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Constit. Inler cœlera, 4 mai

2. Bref Cum sicutmaj estas, 26 mars 1500 (Jordao, BuUarium, I, p. 59).

l' « ASIA. PORTUGUESA » 127

Aussi les papes ouvrent-ils leurs trésors spirituels, indulgences, jubilés, absolution des cas réservés, en faveur de ceux « qui vont aux Indes, y séjournent, y reviennent, qui meurent à la guerre, pro ampllficalione fidei ». Evidemment, dans la pensée des rois qui sollicitent ces grâces, dans la pensée des papes qui les accordent, ce genre de récompenses ne s'adresse pas à des œuvres purement politiques '.

Et voici que d'importantes conquêtes ont été faites. Léon X, au nom de l'Eglise, en remercie Don Manuel (17 juin 1513); il lui concède la nomination aux bénéfices dans toutes ses possessions d'outre-mer. D'autres privilèges suivront, organisant et étendant le droit de patronage. Alors, comme pour justifier ces faveurs, l'Orient lui-même vient défiler sous les yeux de Rome et de la cour pontificale. C'est en 1514, Le roi veut donner au pape une idée de ces Indes dont on lui assure le domaine au nom de Dieu. LIne cavalcade étrange parcourt les rues de la ville, trois cents mulets chargés d'étofl'es précieuses, un cheval portant sur son dos une panthère de Perse dressée à la chasse, un éléphant de Goa, et enfin, entouré de trompettes et de cymbales, l'ambassadeur du roi, sur un cheval couvert de perles^ les pieds dans des étriers d'or massif.

Dans son discours, don Tristan d'Acunha souligna l'importance des conquêtes portugaises. La mainmise sur Ormuz ouvrait une voie nouvelle vers Jérusalem ; Goa et Malacca enlevés aux musulmans compensaient les pertes éprouvées dans la Méditerranée^.

Que ces pensées de croisade aient été sincères, nous n'avons pas le droit de le nier; mais nous ne pouvons nier non plus qu'elles n'aient été largement mêlées de vues humaines. Trop souvent, dans la suite, l'apostolat fut contredit par la politique, et une politique parfois détestable. La protection devint un esclavage et le patronat royal une entrave. Reste que la pensée chrétienne vivait toujours, et, parmi les rois et les gouverneurs,^

1. L. A. Rebello da Silvas, Corpo diplomatico Port. (Lisb., 1862), t. I, p. 106,269;IV, 255, etc.

2 OsoRius, De rébus Emmanuelis, 1574, p. 297. Commentaires d'ÀLBUQUERQUE, Ëdit. Hakluyt Society, t. III, p. 167-172.

ceux-là précisément sont les plus grands devant l'histoire qui ont le mieux compris leurs responsabilités apostoliques'.

Que le Portugal eût, de par Dieu, un grand rôle à jouer dans la propagation de l'Evangile, nul n'en doutait. De cette vocation l'on trouvait partoutdes signes manifestes. Maisl'esprit de foi risquait de tourner en crédulité. Des inscriptions mystérieuses déterrées çà et là, et auxquelles les indigènes donnaient de fantaisistes interprétations, celles-là même que ces bons Portugais désiraient; des pierres marquées d'une croix, des légendes locales, une foule de menus indices leur permettaient de se dire héritiers et continuateurs de saint Thomas ~. Dieu n'intervenait-il pas directement en leur faveur? N'y avait-il pas quelque chose d'extraordinaire dans la rapidité de leur établissement aux Indes? Un jour, dans la mer Rouge, en la veille de l'Invention de la Sainte Croix, 1513, Albuquerque, avec toute son armée, n'avait-il pas vu, dans le ciel, une grande croix brillante? Et ce signe de la Rédemption, il l'avait salué comme le sceau et la consécration de ses conquêtes 3.

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