‹ Saint François XavierChapitre 108 sur 820 · Valicna.no, p · texte numérisé non relu

Valicna.no, p

SAINT FRANÇOIS XAVIER g

les pauvres ; selon nos petites et faibles forces, nous nous occupons et des corps et des âmes. Quant au fruit que nous en tirons, Dieu le connaît, lui qui l'opère ^ » Il disait plus tard dans une autre lettre : « Il y a eu bien des malades pendant notre séjour. Nous avons eu environ 80 morts 2. Nous sommes tout le temps restés à l'hôpital à soigner les infirmes, Micer Paulo et Mansilhas s'occupaient circa corporalia. Pour moi, je confessais, je communiais, sans relâche, sans pouvoir satisfaire tout le monde. Le dimanche, sermon; auditoire nombreux, le Gouverneur étant présent. On m'importunait souvent pour aller confesser hors de l'hôpital; et je ne pouvais m'y refuser quand il s'agissait d'un malade, ou de quelque autre cas urgent. De sorte que les occupations spirituelles ne nous ont pas manqué 3. »

Or il arriva, raconte Tursellini, qu'un jeune homme, qui avait faitla traversée sur le Santiago^ mourut subitement. Xavier ne le connaissait pas. Il demanda s'il savait les rudiments de la religion : on lui répondit qu'il était absolument ignorant. Et le Père de se désoler. Le gouverneur lui disait: «Mais vous ne saviez pas ! — Et c'est ce qui me navre, reprit le saint. Si j'avais su, je l'aurais instruit. » Sousa insistant, et voulant lui montrer qu'il n'avait pas à gémir d'un malheur dont il n'était pas responsable, Xavier n'entendait rien. Il n'admettait pas qu'il y eût eu sur le même vaisseau que lui un homme qui eût échappé à sa charité^.

Aussi ne fallait-il pas lui parler de se modérer, et pas davantage lui recommander les mesures hygiéniques les plus ordinaires. «A Mozambique, écrivait, en 1548, le Père Gaspard Barzée, le vicaire nous avertit de prendre garde à l'haleine des malades. Toutes les maladies ici sont contagieuses. Et il nous disait que, faute de cette précaution, le Père Maître François avait été en danger de mort^. »

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