‹ Saint François de XavierChapitre 75 sur 84 · FRANÇOIS A MALAGA (JUIN · texte numérisé non relu

FRANÇOIS A MALAGA (JUIN

sième Semaine; commençant ces méditations, le lundi, et les continuant, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi.

La semaine suivante, vous ferez les exercices de la quatrième Semaine, méditant, le matin, demi-heure ou une heure, sur chaque Mystère {contemplation) de la quatrième Semaine, dans Tordre marqué au livre des Exercices; — de sorte que, chaque mois, vous méditerez toute la vie de Jésus-Christ Notre- Seiçneur; et après avoir, une fois, achevé de la méditer, en un mois, vous vous remettrez à la méditer, une autre fois, comme le mois précédent et dans le même ordre.

A la fin de chacun de ces exercices, vous renouvellerez, vous ferez de nouveau les vœux que vous avez déjà faits, principalement les vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté; de sorte que, chaque jour, vous renouvellerez et ferez de nouveau ces vœux que vous avez faits; parce que, les faisant tous les jours, vous ne serez pas autant combattu de l'Ennemi et de la chair, pour les violer, comme vous le seriez, si vous ne les renouveliez pas et confirmiez pas de nouveau : vous aurez donc soin spécial de renouveler et faire de nouveau ces dits vœux de chasteté d'obéissance, etc.

Après avoir dfné et fait la sieste, vous emploierez demi-heure ou une heure à méditer, à répéter la même contemplation que vous avez faite le matin, renouvelant, comme le matin, les vœux de chasteté, obéissance et pauvreté; de sorte que, tous les jours, vous méditerez, une heure, sur la vie de Jésus- Christ Notre-Seigneur; demi-heure le matin, en vous levant, et demi-heure après la sieste, tandis que le Père François Ferez fait la doctrine.

Le soir, après souper, avant de vous coucher et dormir, vous retirant quelque part, vous examinerez votre conscience, observant ce qui s'est passé en vous, ce jour-là, et en quoi vous auriez, par pensées, paroles ou œuvres, offensé Dieu

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Notre-Seigneur. Vous ferez cet examen de conscience très diligemment, comme si vous aviez à vous confesser des fautes de ce jour, et, de toutes ces fautes, vous demanderez pardon à Dieu Notre-Seigneur, promettant d'amender votre lie. A la fin, vous direz Pater noster et Ave Maria, et, cela fait, vous vous coucherez, occupé à penser comment vous avez à vous amender, le jour suivant.

Quand, le matin, vous vous réveillerez, tout en vous habillant et vous lavant, vous ramènerez à votre mémoire les manquements, fautes et péchés que vous commîtes, le jour précédent, et vous demanderez à Notrc-Seigner Jésus-Christ la grâce de ne pas tomber, le jour présent, en ces fautes et péchés où vous tombâtes la veille. Après quoi, mettez-vous à faire la méditation, de la façon et selon Tordre que j'ai marqué.

Cela, vous le ferez tous les jours; et quand, étant en bonne santé, n'ayant pas d'empêchement, vous aurez omis de le faire, vous vous le reprocherez, en conscience, puisque vous aurez omis ce que le Père vous avait tant commandé et recommandé, et vous direz votre faute.

Travaillez à vous vaincre en toutes choses, refusant à vos convoitises ce qu'elles demandent, et acceptant, embrassant ce qu'elles fuient et abhorrent. Combattez par dessus tout la convoitise de la vaine jçloire, jusqu'à ce que vous en soyez venu à souffrir patiemment l'humiliation, à l'accepter volontiers, à vous en réjouir. Sans cela, vous ne seriez bon ni à vous-même ni aux autres, vous ne pourriez plaire à Dieu, vous ne persévéreriez pas dans la Compagnie de Jésus.

Vous travaillerez fort à obéir à celui avec qui vous serez, en tout ce qu'il vous commandera, sans aller contre, en aucune chose, de quelque sorte qu'elle soit; mais, en tout, lui obéir, comme si le Père Ignace vous commandait.

Toutes vos tentations, de quelque espèce qu'elles soient, vous les découvrirez au Père avec qui vous êtes, afin qu'il

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VOUS y aide, et vous donne remède pour vous en délivrer. A découvrir ainsi les tentations de TEnnenii aux personnes qui peuvent y apporter remède, Thomme mérite beaucoup, et l'Ennemi, voyant que ses tentations vont se dévoilant et que ses damnées intentions et prétentions ne s'accomplissent pas, demeure vaincu, et il perd ses forces pour vous tenter encore.

Votre ami de cœur (d\îme),

Avant de partir pour le Japon, François, de Malaca, avait écrit à Tévêque de Goa : Fray Juan de Albuquerque lui-même nous l'apprend, dans une de ses lettres à Gaspard Barzée, datée du 25 mars i55o. Cette lettre ne permet pas de douter que le Saint, durant les dix années de son apostolat dans l'Inde, n'ait entretenu une correspondance très suivie avec le pieux Prélat- La lettre révèle, de plus, les richesses du cœur de cet homme de Dieu et l'étendue de la reconnaissance que lui doit la Compag'nie de Jésus :

Trois lettres me sont arrivées : deux de votre charité, une desquelles est pour moi, et Tautre pour le Père Antonio (îomez. La troisième est du Capitan, pour ce même Père.

J'ai lu les trois, car il y a tant d'amour et telle union de bonnes œuvres entre moi et les Pères de la Compagnie de Jésus, qu'eux voient mes lettres et moi les leurs. Ainsi, quand le Père maître François partit de Malaca pour le Japon, il m'écrivit deux très longues lettres où il me rend minutieusement compte de tout ce qui s'y fait de bien et de mal, jusqu'au jour de son embarquement; me priant vivement de

1 Ajada, Ç, folio 87.

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