‹ Saint François XavierChapitre 123 sur 820 · Barros, Decadas, D. III, 1. II, cli. 2, p. 118 et suiv · texte numérisé non relu

Barros, Decadas, D. III, 1. II, cli. 2, p. 118 et suiv

l' « ASIA PORTUGUESA » 131

des Indes. Cochin était trop au sud, trop loin des rajahs musulmans du nord, mal protégé contre un coup de main. Mais il y avait sur la côte ouest, à mi-chemin, un important marché musulman, fortifié de solides murailles, bien à l'abri à quatre lieues dans les terres, forte tête de ligne pour les voies commerciales de l'intérieur. C'était Goa. La ville appartenait au rajah musulman de Bidjapour, celui que les chroniques portugaises appellent le Hidalcan^ .

Enlevée le 17 février 1510, la place fut reprise par les indigènes six mois après, et définitivement reconquise le 25 novembre. C'était en la fête de sainte Catherine. La vierge martyre fut saluée patronne de la ville. On lui bâtit une chapelle en torchis, que devait bientôt remplacer une église paroissiale, remplacée à son tour par la cathédrale actuelle-. Une mosquée fut laissée aux Franciscains qui en firent l'église de leur couvent 3. Les Dominicains construisirent dans le faubourg le petit prieuré du Rosaire''.

Goa était une ville musulmane et brahmanique ; il fallait en faire une ville chrétienne ; Albuquerque y pourvut^. 11 y attira des émigrants portugais; pour les fixer au sol, pour les moraliser surtout en leur donnant un foyer, il fit instruire et baptiser les captives que lui fournissait le droit de la guerre, les dota en terres, chevaux et maisons, puis leur fit épouser ses soldats et présida lui-même aux mariages. Il se fit des conversions. Une lettre du gardien des Franciscains nous apprend que, peu après la conquête, on avait enregistré plus de huit cents baptêmes. Il est vrai, déjà l'on constatait que le difficile n'était pas de baptiser nombre de pauvres gens ; il fallait les protéger contre le voisinage des idolâtres, contre les intrigues des brahmes et des pénitents hindous, qui sans cesse venaient du continent et jetaient le trouble parmi les néophytes*^.

Albuquerque mourut. Avec lui les jours héroïques sont finis.

1. Pour Adil-Khan on Adil-Shah, fondateur du royaume à la fin du xv' siècle.

2. A. DE San Roman, Hiat. Gêner, de la India Orient., Valladolid, 1603, p. 104, 449. FoNSECA, Goa, p. 21.

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