Ajuda, ms. Lettres des ludes
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qualités et pas autant que j'en désire pour avoir la charçe des Frères de Tlnde et du collèg-e : s'il allait prêcher par lesfort^ resses de Tlnde, là, Antonio Gomez rendrait beaucoup de service à Dieu.
Pour Tamour de Notre-Seigneur, envoyez-moi donc quflques Pères prédicateurs, car il y a grande nécessité d'iustniction chrétienne dans ces forteresses de Tlnde, et nous, avons tant d'obligation au Roi et aux Portugais de ces contrées, nous ne pouvons leur payer notre grande dette qu'en veillant aux intérêts de leurs âmes : le Roi, en particulier, a de grands devoirs : c'est nous acquitter envers lui que de travailler, ici, à la décharge de sa conscience.
Ceux que vous enverrez dans ces contrées, qu*ils soien! ou non prédicateurs, veillez, pourTamour de Notre-Seigneur, à ce qu'ils soient personnes d'une vie et de vertu déjà bien éprouvées, parce que les rencontres, les occasions de mal y sonl très nombreuses; et les prédicateurs que vous nous manderez ne fussent-ils pas hommes de grande doctrine, il faut, pour Tamour de Notre-Seigneur, qu'ils soient hommes de grande vie {homes de grande vida), car, dans ces pays-ci, on regarde peu à la doctrine {as le iras) et beaucoup à la vie.
J'ai trouvé, à Malaca, que le Père François Perez avait fait beaucoup de fruit, et il en fait chaque jour : de quoi je demeure très consolé. Les prédicateurs que vous enverrez dans ces contrées, j'aimerais qu'ils fussent, vie et doctrine, pareils à François Perez. Plaise à la miséricorde de Notre- Seigneur pourv^oir ce pays de l'Inde des ouvriers nécessaires : faute d'ouvriers, la vigne n'est pas cultivée et les raisins en sont aigres [da nvas asedas).
Mon frère, très cher Maître Simon, ne manquez pas de m'écrire {vous avez à m écrire) beaucoup de nouvelles, et de vous, et de toute la Compagnie, et, bien par le menu, des nouvelles de votre collège de Coïmbre.
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•Le jour de Saint-Jean, je m'embarque pour le Japon. De là, je vous écrirai longuement des dispositions du pays, et du fruit qui s'y pourra faire. Ce ne sera pas merveille, si vous désirez vivre au Japon, plutôt qu'au sein du brouhaha {tumulto) de la cour : en vérité, je crois que vous en êtes dégoûté (jeufadado).
Dieu Notre-Seigneur nous réunisse, là où il lui plaira davantage, et si ce ne doit pas être en la vie présente, que ce soit en la gloire du paradis. Amen.
De Malaca, 23 juin 1649. ^^
Du 20 au 22 juin, François écrivit ce qui suit aux Pères de Maluco :
A suite de Tadresse :
Si le P. Jean de Beira était mort, le P. Afonso de Castro ouvrira cette lettre et la lira devant tous. — François. — (De Malaca) :
La grâce et Taraour de Jésus-Christ Notre-Seigneur nous soient toujours en aide et favorables. Amen.
Les Pères qui viennent li\ vous donneront nouvelles de tous les Frères qui sont dans l'Inde, et de ceux qui sont en Portugal, et du fruit que font ceux de l'Inde et ceux de Portugal : je ne vous en dirai pas plus long.
De moi, je vous fais savoir que je vais au Japon, ayant eu information de la bonne disposition qu'il y a dans ces contrées pour la propagation de notre sainte Foi. Nous allons trois Portuy^ais, en compagnie de trois Japonais, braves gens [boms homes) et bons chrétiens.
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Tous Iroip se sont faits chrétiens à Goa; ils ont appris à lire et à écrire au collège de Sainte-Foi. Ils ont, tous trois, fait les Exercices spirituels ; chacun y a été un mois, dans ces Exercices, et en a retiré grand profit. Ils vont pleins du désir de faire chrétiens ceux de leur pays.
Les Japonais ont envoyé des ambassadeurs au Roi de Portugal, pour lui faire demander des Pères qui leur enseignent la foi des Chrétiens. Tous, nous allons, espérant grandement de Dieu Notre-Seigneur ({u'il se fera beaucoup de fruit dans ce pays. J'ai l'expérience de celui que Ton obtient dans la région où nous sommes, et si je vois que le fruit est plus grand au Japon, je vous écrirai de venir me joindre là où je serai : tenez-vous donc prêts, pour l'heure quelconque où Ton vous appellera.
