CORREA, t. IV, p
des chrétiens aura beaucoup grandi, l'Eglise aura dilaté ses limites, grâce aux élèves de ce collège ^ »
Mais ce progrès même allait gêner Xavier dans ses plans. Il était venu chercher du secours; il comptait emmener avec lui ses deux compagnons. 11 fallait cependant se rendre à l'évidence, et donner au séminaire l'aide dont il avait besoin. Paul de Gamérino resta. Qaant à Mansilhas, Xavier ne voulait se décharger sur nul autre du soin de lui faire faire son noviciat. Du reste, trop ignorant pour rendre service dans un collège ; il partit donc avec le missionnaire.
D'autres ouvriers s'étaient mis sous ses ordres, sur lesquels nous avons peu de renseignements : un prêtre espagnol, Jean de Lizano-, etun prêtre indigène, peut-être ce François Coelho dont le nom revient plusieurs fois sous sa plume 3, Il y avait même un laïque \ Jean de Artiaga, ancien soldat^, qui ne put supporter jusqu'au bout la rude vie que menait l'apôtre, mais qui, au procès de 1556, fit sur son ancien maître une déposition intéressante. Il se donna pour témoin oculaire de plusieurs miracles notables, rapporta ce que disait le prêtre Lizano sur l'exquise chasteté du saint qu'il avait souvent confessé, fournit quelques détails sur l'existence mortifiée etlaborieuse de Xavier, et termina par ces mots candides : « A mon avis, il avait encore beaucoup d'autres vertus plus intéressantes encore, mais je suis trop ignorant pour les discerner et les décrire*'. »
La chère chrétienté allait donc avoir maintenant un supérieur, des prêtres, des interprètes, des catéchistes. A ces derniers, il fallait un traitement. Le gouverneur, peut-être inspiré par Xavier, eut une idée originale. Tous les ans on payait à la reine de Portugal une redevance de ^QQ par daos à' or, a para os chapims da Raihna, pour les escarpins de la Reine ». François se chargea de proposer à la pieuse épouse de Jean III, de renoncer à ce tribut en faveur des canacapoles ; il lui écrivit une