IV. — Premières ambitions
Au moment où ses frères rentraient au castillo, François avait atteint sa dix-huitième année. 11 était en âge de s'occuper comme eux des intérêts de la famille. Tandis que Michel et Jean poursuivent des procès, réparent les ruines accumulées depuis la mort du père, nous le voyons employé par sa mère à des démarches pour lesquelles, en des temps meilleurs, on eût payé un procureur. Un acte de 1525 nous le montre, passant un bail par devant notaire, au nom de la senora de Xabierr, avec le charpentier Johanot, pour une moitié de moulin. Etaient témoins un autre Johanot, forgeron, et le bourrelier Martin del Burgo^.
De quelcôté maintenant allait-il orienter ses ambitions déjeune homme ? Son cousin le canoniste donna plus tard à ce sujet quelques renseignements que Tursellini amplifie comme il suit : « II était le plus jeune de la famille ; mais, comme un autre David, c'est lui que le Père céleste destinait à la plus haute gloire. Pour parvenir à ce degré de sainteté que Dieu lui assignait, aucun secours ne lui manqua, ni divin ni humain. Dès le berceau, élevé sur le sein d'excellents parents, il passa son enfance sous leur très sainte discipline. Pendant ses premières années, des maîtres habiles et zélés lui enseignèrent les arts qui donnent à l'esprit tout son éclat. Il avait de rares qualités d'âme, ilélaitbienfaitde corpsetdebonnesanté ; son intelligenceétaitlargeet pénétrante; son amour de l'étude dépassait, pour un enfant, la mesure commune. On ne pouvait concevoir plus de droiture, plus degaîté, plus de charme : tout cela lui gagnait le cœur des amis et des inconnus. Mais dés lors, on le chérissait plus au ciel que sur