Le P. Afonso est envoyé à la forteresse de Maluco, pour y prêcher, non seulement aux Portugais, mais à leurs esclaves et aux chrétiens libres du pays {cristaos forros da terra), 11 enseignera encore, chaque jour, la doctrine chrétienne, comme je faisais quand j'étais là, et il prêchera, une fois la semaine, aux femmes des Portugais, sur les articles de la Foi, les Commandements de la Loi, et la manière de se confesser et de se préparer à la réception du Très Saint-Sacrement.
Il sera bon, ce me semble, que Afonso réside, une année, ou plus encore si vous le jugez à propos, dans la ville de Ternate; parce que, là, il pourra plus facilement traiter, avec le Roi du pays, le Capitan, le Feiior des intérêts des chréliens et les favoriser, et s'y occuper, non seulement à protéger les chrétiens, mais à subvenir à vos nécessités matérielles.
Manoel de Moraes et François Gonçalez sont désignés pour venir là où vous êtes, et vivre sous votre obéissance : et eux et Afonso sont personnes qui vous donneront beaucoup de consolation et vous seront d'un grands secours.
Vous nous écrirez, avec bien des détails, du fruit qui se
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fera ; et si le fils du Roi se fait chrétien ; et si les chrétiens du More reviennent à nous ; et comment les choses se passent dans ces îles ; et de la disposition que l'on y a pour se convertir à notre sainte Foi; si, en certaines régions, comme Rio, Macassar ou à Potolle, aux Célèbes et autres contrées voisines, il y a voie ouverte pour la propagation de notre sainte Foi; nouvelles du Roi, et la faveur ou secours qu'il donne : de tout cela vous m'écrirez, par le menu, à Malaca, afin que je sache ce que j'ai à faire de vous, selon que là se produira ou ne se produira pas du fruit. Vous me direz encore s'il serait bon d'envoyer plus de Frères à Maluco.
Au Père Ignace et au Père Maître Simon vous écrirez une lettre plus étendue (inais comprida) : vous y rendrez compte, avec détail, du fruit que vous faites, tous ceux qui êtes là; et que ce soit de choses édifiantes : quant à ce qui pourrait scandaliser, gardez-vous de l'écrire. Songez que ces lettres, adressées au Père Ignace et au Père Maître Simon, bien des gens les doivent lire : qu'elles soient donc tellement écrites que personne ne s'en malédifie. Après les avoir signées et scellées, vous les expédierez au Père François Perez, à Malaca, et l'adresse intérieure sera ainsi conçue : « Pour le Père Ignace et le Père Maître Simon. »
Vous en écrirez d'autres à tous les Frères de l'Inde, pour leur exposer le fruit que vous faites, afin qu'ils en rendent tous grâces à Dieu Notre-Seigneur.
Quant aux choses don! vous auriez besoin, qu'il s'agisse de Tappui du seigneur Gouverneur, ou de soutiens de la vie corporelle, vous les demanderez, par lettre spéciale, adressée au Père Antonio Gomez, qui répondra à vos demandes par le vaisseau qui va à Malaca. Ces lettres , comme les autres, seront dirigées d'abord sur Malaca, d'où le Père François Perez, selon l'instruction que je lui ai remise, les enverra, soit en Portugal, soit dans l'Inde.
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A moi vous écrirez, au Japon, longuement, et si vous n'aviez pas le temps de le faire, la lettre que vous écrirez aux Frères de Tlnde, et où vous rendrez compte de tout le fruit de vos travaux, vous l'enverrez, ouverte, au Père François Ferez, pour que lui en prenne copie et m'envoie copie au Japon.
De tous les Frères vous m'enverrez nouvelles, bien particulièrement; et si quelqu'un d'eux faisait ce qu'il ne doit pas, vous userez, à son endroit, de la Provision du seigneur Évèque que je vous envoyai l'an passé : vous Texclurez de la Compagnie, et vous l'obligerez, en vertu de Tobéissancx?, sous peine d'excommunication, de comparaître devant le seigneur Évêque. Ceci doit s'entendre du cas où le sujet aurait fait chose qui mérite l'expulsion. S'il s'en trouvait un qui fût désobéissant, de sorte que, requis d'obéir, il refusât de le faire, celui-là, vous le congédierez. Signifiez à tous ma volonté à cet égard, afin qu'ils sachent que s'ils vont à rencontre, ils ne seront pas de notre Compagnie (nao han de ser de nossa Companhia),
Dieu, Notre-Seigneur, nous réunisse en sa sainte gloire, puisque, durant la vie présente, nous allons si épars (espalha^ dos), que je ne vois pas quel chemin pourrait nous rejoindre (no veio caminho como nos veamos).
