IV. — A travers les villages
Nous ne pouvons suivre le missionnaire dans ses marches et contremarches. Du 28 octobre 1542, au 15 janvier 1544, quatorze mois se passent sans que nous ayons aucune lettre de lui. Durant tout ce temps, il alla du nord au sud et du sud au nord, du cap Comorin au pont d'Adam, sur un espace de deux cent cinquante kilomètres, de bourgade en bourgade, tenant ses néophytes en haleine. Il ne paraît pas s'être jamais enfoncé dans l'intérieur des terres, dans le Maduré par exemple, ni être monté dans le Marava, ni s'être aventuré sur les côtes de Ceylan. La liste des « résidences » que les Jésuites possédaient au xviie siècle, le long de la Pêcherie, marque, à peu de choses près, les étapes invariables de ces courses. C'était, en partant du sud, Perumanel, Talle, Manapar, Alendale, Virandapatanam, faubourg de la ville païenne de Trichendur, Gombuturé, Punicale, Tricalur, Gaël Velho ou Palaya Kayal, Tuticorin, Vaipar, Bembar.
Là finissait la région des Paravers. Le dernier village chrétien, Periapatanam, appartenait à une autre caste de pêcheurs, les Palavalis^.
Dans plusieurs localités, le passage répété de l'apôtre a laissé des traditions ou des légendes, un puits dont l'eau a jailli à sa