‹ Saint François de XavierChapitre 72 sur 84 · I. \jnHn, ", folio /|H · texte numérisé non relu

I. \jnHn, ", folio /|H

FRANÇOIS A MALACA (JUIN 1549), 457

grandes charités et aumônes que nous avons tous reçues de notre Mère, et j'ai eu le désir que mon ami épousât sa fille ; je lui ai donc parlé de ses qualités er verhis, et lui, fori satisfait du vrai portrait que je lui faisais de cette vertueuse fille, se détermina à demander sa main et m'en donna parole. Je ne doutai pas qu'il ne la tînt; car il m'est véritable ami, et la chose est d'ailleurs pour lui très honorable, de grand profit, et telle que, réalisée, il y trouvera la paix de l'àme.

J'en ai donc écrit à notre Mère ; mais comme il me semble que votre concours y sera très nécessaire, je vous prie et supplie de vous souvenir de ce que nous devons tous de retour à la grande bienveillance et charité de notre Mère. — D'accord avec le Vedor de fazendn^ prenez donc cette «affaire en main, et de telle sorte, que l'honorable veuve soit dégagée de sa sollicitude, et sa tille bien mariée.

Christophe Carvalho, mon ami, se rend à Goa ; vous le verrez et saurez de lui la parole qu'il me donna et ses dispositions présentes. Quant au Vedor de fnzenda, vous lui exposerez le grand service qu'il rendrait a Notre-Seigneur en cette affaire, l'honneur et le contentement qui lui reviendront d'avoir ainsi protégé l'orpheline et consolé la veuve; et j'espère de Dieu Notre-Seigneur que la chose se conclura, le Vedor étant si homme de bien et d'honneur.

Vous savez que le Roi notre Maître, par une sienne Alvara^ a fait merred à notre Mère de l'office demeuré vacant par la mort de Diogo Froes (qu'il ait la sainte gloire!), au profit de celui qui épouserait sa fille; mais comme CJiristophe Carvalho est, d'une part, en position de prétendre à une riche alliance et, d'autre [)art, n'entend pas exercer d'officr, je vous recommande et vous pri«» , [lour l'amour de Dieu Notre-Seigneur, et en considération des grandes et nombreuses obligations que nous avons î'i notre Mèn*, qu«» vous deux, joints avec le Vedor de fnzendn, obteniez du seitriK-nr (m»ii«

458 FRANÇOIS A MALAGA (jUlN 1549).

verneur, en faveur de Christophe Carvalho, l'autorisation de vendre ledit office ; la merced du seiçneur Roi étant, à son sentiment, dot suffisante.

Je m'en tiens là, sans plus de recommandations ou d'insistance, parce que je sais quel soin vous aurez de mener cette affaire à bonne fin : d'incessants bienfaits, vous le voyez, nous y obligent de nouveau, chaque jour.

Vous ferez donc en sorte, je vous prie, que le mariage se conclue; j'aurai grand plaisir, le^rande joie, à voir cette bonne fille, cette orpheline, en assurance, et le repos de notre Mère garanti. Connaissant, comme je le connais, mon ami Christophe Carvalho, je sais qu'auprès de lui notre Mère trouvera appui et consolation, et c'est pour cela que je reviens à vous recommander l'affaire. J'ai la parole de Christophe Carvalho •. après avoir compris que Dieu Xotre-Seig'neur lui faisait en ceci une grande grâce, il m'a promis d'en profiter; je lui a\ rappelé sa détermination si bonne ; j'en ai écrit à notre Mère; ce qui n'empêche pas que, sous peine de ne pas aboutir, l'affaire ne doive être activement poussée par quelqu'un qui y prenne un vif intérêt. De là mon insistance auprès de vous, à cette fin.

Xotre-Seigneur nous réunisse dans sa sainte gloire; car, en cette vie, je ne sais quand nous nous reverrons.

De Malaca, vigile de saint «vlean (23 juin) i549.

Votre frère en Jésus-Christ,

François ' .

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