‹ Saint François XavierChapitre 167 sur 820 · Valignano, p · texte numérisé non relu

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kilomètres, voici Calicut, la plus forte cité du littoral, toujours hostile ; plus tard, en 1597, les Jésuites y seront appelés par le rajah lui-même^ Tout près on rencontre le petit royaume de Tanor dont le roi bientôt va jouer aux dépens de l'évêque la comédie d'une conversion 2.

Descendons toujours : cent quarante kilomètres nous séparent de Cranganor, centre des chrétiens syro-malabars avec de belles œuvres franciscaines 3. A cet endroit de la côte commence un long chapelet de lagunes ou marigots qui, de Cranganor à Trivandram forme, parallèlement à la mer, une sorte de canaH. De temps en temps, l'étroite flèche de terre qui sert de digue se déchire et laisse passage à un cours d'eau. A l'une de ces ouvertures, un peu au-dessous de Cranganor, se trouve Gochin, entre la lagune et l'océan, port très sûr, mais d'un accès difficile. Centre du commerce de poivre, c'est de là qu'ordinairement partent pour Lisbonne les chargements d'épices^. Xavier y fera de longs et fréquents séjours. Beaucoup de ses lettres seront datées de Cochin. 11 est vraisemblable qu'à ce premier voyage il y ait fait escale, et qu'il ait visité les Franciscains, jusque là seuls apôtres des Paravers.

Le Travancore fait suite au Malabar, côte dangereuse, toujours battue par la houle, avec un seul port, la petite ville déchue de Coulam.

Enfin nous touchons à l'extrémité du continent indien. La chaîne des Ghâtes, que nous n'avons cessé de voir, fermant l'horizon de ses hautes terrasses en escalier, se redresse une dernière fois en un majestueux massif couronné de pics aigus jusqu'à une hauteur de 1.400 mètres, puis s'abaisse par degrés et disparaît sous une mer de cocotiers. A cet endroit s'étale une plaine large d'une vingtaine de kilomètres semée d'étangs et de villages. Le rivage la contourne de l'ouest à l'est et se

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