‹ Saint François XavierChapitre 163 sur 820 · Mon. Xai'., p. 273 ; Valiginano, p · texte numérisé non relu

Mon. Xai'., p. 273 ; Valiginano, p

5. Lettre 12 à la Gomiiagnie, à Rome ; 13, à saint Ignace ; 14, à la Compagnie, h Rome (Mon. Xai\, p. 250-272).

A saint Ignace et aux Pères de Rome, il raconte son voyage et ses travaux à Goa, il dit où en sont les affaires du collège ; il demande des maîtres et des prédicateurs, il réclame diverses faveurs spirituelles ^ Une des lettres destinée à être copiée et communiquée aux Pères dipersés en Europe se termine par cette effusion :

« Voilà que le seigneur gouverneur m'envoie en une terre où l'on (lit qu'on peut faire beaucoup de chrétiens. Trois indigènes vont venir avec moi. Deux sont « d'épître et d'évangile» (diacres) ; ils savent très bien le portugais et mieux encore la langue du pays. L'autre n'a que les ordres mineurs. Nous allons, je crois, faire beaucoup pourla gloire de Notre-Seigneur. Quand Paul (de Camerino) et François Mansilhas seront arrivés de Mozambique, le seigneur gouverneur me promet qu'il me les enverra sans retard là où je vais. C'est à 200 lieues de Goa. L'endroit s'appelle le cap de Comorin.

« Plaise à Dieu Notre-Seigneur, avec la faveur et aide de vos dévotes oraisons, ne pas considérer mes péchés infinis; mais qu'il me donne sa très sainte grâce pour que là, en ce pays, je le serve bien. Les travaux d'une si grande traversée, le soin à prendre de nombreuses infirmités spirituelles, quand on a peine à suffire aux siennes propres, le séjour en une terre si sujette au péché d'idolâtrie, et si pénible à habiter pour ses grandes chaleurs, endurer tous ces labeurs pour Celui-là seul pour qui nous devons les porter, voilà de grandes joies, une matière à nombreuses et grandes consolations. A mon avis, ceux qui ont goûté de la croix du Christ Notre-Seigneur, se reposent dès qu'ils entrent en ces travaux, ils meurent quand ils les fuient ou qu'ils en sortent. Quelle mort c'est qu'une grande vie, loin du Christ, après qu'on l'a (^onnu, quand on

1. La plus notable concerne le carême (p. 271). Cette période liturgique coïncidait aux Indes avec les plus grandes chaleurs; il est alors impossible de conserver le poisson • première difficulté. Il y en a une autre : c'est le moment où la mousson permet de prendre la mer; do là, dans les ports, un.' agitation fiévreuse qui rend difficile l'accom.plissoment des devoirs de chrétiens. Ne pourrait-on rejeter le jeûne et la communion à une autre époque ? Déjà la Fête-Dieu avait été transférée de la saison des pluies à la saison sèche (Bull. Patronatus, t. I, p. 235, 11 mai 1537). La requête fut présentée au pape {Mon. Xao., Doc. 143, p. 81.5, 818). Six ans plus tard la réponse n'élaitpas encore venue, et Xavier constatait que, tout bien pesé, il n'y avait pas lieu d'insister (p. 449). Cf. Epist. S. Ignatii, t. I, p. 431.

suit ses propres opinions et passions ! Non, il n'est pas de labeur égal à celui-là. Et au contraire, quel repos que de vivre en mourant chaque jour, d'aller contre nos propres désirs, cherchant non quae nostra sunt sed qiiae Jesu Christi^.

«Pour l'amour et le service de Dieu Notre-Seigneur, je vous prie, fratres très cbers, écrivez-moi en détail sur tous ceux de la Compagnie. Je n'espère plus vous voir en cette vie facie ad faciem. Que je vous voie saltemper enigmata^ id est per litteras^. Ne me refusez pas cette grâce, bien que je ne la mérite pas. Souvenez-vous que Dieu Notre-Seigneur vous a comblés, afin que moi, par vous, je puisse espérer et obtenir beaucoup de mérite et de consolation.

« Sur la façon dont je dois me comporter avec ces infidèles et ces Maures chez lesquels je vais, écrivez-moi tout au long, pour le service de Dieu Notre-Seigneur, Car, par votre moyen, j'espère que le Seigneur me donnera d'entendre ce que je dois faire pour les convertira la sainte foi. En attendant vos réponses, je me tromperai; mais j'espère en Notre-Seigneur que ces lettres de vous m'éclaireront sur mes manquements et m'aideront à me corriger. Cependant, par les mérites de la sainte mère Eglise, en qui je mets mon espérance, dont vous êtes les membres vivants, j'ai confiance que Dieu Notre-Seigneur m'exaucera; il m'accordera la grâce d'user de moi, instrument inutile, pour planter sa foi entre les gentils. Sa Majesté se servira de moi ; grand sujet de confusion pour ceux qui pourraient faire beaucoup, et encouragement pour les faibles. Voyant ce que je suis, pulvis etcinis'^, et pire encore, voyant, et cela de mes yeux, le grand besoin qu'on a ici d'ouvriers, je me ferais à perpétuité l'esclave de tous ceux qui voudraient venir ici ad laborandum in amplissitna vinea Domini'^.

« Je m'arrête, priant Dieu Notre-Seigneur que, par son infinie miséricorde, il nous réunisse dans sa sainte gloire, pour laquelle nous avons été créés; qu'il nous donne la force, dans cette

1. « Cherchant, non ce qui est de notre intérêt, mais l'intérêt de Jésus-Christ. » Phil., II, 26.

2. « Face à face... au moins en énigmes, c'est-à-dire par lettres. «

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