Process. 1556, Goa, n
le travail des prêtres, l'évêque avait organisé trois autres paroisses. L'épidémie passée, la ville avait repris son train de vie habituel K
Xavier eut la joie de constater que le collège de la Sainte- Foi avait progressé pendant son absence. L'année 1543 avait été heureuse pour Tœuvre de Diogo de Borba. Quelques jours seulement après le départ de Maître François pour la Pêcherie, 20 octobre 1542, Paul de Gamérino et François Mansilhas étaient enfin arrivés, et immédiatement s'étaient mis au service du séminaire 2. Le public prenait grand intérêt à la maison.
L'annaliste Gorréa y admirait tout, les dortoirs, le réfectoire, labonnenourriture, lapiété desenfants. Un motrevientplusieurs fois sous sa plume : ils chantent l'office à deux chœurs « comme des moines ». Le 25 janvier, fête de la conversion de saint Paul, l'église fut consacrée. La ville entière prit part à la cérémonie. La noblesse portugaise, le gouverneur entête, y assista. Toutes les cloches de Goa sonnèrent. Les petits clercs noirs de la maison firent les frais de la musique. A la messe, l'évêque fut assisté par deux indigènes, diacre et sous-diacre. Maître Diogo donna le sermon^. L'œuvre était donc prospère. Xavier, la retrouvant après un an d'absence, lui rendait ce bon témoignage :
« Les élèves sont déjà nombreux, parlant diverses langues, et tous nés de parents infidèles. Dans ce collège, où déjà une bonne partie des bâtiments est achevée, beaucoup étudient le latin, d'autres apprennent à lire et à écrire. Micer Paul est avec les étudiants. Il leur dit tous les jours la messe et les confesse, il ne cesse de les former à la vie spirituelle. Il s'est chargé aussi du matériel nécessaire à leur entretien. La maison est vaste : il y peut tenir plus de 500 étudiants. Les rentes sont suffisantes, les aumônes viennent nombreuses. Le gouverneur favorise largement l'établissement. Tout chrétien doit rendre grâces à Dieu de cette fondation sainte. Avant peu d'années, je l'espère de la miséricorde de Dieu Notre-Seigneur, le nombre
1. Corréa appelle cette maladie le moryxy [Lendas, t. IV, p. 288). Or un médecin portugais du XVI" siècle désigne le choléra par le mot mordechi (Gr. Encycl.,' Choléra) . C'est peut-être le même mot. — Cf. Nazareth, Mitras, p. 26.