‹ Saint François XavierChapitre 124 sur 820 · M. DE CivEzzA, t. VI, p · texte numérisé non relu

M. DE CivEzzA, t. VI, p

Au vice-roi intègre et sévère, au soldat chrétien et chevaleresque, ont succédé des gouverneurs incapables et cupides \ L'Inde est en proie aux intrigants, sans autre ambition que de faire prompte fortune, et, vite, retourner en Portugal. Gela dura dix années, les dernières du vieux roi Manuel (1515-1521) et les premières de Jean III (1521-1525). On dirait que tout va crouler. Partout, à Gochin, à Goulam, à Ormuz, éclatent les révoltes. L'empire indo-portugais n'a pas vingt ans; déjà on le croirait en décadence. L'œuvre d'Albuquerque est trop vaste pour les faibles épaules qui se la passent de trois en trois ans. Elle commence déjà à épuiser la métropole. Il eût fallu limiter les ambitions, et ne pas attacher à la fortune du Portugal plus de colonies qu'il ne pouvait en défendre.

Les missions subissent alors un temps d'arrêt. Les annales des grands ordres religieux se taisent. Les Dominicains ne sont plus là : ils ne reparaîtront qu'en 1548. De 1510 à 1539, Wadding, l'historien des Frères Mineurs, est à peu près muet sur les Indes. Pas encore d'épiscopat. De loin en loin seulement des commissaires apostoliques nommés par le roi, évêques et religieux, passent dans les principales villes, à Gochin, Goa, Ormuz, préchant, confirmant, faisant des ordinations. Grâce à eux, vers 1542, toutes les forteresses ont leur clergé sous la direction d'un « vicaire 2 ».

Mais on devine ce que pouvait être cette église, éparpillée sur des milliers de lieues, sans chef permanent et sans surveillance.

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