‹ Saint François XavierChapitre 107 sur 820 · II. — Mozambique (septembre 1541-février · texte numérisé non relu

II. — Mozambique (septembre 1541-février

Quand elle eut doublé le cap de Bonne- Espérance, la flotte remonta vers le nord. En septembre, elle abordait à Mozambique. Depuis un mois déjà elle aurait du être à Goa. Ordinairement les « vaisseaux du roi » ne faisaient sur la côte d'Afrique qu'une escale de quelques jours. Mais la mousson allait se renverser: impossible de pousser plus avant. Le gouverneur, bloqué par les courants et les vents de nord-est, dut hiverner sur l'îlot malsain qu'on appelle parfois le « cimetière des Portugais ».

Les cinq caraques déversèrent sur le gros rocher de corail leur flot de soldats, de passagers, de marins. Les malades furent portés au lazaret. Le reste s'arrangea tant bien que mal dans les paillottes ou les cabanes en terre. Immédiatement le travail reprit, pour Xavier et ses compagnons, aussi pénible, aussi absorbant que sur le vaisseau. Voulant être toujours à portée des malades, il refusa de loger ailleurs qu'à l'hôpital.

Trois mois après son arrivée, le 1" janvier 1542, il écrivait aux Pères de Rome : « Je suis sûr de vous réjouir in Domino en vous faisant savoir que Dieu Notre-Seigneur a bien voulu faire de nous les serviteurs de ses serviteurs. Aussitôt débarqués ici, nous avons pris soin des pauvres malades venus par la flotte. Je m'occupe à les confesser, à les communier, à les aider à bien mourir, usant des indulgences plénières que Sa Sainteté m'a accordées pour ces contrées. Quasi tous meurent avec un grand contentement de voir que je puis ainsi, à la mort, leur donner une complète absolution. Micer Paulo et Micer Mansilhas ont soin du temporel. Nous habitons tous avec

1. Pbat, s. J., Hist. du J3' Jean de Britto, Paris, 1853, p. 45.

Page 1