'il écrit qu'il viendra; nouvelles aussi du Pèr« Maître Simon, de tous les Frères de l'Inde et de vous. Et pour que vous ayez plus de mérite, et que vous ne néy:ligiez pas de faire une chose que je vous recommande si fort, je vous en donne l'ordre, en vertu de la sainte obéissance. Puis, ayez soin de vous tenir prêt, pour le moment où je vous ferai appeler : ce sera plus \M qu(* vous ne pensez.

Vous m'informerez du fruit que font les Kévérends Pères de l'Ordre de Saint-Franroiset de TOnlrede Saint-Dominique; et s'il vient, cette année, de Porlut^al cpielques Frayles, qui soient prédicateurs ; vous me donnerez aussi des nouvelles de notre ami Cosme Anes et de toute sa maison.

Lorsque, du cap de Comorin, les Pères écriront (|ue les chrétiens ont besoin de qut*I<|ue faveni*, ou dénonceront quehpies vexations du Capitaii dt» cette réa^ion, vous, Antonio (lomez, aurez soin spécial d'en donner avis à Uni/ Cîonçalez, puis- ([u'il est h* père iM pnuMirt'ur de n»s < hrétiens, afin que

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sa justice vous appuie aupri^s du seigneur (.iouv«?rneur.

Vous tous, de la maison de Goa, ayez soin spécial de nous recommander à Dieu, nous, Père Cosme de Torres, Joau Fernandez, le Japonais Paul el ses compagnons, le Chinois Manoel, Amador et moi, puisque nous en avons (ani besoin, dans le périlleux et fatigant voyage que nous en l reprenons.

Ici, on nous a donné grandes nouvelles du Japon, et de la facilité qu'il y aura, vu la disposition des esprits, d y faire des chrétiens. On nous a écrit encore que des hommes ve* nant du Japon disaient : Les Japonais désirent que les Pères leur soient envoyés pour leur exposer les choses de Dieu (rf^ r/arar as causas de IJeos).

Qu'il Lui plaise nous donner bon voyage. Nous allons, plein* de cette confiance en sa miséricorde que, si nos péchés ne mettent pas obstacle au grand fruit qu'avec son aide nous pouvons faire, Lui nous départira largement sa grâce.

Depuis mon arrivée à Malaca, je demeure tout émerveillé, tout saisi (marauilhado e espantado)y à la vue du grand fruit que le Père François Perez fait en ce pays. Tous leti dimanches et jours de fête, il prêche, à la Séj aux Portugais, aux hommes et femmes esclaves, aux gens du pays, captifs ou libres. Une fois la semaine, il prêche, à Notre-Dame, sur le*» articles de la Foi, aux femmes des Portugais et autres mariées du pays. Chaque jour, à la messe, il enseigne la doctrine chrétienne aux enfants; et, non content de cela, il travaille à confesser, le plus qu'il peut; de sorte que, dans la vigne du Seigneur, il n'est certainement pas ouvrier oisif ou négligent : c'est \\n travailleur; le temps lui manque pour dormir el manger {para dormir t* conter , tempo Ihe nao vaga) : Elle ne l'atteindra pas, ce me semble, la parole de Noire-Seigneur: Quid stafis hic tota die otiosi? On le trouve, en effet, toujours occupé à fouir (cavar) dans les âmes, pour en tirer le péché (pour les tirer du péché) et y établir le service de Dien

FRAxrx)is A malaca (juiN 1549). 453

Notre-Seigneur. II v a un tel concours à ses prédications, que la Se ne suffit déjà plus aux auditeurs. C'est un homme aimable (aprazivel) : il plaît à tout le monde; il est bien vu de tous; du Capitan comme de la ville entière, — et c'est pour le voir si zélé au service des âmes et de Dieu Notre-Seisrneur, que tous le chérissent. Pour moi, je me suis senti confus, en considérant le bien si grand, qu'avec l'aide de Dieu Xotre- Seigneur, faisait en ce pays un homme d'une santé misérable {mal disposto) et continuellement souffrant. Tout le peuple 3*édifie, à son sujet, et profite si bien de ses leçons que six Pères, occupés sans relâche à entendre les confessions, auraient fort à faire, si nombreux accourent les pénitents. J'ajoute que le Père François rempUt encore, là où il célèbre la messe, tous les offices d'un chapelain. Après cela, je ne sais que dire, si ce n'est que tous, et principalement ceux qui se portent bien, ont sujet de s'humilier en voyant les malades travailler ainsi et opérer un tel bien dans les âmes.

Roch de Oliveira enseigne à lire et écrire aux enfants, et il ne fait pas, dans le pays, un moindre bien, si grande est la peine qu'il prend à les intruire. Il a grand nombre de ces ja^arçons (moços) : aux uns il enseigne la lecture et l'écriture; aux autres la grammaire. Partie d'entr'eux ne viennent déjà plus à l'école, pour être assez avancés et avoir «ippris tout ce qu'ils désiraient, savoir est, à lire et à prier.

Ces enfants sont tels, ({u'on ne peut que rendre grà' es à Dieu Notre-Seigneur, en les voyant, modestes comme des religieux. De leur bouche on n'entend s'échapper aucun juron, pour petit qu'il soit. Entr'aulres nombreux et très pieux exercices, que Roch de Oliveira a pu établir, il a obtenu que ses écoliers assistassent, en procession, comme les Frayles, aux enterrements. Ils y chantent très dévolement les litanies pour les défunts, et c'est sur leurs épaules que h* corps est porté au cimetière.

ir)t FHANCOIS A MALACA (JUIN 1549).