Le 22, François poursuit, à l'adresse des Frères de Maluco :
De Malaca, aujourd'hui, 22 juin iS^Q.
Si vous ne pouvez vous-même écrire, de la façon que j'ai dit, pour le Père-Maître Ignace et Maître Simon, et de même pour les Frères de la Compagnie, envoyez à Afonso la minute de l'exposé du fruit que vous faites, des travaux et peines que vous avez à supporter, de la disposition des esprits dans
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le pays : avec ce document, Afonso, à Ternate, écrira les lettres. Envoyez-lui, de même, les notes relatives au besoin que vous auriez de la protection du Gouverneur, à ce qui vous manquerait pour le vêtement, la chaussure, etc. : Afonso, avec cela, rédigera les lettres : il a une belle plume, et il sait de quel style et de quelle façon les lettres se doivent écrire.
Tous les autres Frères recevront la présente comme à eux également adressée, et vous me donnerez nouvelles très-particulières, de leur santé, du fruit de leurs ministères, et de leur avancement dans la vie spirituelle.
Ici, Ton nous a dit que vous aviez été assassiné, au More : nous n'avons pas vu là nouvelle certaine. Plaise à Dieu que vous viviez de longues années, pour son saint service. Si cependant Dieu disposait de vous {faisait de vous quelque chose)y j'ordonne que tous obéissent au Père Afonso, — et ceux qui déjà sont là, et ceux qui s'y rendent avec lui.
Le Père Ribeiro et Nicolas, si Jean de Beira était mort, obéiront au Père Afonso.
Manoel de Moraes et Francisco Gonçalez, et Mansilhas, j'ordonne, en vertu de la sainte obéissance, que, Juan de Beira étant mort, ils obéissent à Afonso de Castro ; — et si Jean de Beira est vivant, ils obéiront tous audit Jean de Beira.
Francisco '.
La veille du départ, 28 juin, François écrit au Roi de Porlugcai :
Il dit à Jean III tout ce que Pedro de Sylva a fait en faveur de Pexpédilion apostolique du Japon : il a non seulement pourvu à la dépense du voyag'e, mais
I. Ce fut pour n'être pas allé à Maluco, où le Saînl lui avait ordonné de se rendre, que Francisco Mansilhas perdit la jçrâce et la gloire de sa vocation apostolique. Nous avons dit, plus haut, qu'il eut la grâce et la gloire de ne s'en consoler jamais.
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à celle d'un séjour assez prolongé ; il a fourni tout le nécessaire pour la construction d'une chapelle où l'on puisse, en arrivant, célébrer la sainte messe; réuni, à ses frais, de beaux présents destinés au Roi du Japon, etc. François supplie le Roi d'acquitter, envers Pedro de Sylva, la dette des missionnaires. Le dernier mot de François, toujours le même, est de rappeler au Roi la mort et le jugement qui la suit.
Enfin, les dernières heures qui précédèrent son embarquement, heures de nuit, François les consacra à instruire un jeune religieux :
« Ces notes (apontamentos), écrites de cette manière, le béni Père Maître François me les donna, la veille de Saint-Jean, de nuit, à l'ermitage de Notre-Dame du Mont, où il couchait (dormia)^ au temps où il alla au Japon. — Malaca, iSig. » (Ces mots sont écrits sur la pièce originale, de la main du Frère Jean Bravo) :
Premièrement, le matin, au réveil, vous ferez ce qui suit : L'espace de demi-heure, vous méditerez sur quelques points de la vie de Jésus-Christ, commençant à sa Nativité et continuant jusqu^à sa glorieuse Ascension, de cette manière : — Le premier jour, vous méditerez et contemplerez sur la Nativité, et puis, le lundi, le mardi, sur les Mystères suivants; et de même, le mercredi, le jeudi, le vendredi, le samedi, tous les jours, le matin, suivant l'ordre des méditations du livre des Exercices, et de la même manière qu'au temps où vous fîtes les Exercices.
La semaine suivante, vous ferez les exercices de la troi-