VACANDARD,^ts<. de S. Bernard, t. II, p
autour de lui un grand concours de peuple : « Ils étaient si nombreux, ceux qui venaient me chercher pour aller dans leurs cases réciter quelques prières sur les malades, tant d'autres venaient me montrer leurs infirmités, que, rien qu'à lire sur eux des évangiles, j'avais déjà bien assez de travail; et il me restait à catéchiser les enfants, à baptiser, à enseigner les prières, à répondre aux consultations, à ensevelir les morts... Travail vraiment excessif. Mais il fallait assurer leur persévérance. Je ne pouvais me refuser à leurs saintes importunités. Pourtant les choses en vinrent à ce point qu'il me fut impossible de satisfaire tout le monde. Je ne pouvais empêcher les querelles : c'était à qui m'aurait le premier. Alors je m'ingéniai. J'ordonnai aux enfants qui savaient les prières d'aller aux cases des malades, de réunir habitants et voisins, de réciter ensemble plusieurs fois le Credo^ disant aux malades de croire et qu'ils seraient guéris... Et il arrivait que la foi des gens de la case, des voisins et de l'infirme lui-même, était récompensée de Dieu, Il donnait le salut du corps avec le salut de l'âme. Dieu, dans sa grande miséricorde, attirait ainsi les malades comme de force à la foi par l'infirmité ^ »
Tel est le témoignage que saint François Xavier se rend à lui-même. S'il ne s'agit pas ici de guérisons miraculeuses, toute cette page est inintelligible. Mais on voudrait, pour la corroborer, des témoins oculaires. Ont-ils manqué autant qu'on le dit quelquefois ? Un certain nombre fut entendu au procès de 1556: parmi eux un seul Indien^. Les autres, marchands portugais, ou magistrats : le texte latin des procès les qualifie de senator, éques, homo régis patritius, virnobilis^ quaestor regiiis^ triumvir. Deux ou trois prêtres ou religieux. Il est vrai que, dans la période qui nous occupe, les Européens étant rares à la Pêcherie, rares aussi sont leurs témoignages ; ils le seront un peu moins pour d'autres missions. Mais, en 1557, le Père de Quadros écrivait: « Pour ses miracles, je tiens de personnes qui ont vécu avec lui au Gomorin (Mansilhas peut-être) qu'il en faisait continuellement, pour rendre la santé aux malades ou