Ibid., Saint-Laurent, ou Madagascar
d'au moins treize ans ; c'était oublier que, chez ces races orientales, la nature est souvent terriblement précoce. Bien entendu, ceux-là seuls chez qui l'on constaterait une vraie vocation, recevraient les ordres ^ Il ne fallait pas espérer tirer de ce séminaire un clergé qui pût rivaliser avec celui d'Europe. Saint François Xavier n'eut pas toujours à se louer de ses collaborateurs indigènes 2. Mais, bien encadrés, bien soutenus et surveillés de près, ils devaient rendre de bons services.
L'œuvre fut vite populaire. Le public s'intéressait à ces jeunes Indiens, à leurs processions, à leurs offices 3. Le gouverneur, Etienne da Gama, avec l'approbation du roi, affecta au séminaire le revenu de plusieurs pagodes des environs (10 nov. 1541)' . Bientôt on posa la première pierre de l'église sous le vocable de la conversion de saint Paul, et la maison fut désormais désignée indifféremment sous les titres de Saint-Paul ou de Sainte-Foi^.
D'après les compromis de fondation (1541), les Pères de saint François devaient fournir les professeurs et les directeurs. En fait, cette clause ne paraît pas avoir été jamais exécutée, et il semble que, lorsque Diogo de Borba réclama l'année suivante l'appui de la Compagnie, il était à peu près seul à porter le poids de son collège*^
On le voit, si l'Inde chrétienne avait grand besoin qu'on s'occupât d'elle, l'œuvre du salut était commencée. Les lamentations des chroniqueurs ne doivent pas nous faire oublier qu'il y avait des hommes de bonne volonté, le roi d'abord, puis les meilleurs gouverneurs, beaucoup d'officiers, l'évéque et ses conseillers. Mais les lacunes restaient immenses.
Un rapport envo3'^é à Jean 111 vers ce temps-là, cité par presque tous les historiens de Xavier, et lu par le Père Lucena dans les archives de la Compagnie à Coïmbre^, après une peinture