Tous savent les prières; ils entendent la messe, chaque matin, et puis se rendent à l'école. Dans l'après-midi, quand le Père François Ferez a achevé d'enseigner la doctrine chrétienne, ils retournent à l'école, où, la leçon finie, tous, à haute voix, récitent les prières.

Le contentement que ces choses me donnent est incroyable {incomparav?/) : priez tous Dieu de les conserver et de les promouvoir pour son saint service.

— Avis ilembrnnça)^ au sujet de deux compajsrnons qu'il faudra envoyer, en i55o, au mois de septembre, par le vawseau qui se rend de Goa à Banda :

Iront î\ Malaca, un prêtre et un laïque; le prêtre, i^paWe et suffisant pour confesser; le laïque, sachant très bien lire et écrire.

Le Père François Perez est, en effet, très occupé : il prêche, les dimanches et fêtes, deux fois : une aux Portugais, et l'autre, après dîner, aux esclaves, chrétiens libres et fils des Portugais, et cela, avec un tel concours de gens, qu'il y a sujet de rendre grâces à Dieu. Il fait, un jour sur semaine, une instruc^ tion aux femmes des Portugais, et, tous les jours, il enseigne la doctrine chrétienne, qu'une foule de gens vont écouter. A cause de ces nombreux travaux, le Père François Perez ne peut s'appliquer aux confessions; ce qui pourtant est très nécessaire, vu la multitude de personnes qui, de toutes parts, abondent A Malaca, plus qu'à aucune autre forteresse de l'Inde.

Si, cette année r.o49, quelques Pères venaient de Portugal, vous pourriez, à la mousson d'avril de f55o, envoyer à Malaca le prêtre confesseur; n'attendez pas, pour cela, la mousson de septembre.

S'il y avait, *k la maison, un compagnon laïque qui sache

FR.VM.OIS A MALUlA Jï'lN ir>4î* . J.VV

très bien lire et écrire. p«uir enseisrner e! faire i*e qii'eiiseiirne et fait RiK-li de Oliveira, jt» sentis bien renient qu'on renvoyât, avec un Père, à la niouss4^ii lie septembre, parce que j'ordonne ici que Roch de Oliveira et Jean Bravo sVn aillent dans rinde. à la mousson de novembre, quand les vaisseaux partent de Malaca pour l'Inde. R>ch de Oliveira va recevoir les saints Ordres, pour retourner bientôt à Malaca. à la mousson d'a\TÎl : Jean Bravo demeurera à fioa pour y enseigner la srrammaire.

A la mouss<in d'avril ou à celle de septembre, à l'une ou à l'autre, vous enverrez donc le Père et le compagnon laïque, ayant les qualités requises, de la façon que j'ai marquée ; et afin que vous n'y mettiez pas de nésrlisreiice, je vous commande, en vertu de la sainte obéissance, à vous Micer Paul et Antonio Gomez, de le faire ainsi.

J'écris au Père Nicolas d'avoir soin spécial des Frères qui sont à San-Tliomé, et au cap de Comorin et à Coulao; — et aux Frères du cap de Comorin j'écris de rendre obéissance au Père Nicolas et de s'adresser à lui. à Coulao^ à Cochin, là où il sera, pour toutes choses nécessaires, qu'elles intéressent leurs personnes ou les chrétiens. Au P. Nicolas j'écris que, pour toutes ces choses nécessaires, soit a ses frères, soit aux chrétiens, il s'adresse au collèsre de Sainte-Foi de (ioa; — et vous, Antonio» Gomez, ayez soin spécial de pourvoir les Frères, avec irrande diligence, charité et amour.

Le P. Nicolas sera sous l'obéissance du P. Micer Paul, conformément au rèsriement que je laissni avant de |)artir de Goa, et où sont désiirnées les personnes à <|ni doivent obéir ceux de la maison et ceux du dehors.

Les écoliers du pays et les écoliers portuirais obéiront à Antonio Gomez, — et les autres de la maison obéiront à Micer Paul, selon fpie j'ai laissé écrit.

Ceux qui sont à Raçaim et à Ormuz obéiront à Micer Paul,

45() FRANÇOIS A MALACA (.JUIN 1549).

romme il est déjà dit ; et n'oubliez pas de m'écrire sur toiUrt cli(»ses et bien par le menu.

De Malara, 22 juin 1049.

Votre affectionné (intimi) en Jésiis-Clirisl.

François *.

Le lendemain, 23 juin, il s'adresse à Paul Caraerino et au P. Gomez, pour leur recommander une délicate négociation de mariag'e : la reconnaissance, d'une part, et, d'autre part, le zèle, rintéressenl à cette affaire :

La /çràce et Taniour de Jésus-Christ Notre-Seîçneur nous soient toujours en aide et favorables.

Après vous avoir écrit très lon|°^uement de tout ce qui vous intéresse, il me semble à propos de tracer ces liscnes pour vous y informer de la rencontre que j'ai faite ici, à Malaca, d'un içrand ami : il s'appelle Christophe Carvalho. C'est un célibataire, homme très vertueux {chegado muito a virtudh. riche, probe, doué de bien de qualités.

Désirant le salut de tous et mû de ce zèle à son endroit, y l'ai prié, au nom de l'amitié qui nous lie, de se décider, pciur l'amour de Notre-Seiçneur, à faire choix d'un g-enre de vie où il puisse servir Dieu et avoir l'âme bien en paix, vu surtout les iî^rands périls auxquels sont exposés ceux qui n'ont pas un état de vie bien arrêté. — Et lui m'a répondu qu'il désirait beaucouf) trouver ce repos et se fixer à un g-enre de vie où ilpût servir Dieu Notre-Seigneur, et faire valoir les grâces et dons que sa Miséricorde lui a départis.

Comme nous devisions ainsi, je me suis ressouvenu des

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