IV. — De Goa au cap Comorin
lue mois de septembre touchait à sa fin. La flotte du roi devait arriver d'un jour à l'autre, ramenant de Mozambique Paul de Gamerino et François Mansilhas. Mais elle était en retard d'un mois*. Xavier ne pouvait attendre.
Gomme à son départ de Lisbonne, on lui offrit de l'argent et des provisions. Le dévoué Gosme Anes voulut le fournir d'un petit bagage. Il refusa. 11 avait ce qu'il fallait, bréviaire, surplis, chapelle et une paire débottés. Ajoutons ce que Bartoli appelle avec embarras un « je ne sais quoi pour se défendre du soleiP», ce que le Père Gros entend d'un parasoP et les anciens auteurs d'un pourpoint de cuir^.
De Goa à Tiiticorin, en serrant de près le littoral, le voyage était d'un millier de kilomètres au moins. Treize fois en dix ans, dans un sens ou dans l'autre, Xavier longera cette côte. L'ile de Saicette d'abord, dont la conversion, quarante ans plus tard, sera achetée par le sang du B'^ Rodolphe Af|iiaviva et de ses compagnons; puis les rives peu hospitalières du Ganara qui ne seront évangélisées qu'au xviii® siècle par les Oratoriens brahmes de Goa; puis Mangalore, où les Franciscains avaient en 1576 fait quelques conversions, mais qui depuis était devenu centre d'opposition à l'influence portugaise ''.
Gent vingt kilomètres plus au sud, sur la côte malabare, Gananore, station portugaise et mission franciscaine : Xavier y fera une courte apparition en 1544*^. Encore quatre-vingts
1. Les deux Pères arrivèrent le 20 octobre (Correa, Lendas,i. IV, P. I, ch. 13). — Va- LiGXAJNO (p. 47) et GoNGALVEa (Gros, F, p. 228) se trompent donc d'un an quand ils disent que Mansilhas partit avec le Père François. Mansilhas attendit à Goa qu'il revint l'y chercher (Se/. Ind. Ep., p. 12).