‹ Saint François XavierChapitre 141 sur 820 · Ibid., p. 201, citant le P. Seb. Gonçalvez · texte numérisé non relu

Ibid., p. 201, citant le P. Seb. Gonçalvez

tiens pauvres, leur procurer des emplois, alléger leurs impôts, faire dire des messes pour leurs défunts, adopter les orphelins. Ce n'était pas tout. Ces chrétiens de la veille, il fallait les défendre : de là une sorte de police confiée à la confrérie. La famille, restée païenne, se refusait-elle à nourrir le converti, on la contraindrait à remplir ce qui était pour elle un devoir. Les brahmes qui insulteraient les néophytes, ou s'opposeraient k la conversion de leurs coreligionnaires seraient châtiés. Les scandales donnés par les anciens chrétiens seraient réprimés. Un empêcherait de relever les vieilles pagodes et d'en construire de nouvelles. On veillerait à exclure les païens des charges publiques, enfin l'on ferait porter le poids des impôts sur les idolâtres plus que sur les baptisés ^

Le 24 avril 1541, dimanche de la Quasimodo, Diogo de Borba monta encore en chaire, et, par devant l'évêque, la noblesse et le peuple, recommanda à la charité des fidèles l'œuvre qui s'organisait.

Mais elle n'atteignait que Goa et les environs.

Les vues ne tardèrent pas à s'élargir. Il fallait viser plus loin, songer aux régions où les néophytes manquaient de prêtres, donc avoir un séminaire indien. En conséquence, un modeste collège fut ouvert. C'était, il est intéressant de le noter, bien des années avant les décrets du concile de Trente sur les maisons de formation cléricale. Les élèves devaient se recruter surtout dans la population asiatique de Goa et de la banlieue. Toutes les races s'y mêlaient et bientôt l'on eut une trentaine, puis une soixantaine d'enfants, Canaras, Paravers, Malais, Bengalais, Gingalais. Il y en avait du Pégu, du Gudjérat, d'Abyssinie, jusqu'à des Gafres de Sofala ou de Mozambique et des Malgaches de l'île « Saint-Laurent^ ». Plus tard, on devait y voir des Ghinois et des Japonais.

A ces futurs prêtres, on ne pouvait demander une instruction profonde. Grammaire, cas de conscience, catéchisme, liturgie, musique d'église; cela pouvait suffire. L'important était de les former aux mœurs cléricales. Sur un point grave, les fondateurs commirent une erreur. Les enfants devaient être âgés

1, Gros, p. 202.

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