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de Pampelune, il y eut le désastre de Noain (30 juin). L'armée du roi Henri en déroute repassa les Pyrénées. Pourtant, compromis comme on l'était, pouvait-on accepter que tout fût fini? Donc, tandis que Gharles-Quint ordonnait une enquête sur ceux qui s'étaient ralliés à Lesparre, les fidèles continuèrent à tenir campagne. Ni Jean de Jassu, ni son frère Michel ne déposèrent les armes. Aussi lorsque, le 15 décembre 1523, Charles- Quint accorda ce qu'il appelait un pardon général, en tête des deux grandes listes d'exceptions qui accompagnaient le décret, on lisait : « Michel de Xavier, duquel, dit-on, fut Xavier : Jean d'Azpilcueta, frère de Michel de Xavier, duquel, dit-on, fut Xavier; Martin de Goni, Jean de OUoqui, duquel, dit-on, fut Olloqui », et plus loin « Valentin de Jassu », tous dépouillés de leurs biens et condamnés à mort ^
Quel parti prendre maintenant? Courir toutes les aventures, être des tentatives les plus désespérées, pendant que dans les castillos démantelés leurs familles pouvaient s'attendre d'un jour à l'autre à être privées du peu qui leur restait. Ils acceptèrent cette triste situation. Pendant deux ans, enfermés à Fontarabie avec la garnison française, les frères de François et nombre d'autres nobles Navarrais tinrent contre les troupes espagnoles. Enfin, le 19 février 1524, un nouveau capitaine envoyé par François I®"", Franget, capitula. Pour en finir avec une lutte qui durait depuis dix ans, le comte de Miranda crut devoir permettre aux Navarrais de sortir avec les honneurs de la guerre. Il garantit au seigneur de Xavier la jouissance de ses biens et les droits de ses aïeux. A lui et à d'autres, il promettait les faveurs royales. Fatigué, lui aussi, Charles-Quint ratifia la capitulation, annula les sentences portées contre les réfugiés et leur donna deux mois pour rentrer sur leurs terres et prêter serment 2.
Les deux fils de don Jean de Jassu avaient amplement satisfait à l'honneur; ils pouvaient revenir à Xavier la tête haute. Ils reprirent la vie de famille et travaillèrent à relever leur fortune. Ce fut long.