‹ Saint François XavierChapitre 145 sur 820 · TuiiSELLiM, 1. Il, ch. 2, etc · texte numérisé non relu

TuiiSELLiM, 1. Il, ch. 2, etc

Voir daui Pyrard (P. II, ch. i) la curieuse description de cet hôpital, i» la fin du xvi' siècle. Il était près de» remparts du port. Cf. FoNSECA, Historical $keteh of Goa^ p. 228, 230; F. N. Xavier, p. 114.

Prj/A/E^ DE GOA

ans, par centaines, versaient sur la plage les caraques de Lisbonne. Il avait été fondé par Albuquerque pour ses soldats. Devenu hôpital royal, il s'était ouvert à tous les Portugais sans exception. C'était même une mode, à Goa, d'aller s'y faire soigner sous le contrôle des confrères de la Miséricorde. Le saint trouvait donc là des gens de toute condition, des pauvres et des riches, et probablement beaucoup de ses compagnons de voyage.

11 se remit au soin des malades. Le bruit de ses saintes œuvres sur le Santiago et le Coulant avait dû se répandre dès le premier jour dans le public. Bientôt le public fut en mesure d'en juger par lui-même ^ On sut que, la nuit, il couchait sur le plancher, près du lit des infirmes en danger, pour être debout au premier signe. L'aube le trouvait levé, communiant et confessant. Sa messe dite, il était à la disposition de tous. Dans cette ville où, la veille, on montrait du doigt ceux qui s'approchaient des sacrements hors du carême, son confessionnal était assiégé. « 11 venait tant de monde, dit-il, que, si j'eusse été en dix endroits à la fois, partout, j'aurais eu de l'ouvrage^. »

Mais déjà l'hôpital ne lui suffisait plus, il lui fallait les prisons. Il y en avait au moins trois à Goa de son temps. Le gouverneur, l'inspecteur des domaines et Tévêque avaient chacun sa geôle ^. Pyrard de Laval nous dira ce que le saint dut y trouver. Lui-même avait été jeté dans le cachot « qu'ils appellent la salle, dit-il, et non sans cause, car c'est le lieu le plus ord et sale qui soit au monde... Il y avait là des esclaves, des galériens et autres sortes de vil peuple, pesle-mesle, en grande infection, quelquefois deux et trois cents et plus ». Les nuits y étaient affreuses. Sur les neuf heures du soir, une heure durant, les détenus chantaient leurs prières. Dès lors, le bruit ne cessait plus. Le geôlier sonnait de la cloche à un bout de la salle « pour «avoir s'ils dormaient», et son fils, à l'autre bout, répondait par autant de coups. Les prisonniers étaient divisés en deux

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