‹ Saint François XavierChapitre 147 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

'4. Scb. GoNOAi.vEZ, dan» Cuos, I, p. 215. 5. Mon. Xat-., p. 256, » cerca del espitul y.

hommes et femmes, à l'instruction chrétienne, pour l'amour de Dieu '. »

On accourait, on faisait cercle, enfants et grandes personnes, riches et pauvres. Portugais et indigènes. Le saint les mettait en (lie, et la procession se rendait à la chapelle. « Là, nous dit le Père Gonçalvez, tout ce qu'il faisait ravissait les auditeurs et spectateurs. Elevait-il les yeux au ciel, il y élevait les âmes. Faisant le signe de la croix, il en disait à haute voix les paroles, et cela si dévotement que le peuple, les enfants surtout, faisaient aussitôt comme lui. A ceux-ci il enseignait des cantiques résumant la doctrine, et il la fixait ainsi dans leur mémoire. Puis, les bras étendus ou levés vers le ciel, il entonnait une sorte de litanie dont chaque verset formulait très brièvement un objet, un point de l'enseignement de l'Eglise, elle répons chanté qui suivait exprimait un acte de foi^. »

François lui-même rédigea plus tard, à l'usage des Pères, un petit manuel où nous trouvons détaillée sa méthode... « Le peuple une fois réuni, dit-il, le catéchiste, tête nue, fera le signe de la croix, lèvera les mains vers le ciel, et, à voix haute et distincte, récitera le Notre Père. Deux enfants convenablement stylés, répéteront après lui chacun des mots de la prière ; puis il dira : « Mes frères, faisons profession de notre foi. Exerçons-nous à poser des actes des trois principales vertus qu'on appelle théologales, foi, espérance, charité. » Alors, commençant par la foi, il interrogera les assistants : « Croyez-vous en un seul vrai Dieu, tout-puissant, éternel, immense, sage infiniment?...» Et la foule répondra : « Oui, Père, par la grâce de Dieu, nous croyons. — Eh bien ! dites tous en même temps avec moi : Seigneur Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, donnez-nous la grâce de croire fermement cet article de notre sainte foi, et, pour l'obtenir, récitons un Notre Père. » Et toute l'assemblée priera en silence. Le maître, élevant de nouveau la voix: «Allons, dites avec moi : Sainte Vierge Marie, mère de Dieu, obteneznous de Dieu la grâce de croire fermement cet article de notre sainte foi. Et, pour l'obtenir, disons tout bas ensemble un Ave. »

Le catéchiste devait passer alors à un autre point : « Croyez-

t. GoNcALvEZ, Gros, p. 216.

VOUS, mes frères, que ce vrai Dieu est un seul et unique Dieu en essence, un en trois personnes, Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit ? » Et la foule de répondre : « Nous croyons » ; et l'on priait pour obtenir le don de la foi. Et ainsi d'article en article.

Arrivé au bout, il ajoutait : « Nous allons dire sept Pater et sept Ave en l'honneur de l'Esprit-Saint, pour qu'il daigne enrichir nos âmes de ses sept dons, de ceux-là surtout qui peuvent nous aider à croire fermement ce que nous enseigne la sainte foi catholique.

Les se^X Pater et .4(^e récités, le catéchiste concluait : « Nous avons fini, mes frères, notre profession de foi. » Et il ajoutait : « II nous reste à exercer les actes des deux autres vertus, l'espérance et la charité. » Suivaient d'autres prières. Ce n'étaitencore que le prélude. Il fallait maintenant expliquer plus à fond un point de doctrine, article de symbole, sacrements, vertus, textes d'une prière. François le faisait aussi simplement que possible, dans une langue comprise de tous, sorte de patois, mêlé de portugais et d'indien \ et il concluait par une histoire.

Enfin, il répétait une méthode de confession générale que les enfants redisaient après lui, point par point. II leur faisait faire à tous un acte de contrition parfaite. On récitait trois Ave Maria^ le premier pour les personnes présentes, les deux autres à d'autres intentions, au gré de chacun^.

Tels étaient les catéchismes de saint François Xavier, exercices essentiellement populaires, mais exercices de prière autant que d'enseignement. Là est leur grande originalité. Xavier était pénétré de cette vérité que la foi est un don de Dieu. S'il y faut un effort des facultés naturelles, il y faut surtout la grâce, et par conséquent, il faut redire le mot des Apôtres : Adauge nobis /idem.

Lui-même, François constate le succès de sa méthode. Il écrit à saint Ignace : « Dans un ermitage de Notre-Dame, proche de l'hôpital, j'enseignais aux enfants le Credo, les prières, les commandements. 11 y en avait parfois plus de trois cents à venir à la doctrine chrétienne. Le seigneur évêque a ordonné qu'on

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