‹ Saint François XavierChapitre 180 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

2. A. LoPEZ, Translated extracts, p. 15-21. Dans le préambule du procès de Tuticorin (1616) on lit que, sur les 40 lieues de côte qui vont du Comorin ad syrtes Chilai [os haixoi de Chilao, le pont d'Adam), il y a 24 églises dans 8 belles paroisses, toutes bâties, ou mieux fondées, par Xavier. — Valignano (p. 47) assigne comme limites septentrionales à ton apostolat Beadala (auj. Vedalii, près de Ramnad) et Ramanancor (île de Rameswaram). — En 1556, au procès de Baçaim (n. 3), le témoin Jean d'Arriaga disait « constare sibi a Brin Jane (Berinjâo, Ckos, II, p. 438, ou Brinjam, Lopez, p. 10) usque ad Permanelem (Perumanel) norem aut decem gentilium vicos... conversos fuisse; ejusdemque opéra circa Viadeleni (Vedalai) et Tramancorem (Ramanancor) ad sex aut septem pagos infidelium Christo nomen dédisse. » Les limites extrêmes de l'apostolat de Xavier sont donc : sur la côte orientale, Vedalaï ; sur la côte occidentale du Travancore, Brinjam. Ce dernier village en 1644 dépendait de la r<?sidence de Reytora.

voix, une église qu'il a construite, une chapelle élevée pour commémorer un miracle. A Palaya Kayal, un petit sanctuaire marque l'endroit où il a prêché ; et, pour qu'on ne s'y trompe pas, sa statue sommairement taillée dans un morceau de bois, le représente la bouche ouverte ' . A ]\Ianapar, un éperon rocheux forme promontoire. Dans la falaise à pic, au ras des vagues, s'ouvre une grotte à triple nef, profonde et haute de quatre mètres, un ancien sanctuaire idolàtrique peut-être. La tradition rapporte que son gardien, un pénitent sivaïte, la céda à notre saint qui s'y retirait pour prier -. Au-dessus, la grande église de Sainte-Croix, bâtie plus tard, remplace un édifice plus modeste qui pouvait se réclamer du Santo Padre.

Nous aimerions à savoir par le menu ce qu'était, durant ces courses, la vie du missionnaire. Malheureusement les contemporains s'en sont tenus à de pieuses généralités. C'est avec humeur que nous lisons au procès de béatification ce témoignage de François Mansilhas, si bien placé cependant pour nous renseigner : « Je n'en finirais pas si je voulais dire tout ce que j'ai vu : on ne saura jamais tout ce qu'il a souffert^ »; et encore ces lignes d'un Père de Coïmbre : « Le licencié Jean Vaz nous a conté sur INIaître François, avec qui il a vécu six mois, des choses étonnantes. Il en avait appris une foule de particularités que, ni le Père, ni personne là-bas, n'aurait songé à écrire et que je n'ai pas le temps de raconter^. » Que n'a-t-on donné un peu de loisir au Père JMartin de Sainte- Croix pour rédiger ces particularités « étonnantes » !

Ses tournées, Xavier les faisait en vrai pauvre. Une vieille soutane rapiécée, une casaque, un bonnet usé, un mauvais capuchon de toile noire: c'était tout son vestiaire -'. Il allait toujours à pied. Ce que pouvait être sa marche, nous le devinons à travers les descriptions que nous ont laissées d'autres missionnaires. Sables si brûlants que, même à travers le cuir des chaussures, on croirait poser le pied sur des charbons en

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