‹ Saint François XavierChapitre 17 sur 820 · Doc, p. 17C-17y · texte numérisé non relu

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ravivaient de vieilles querelles ' : on usurpait les terres, on plantait des vignes sur le domaine des Jassu, on coupait vingt-deux pieds de chêne vert estimés un ducat d'or pièce. Aux réclamations, les voleurs répondaient parles pires injures. Impossible d'exiger des bergers les anciens droits de passage ; impossible de les empêcher de mener leurs troupeaux dans les pâturages de dona Maria. Mêmes scènes à Ydocin où don Michel, héritier des droits seigneuriaux de son père, essayait en vain de les faire reconnaître. Pour les vaincus il n'y avait plus de justice.

Vaincus, beaucoup en Navarre ne se résignaient pas à le rester. Ils épiaient l'occasion de secouer le joug. En 1520, le moment parut bon pour un coup d'audace. Charles-Quint était en Allemagne. Une révolte avait éclaté à Valence et le mouvement gagnait la Gastille. Pour résister à la Santa Junta dos Communeros, il fallut dégarnir la Navarre : Pampelune n'avait plus qu'une poignée de soldats. Soudain, un parti de Français, sous le sire de Lesparre, s'empara de Saint-Jean-Pied-de-Port et passa les Pyrénées. Partout les fidèles du roi Henri coururent aux armes. Bientôt Français et Navarrais entraient à Pampelune. Seul, dans la citadelle, un jeune officier résolut de mourir sur la brèche. On sait le reste : Inigo de Loyola blessé, la citadelle rendue, les longs loisirs du malade et du convalescent, la conversion, le pèlerinage à Montserrat, et les extases de Manrèze(1521, 1522).

Chose étrange, les deux saints que devait unir une si forte amitié, Ignace et François, se trouvaient alors séparés par les inimitiés nationales. La famille du jeune Navarrais tenait obstinément pour ses rois dépossédés. Ses deux frères, Michel et Jean, étaient dans les rangs des Français entrés en vainqueurs à Pampelune 2. Il s'agissait pour eux de rejeter hors de Navarre l'envahisseur qui, depuis dix ans, détenait contre toute justice les quatre cinquièmes du royaume. Dans l'autre camp, l'officier de Charles-Quint luttait pour garder à son maître une conquête qu'il jugeait légitime, et pour écarter les étrangers qui faisaient cause commune avec les révoltés de Castille.

Mais les jours de la Navarre étaient comptés. Après le succès

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