‹ Saint François XavierChapitre 153 sur 820 · V. — La i'ie Iniérieure · texte numérisé non relu

V. — La i'ie Iniérieure

Telles étaient les journées de l'apôtre et l'on se demande quel temps il réservait au repos.

« Une personne qui le vit au travail dans les hôpitaux, raconte le Père de Quadros, me disait, qu'après toutes ses fatigues du jour, il se retirait la nuit, mais il n'avait d'autre sommeil que ce que la faiblesse de la nature lui arrachait. Il tombait à terre et dormait là, n'importe où. Cet homme ajoutait qu'au moindre soupir poussé par un malade, le Père était debout et allait le soulager. — Je lui demandai ce que faisait le Père quand il se retirait la nuit; il me répondit qu'il l'avait souvent observé, et l'avait toujours vu en prières jusqu'au moment où le sommeil le terrassait'. »

Tout en lui, du reste, parlait de mortification; son vêtement par exemple. Dans une ville, où, disait-on, l'argent était quasi plus commun que le fer, où la richesse des costumes allait à l'extravagance, où il n'y avait d'étofTe ordinaire que la soie, sa pauvreté îi lui était comme une perpétuelle protestation contre le luxe.

Après sa longue traversée, la soutane qu'il portait depuis Lisbonne n'était qu'une guenille. L'hôpital où il logeait avait un vestiaire bien fourni. Au temps de Pyrard, tout malade sortant avait droit à un vêtement complet. Xavier pouvait donc sans indiscrétion demander l'aumône d'une soutane neuve, une

1. TuRSELurvi,!. II, cil. 3. Une tradition populaire du Mangalore veut que Xavier ait renvoyé les concubines iiinsi congédiées dans leur pays, la côte de Canara. Lui-mêm» aurait visité la région [The Mangalorc Magazine, t. I, p. 82).

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