‹ Saint François XavierChapitre 168 sur 820 · jMon. Xai:, p. 300, 480, 501, etc · texte numérisé non relu

jMon. Xai:, p. 300, 480, 501, etc

4. RiîCLUS, /rtrfe, p. 524, 530. W. W. Uut^ter, Impérial Gazeleerofindia, Londres, 1885, t. IV, p. 1.

5. Pyrard, trad. Grey, t. I, p. 46G. Gochin est aujourd'hui possession britannique avec évoque portugais.

termine brusquement à une pointe basse et sablonneuse, le cap Gomorin, C'est là probablement que Xavier débarquai

Il se trouvait à l'un des lieux sacrés de l'Inde païenne. A cette extrême pointe de la péninsule, entre la mer infinie et le continent, pandémonium de tous les cultes, les idolâtres avaient voulu avoir leur sanctuaire. Aujourd'hui encore, ils y viennent par milliers en pèlerinage à la pagode de la déesse Dourga, r« inabordable », r« exterminatrice des monstres w*^. Ils s'y baignent au « cap de la vierge », dans les eaux mêlées des deux mers 3, Mais, au temple idolâtrique, les Syro-Malabars avaient opposé leur chapelle. Plus près encore des flots, ils avaient construit, nous ne savons à quelle époque, un ermitage de Notre-Dame. Pour eux, le Gomorin put rester le « cap de la Vierge''. » On nous dit qu'au début du xvi* siècle, les marins en passant lui payaient tribut. A l'occasion, les Portugais y faisaient dire la messe. Qu'en restait-il en 1542? nous ne savons. Mais plus tard il y eut là une église de Notre-Dame desDélices, « car ce fut un délice, un grand délice, pour saint François, dit une vieille relation, d'aborder pour la première fois au cap Gomorin, et d'y jeter les bases de la conversion de tant d'infidèles, chose qui n'a pas causé moins de joie aux anges du ciel'' ». Au commencement du xviii^ siècle, les Jésuites retrouveront encore l'oratoire de Marie signalé de loin aux voyageurs par une croix plantée sur un îlot.

1. Les lettres ne précisent pas, non plus que les anciens biographes. Elles indiquent seulement qu'il descendit assez loin de Tuticorin et qu'il y arriva à pied, allant de village en village {Mon. Xat'., p. 273-275). Le P. Astrain (t. I, p. 468) semble le faire débarquer à Gochin, et ce serait de là qu'il gagna la mission. Les traditions locales se partagent. Quelques-unes paraissent indiquer Manapar (Guchen, Cinquante ans de Maduré, t. II, p. 191). Les plus anciennes sont pour le cap Gomorin. C'était au moins la croyance commune un siècle après Xavier (Rapport du P. André Lopez, 16i4, Translated extracts, p. 13). Cette tradition est consignée dans Sousa (t. ï, p. 215).

2. Dourga est l'épouse de Siva; on l'appelle encore Dei>!, la « déesse », ou Tchandihc, la « furieuse », ou Kali, la « noire » (Grande Encyclopédie, au mot Dei'i). — On signale au cap Gomorin, une stèle portant un décret du roi de Travancore en faveur des chrétiens (Syro-Malabars) du lieu, et datant de 1526. Il défend de les molester et allège leurs impôts. Nagam Aiya, The Travancore State manual, t. I, p. 295-298.

3. Duarte Ba.rbosa, A description ofthecoastof East Africa and Malabar, ^oklxxyiS^- , 1876, p. 163.

k. A. Lopez, loc. cit.

5. Lettres édif. et curieuse», Indes. Lettre du Père Pierre Martin, 1" juin 1700. La chapelle chrétienne a aujourd'hui disparu, et le cap est tout entier aux adorateurs de Dourga. Suau, L'Inde tamoule, p. 184.

Et maintenant le missionnaire allait, remontant vers le nord et suivant la côte. Elle s'allongeait devant lui, indéfinie, monotone, entre la mer et la claire forêt de cocotiers. Plage de sable fin, sans cesse remuée par le vent, et couvrant sous ses ondulations plus d'un village enseveli. Nombreux hameaux sous les grands arbres. Xavier en voyait sortir des indigènes bruns et maigres, coiffés du turban, ceints d'un pagne. Sur leurs petites barques à voile en queue d'hirondelle, ou sur leurs radeaux de troncs d'arbres, ils partaient pour la pêche et prenaient le large. C'était là les Paravers qu'il venait catéchiser.

Page 1